Première fiction.

Première fiction.
Love sex death passion fear obsession. Just like life.
# Posté le mercredi 08 novembre 2006 10:45
Modifié le lundi 14 juillet 2008 08:47

Première partie.

New-York, dans un appartement luxueux donnant sur Central Park, un jeune homme âgé à peine d'une vingtaine d'années ouvrait un livre écrit en français et en lit les premières pages. Il était grand, mince, blond et beau. Très beau. Trop beau. Tellement que ça en brûlait les yeux. Que ça nous démangeait le ventre et que l'envie irrésistible de lui sauter dessus vous prenait aux tripes. Mais d'un autre côté, sa beauté était comme une barrière, elle dégageait une sorte de pouvoir qui vous empêchait de l"approcher de trop.

Ce gars-là, il inspirait le respect. Pas un respect de par sa carrure, ou ses muscles, c'était juste une de ces personnes imposantes rien qu'à leur attitude. Imposant dans le regard, majestueux dans l'âme. J'm'exprime mal, c'est pas facile de mettre des mots sur ces sentiments étranges et contradictoires qu'inspirait cet homme pourtant si jeune. On se sentait juste systématiquement inférieur à lui. On sentait que ce n'était pas juste un beau gosse, qu'il avait quelque chose derrière ses doux yeux bleus.

Il n'était pas seul dans la pièce. Assise en tailleur dans un canapé noir, une jeune fille lisait tranquillement le tout dernier Vogue fraîchement reçu le matin même. Très mince également, on devinait que ce n'était pas n'importe qui, ce qui n'est pas étonnant, d'ailleurs, on verrait mal une fille banale se trouver en compagnie d'un homme pareil. On devinait tout de suite également qu'elle est habituée à être regardée. Elle avait ce je n'sais quoi dans l'attitude qui nous le faisait entendre. Ses longs cheveux blonds légèrement ondulés pendaient le long de ses épaules, soigneusement coiffés. Ce couple avait tout l'air d'entretenir une relation seine et épanouie, malgré leur jeunesse. Le couple parfait : Jeune, beau, blonds et riche.

Voilà comment j'aurais décrit la scène si je n'en avais pas fait partie. Beaucoup de gens éprouvaient de l'admiration à notre égard et se serait sentis cons face à nous. Je l'ai dit plus tôt, nous étions beaux, jeunes, blonds et riches. En clair, nous avions le monde à nos pieds, et nous en profitions bien.

C'est avec un accent américain assez sexy qu'Eric prononça les premières phrases de ce livre. Sa voix était claire et posée, sûr de lui :

« Je suis une pétasse. De celles que vous ne pouvez supporter; de la pire espèce, une pétasse du XVIe, mieux habillée que la maîtresse de votre patron. Si vous êtes serveur dans un endroit «branché» ou vendeur dans une boutique de luxe, vous me souhaitez sans doute la mort, à moi, et à mes pareilles. Mais on ne tue pas la poule aux ½ufs d'or. Aussi mon engeance insolente perdure et prolifère t elle...

Je suis le symbole éclatant de la persistance du schéma marxiste, l'incarnation des Privilèges, l'effluve capiteux du Capitalisme.

En digne héritière de générations de femmes du monde, je passe plus de temps à me laquer les ongles, à me dorer la pilule au soleil, à rester le cul sur un fauteuil et la tête dans les mains d'Alexandre Zouari, à lécher les vitrines de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, que vous à travailler pour subvenir à vos petits besoins.

Je suis un pur produit de la Think Pink generation, mon credo : sois belle et consomme.
Embrigadée dans le tourbillon polycéphale des tentations ostentatoires, je suis la muse du dieu Paraître sur l'autel de qui j'immole gaiement chaque mois l'équivalent de votre salaire.
Un jour, je ferai sauter mon dressing.

Je suis française et parisienne et je n'en ai que faire, je n'appartiens qu'à une seule communauté, la très cosmopolite et très controversée Gucci Prada tribe; le monogramme est mon emblème. Je suis un peu cari..»

C'en était trop. Qu'est-ce qui lui prenait de lire ça, hein ? Je me levai brusquement, laissant le magazine glisser entre mes mains pour fnir par terre. Je lui ordonnai de se taire mais il continua sa lecture. Je m'emparai alors du livre, l'interrompant dans sa lecture. Il me regardait en riant, se moquant sans vergogne de ma réction ce qui ne fit qu'attiser ma colère. Je jetai alors le pauvre livre par la fenêtre sous l'impulsion du moment. Eric, changeant d'humeur aussi brusquement d'humeur que moi, s'écria :

« Mais qu'est-ce qui te prend putain ?!
- Il me prend, putain Eric, que je n'ai aucune envie d'en entendre plus !
- Et je peux savoir pourquoi ? »

Ne prenant pas la peine de répondre, j'enfilai ma veste, empoignai mon sac et des lunettes de soleil et m'apprêtai à sortir.

« Je pense savoir pourquoi, reprit Eric, c'est parce que cette fille qu'on décrit elle te ressemble trop.
- Qu'est-ce que tu peux être con !
- Et je peux savoir où tu vas ?
- Me promener, répondis-je sur un ton faussement calme. J'ai le droit ?
- Bien sûre, mon c½ur, mais sois là à l'heure du dîner. Sophie s'est donné la peine de préparer ton plat préféré, ce serait dommage que tu le manques.
- Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler mon c½ur, dis-je d'un ton sec et froid.
- Désolé, tu comptes tellement à mes yeux, je n'arrive pas à m'en empêcher. Alexia ?
- Oui ? Dis-je sur le pas de la porte.
- Tu me donnes un baiser avant de partir ? »

J'hésitais. Il me demandait quelque chose que je n'avais nullement envie de faire tellement ça me faisait mal au c½ur. Tellement, même si je ne me l'avouais pas, je pensais à une autre personne. J'aurais voulu que ce soit un autre, c'lui que mon « c½ur » avait malheureusement choisi. Bordel de c½ur. Il ne fallait pas que je pense à lui. A ce nous que nous avions formé il n'y a pas si longtemps que ça dans la vie d'un homme. Pourtant, tout cela me paraissait tellement lointain. Maintenant, cela m'écorchait les lèvres de le prononcer, ce petit pronom. Parce qu'il signifiait Moi, et Eric. Lui et moi, Nous.

Je finis par me diriger vers cet homme qui m'aimait. Que j'avais moi aussi aimé, et que j'aimais encore aujourd'hui, mais différemment. Cet homme qui tenait malgré tout à moi, cet homme sur lequel je me raccrochais sans trop vraiment savoir pourquoi. Etait-ce la peur ? Mais peur de quoi ? J'étais jeune, j'avais toute la vie devant moi et encore tellement de choses à découvrir, à accomplir, et pourtant je me raccrochais, tant bien que mal, je me raccrochais.

Peut-être était-ce simplement la peur de me faire mal. Peur de tomber une fois encore. Peur de voir à nouveau mon univers que je m'efforçais de construire à nouveau s'effondrer. Peur de verser à nouveau des larmes. Peur de trop penser à la mort, cette salope qui m'avait pris trop de gens. Peur que mon c½ur fasse des siennes. Peur de faire du mal aux autres, aussi. Même si au fond, je savais pertinemment que mes efforts étaient vains, qu'ils ne me mèneraient qu'à du vent. Que je continuerai toujours à avoir mal et à en faire aux autres perpétuellement, parce que c'était plus fort que moi, un truc ancré en moi.

Parce que malgré tout, je tombais peu à peu. Je me laissais tomber dans ma connerie, je m'effondrais, je me détruisais, je me cassais, je m'écroulais, je me brisais, je m'enfonçais dans mon trou et j'entraînais Eric dans ma chute. Pourtant j'essayais, j'vous jure que j'essayais. J'essayais de prendre sur moi, de rester digne. J'essayais d'épargner Eric, d'épargner les autres, de m'épargner moi. Regardez, je le lui avais donné, son baiser. Un doux baiser sur le front. A contrec½ur, certes, mais je le lui avais donné, j'avais fait un effort. J'essayais. Et je m'entraînais de ma merde.

Rester avec lui était la pire connerie que je pouvais faire, et pourtant je le faisais. Je ne savais pas quoi faire d'autre. Je savais que je serais à nouveau seule, sans personne pour me regarder avec ses yeux, et j'avais encore trop mal pour pouvoir le supporter. Blessure trop fraîche, et les yeux qui saignent en silence...

Sans un regard, de peur de me brûler les yeux et le c½ur, je passai la porte et m'enfuyai dans la nuit. Je remarquai tout de suite le livre qui s'était écrasé sur le trottoir. Je l'ignorai mais il continuait à me narguer. Au fond, il avait raison Eric. Il avait trop raison. J'étais une pétasse. Aucun sens moral. Aucune considération. J'en avais toujours été une. Je passais mon temps à critiquer les autres, à les narguer pour combler un manque sans savoir exactement en quoi il consistait. Ce manque qui me rongeait peu à peu, ce manque qui m'avait toujours obsédée, rongée. Je faisais partie de ses personnes blasées, persuadées d'avoir tout vu du monde à 8 ans déjà.


Je me demandais, là, face à ce livre que me ressemblait réellement, mais en partie seulement, je me demandais qu'est-ce que j'avais fait pour en arriver là. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer dans ma petite tête pour que je sois encore là, avec cet homme, ce dieu qui n'en était plus un à mes yeux. Au fond, je le savais bien, ce qui m'avait pris. J'avais peur de la solitude, j'avais peur de me retrouver trop seule et de trop penser à lui, jusqu'à m'en pourrir.

Je suis une pétasse. J'étais une garce, mais j'étais pire encore lorsque j'étais plus jeune, une véritable peste. J'avais changée. Je m'étais radoucie, j'avais commencé à avoir des sentiments. A comprendre le sens du mot aimer. A comprendre le sens du mot famille. Partager. Vivre, aussi, même si j'le connaissais déjà, j'avais découvert une nouvelle façon de l'approcher, ce mot. Ce changement, je l'avais accompli en grande partie grâce à deux personnes. Mais il avait débuté quelques mois avant que je ne les rencontre, lorsque j'avais vu pour la première fois ma mère, dans un hôpital psychiatrique.

Je ne l'avais jamais rencontrée auparavant pour la simple et bonne raison que je la croyais morte. Je pourrais vous expliquer pourquoi et comment je m'étais retrouvée là-bas, mais c'est un épisode de ma vie que je préfère éviter. J'étais, en résumé, tombée dans cette horrible et infernale spirale qu'est la drogue. Tout était bon à prendre : crack, héro, Valium,...tout du moment que je pouvais planer, être dans cet état de "bien-être" qui me comblait quelque minutes. Mon père a mis à peu près trois ans à se rendre compte que l'état physique et mental de sa fille se dégradait de jour en jour. Que sa princesse aux cheveux d'or était devenue une trainée. Une pute de luxe, mais une pute quand même. Mon frère, lui, se souciait plus de sa personne que de moi-même. Peu importait, on ne s'aimait pas. Pas dans le sens que je le détestais, mais que nous n'éprouvions aucun sentiment à l'égard de l'autre.

Je crois qu'il est inutile que je vous parle de mes premières semaines dans cet enfer, cela n'en vaut pas la peine. Je vais résumer en disant que j'ai beaucoup souffert. Que cela a pris plus de temps que ce qui était prévu. Et que des larmes, il en a coulé le long de mes joues. Mais que je m'en suis sorti, c'est ça le plus important désormais. Et mes yeux autant que mon c½ur étaient devenus secs. Après trois semaines passées dans l'endroit le plus horrible du monde (selon moi), je fus changée de pavillon. Droguée aux drogues de substitution désormais, j'observais d'un regard morve les écervelées qui partageaient mon couloir.

Parmi mes voisines, il y avait elle. Je l'avais tout de suite remarquée. Cette grande et très mince femme blonde aux yeux bleus m'intriguait. On sentait que son visage ravagé par le temps avait été beau à l'époque. Elle avait ce je ne sais quoi dans le regard hypnotisant, un regard triste ou perdu caché derrière un regard indifférent, dur et froid. Un regard familier, un regard comme le mien, ou du moins celui que je voulais adopter.

Je tentai à plusieurs reprises de lui parler, mais c'était peine perdue car elle ne me répondait pas, ne m'accordait presque pas un regard. Elle passait ses journées assises sur un fauteuil, telle une grande dame, le regard dans le vide de la télévision, fumant cigarette sur cigarette. J'avais beau ne pas la connaître, elle me fascinait, voire m'obsédait. Il fallait que j'en sache plus sur elle, et sur ce qu'elle faisait dans cet hôpital.

C'est Valéria, l'infirmière en chef, qui lâcha le morceau. Elle m'apprit qu'elle s'appelait Anna, qu'elle était d'origine Allemande et qu'elle avait été un grand mannequin et actrice en son temps Sa carrière avait cependant été brisée lorsqu'elle tomba enceinte d'un homme très riche du nom de Charles De Bellefroid.

Charles de Bellefroid. Charles de Bellefroid. Charles de Bellefroid. Je retournais ces noms sans cesse dans ma tête, cherchant une issue, une faille. Non, c'était bel et bien Charles de Bellefroid le salop qui avait brisé cette pauvre femme.

Mon père.

Mon sang se glaça, et je me mis à trembler. Il ne m'avait parlé que très peu de ma mère, mais j'avais déjà eu l'occasion de la voir en photo une ou deux fois. Et elle ressemblait trop fort à la femme dévastée qui fumait sa clope sur le canapé.

Mon père m'avait donc menti ; ma mère n'était pas morte mais elle était folle. C'était une dingue allemande enfermée dans un hôpital psychiatrique. La colère s'empara de moi et j'exigeai de parler à mon père immédiatement. Je ne l'avais jamais considéré en tant que tel, comme un père dans le sens du mot que tout le monde connaît. Il ne s'est jamais vraiment occupé de moi, préférant me confier aux mains de mes multiples nourrices. A vrai dire, ça m'avait toujours été égal, je ne le voyais quasi jamais, et il en avait toujours été ainsi. Ce qui me faisait vraiment de la peine, justement, c'est quand je le croisais. Parce que c'était l'affrontement avec une réalité que je m'efforçais d'oublier : Je n'avais pas de père. Je n'avais pas de vrai père.

« Tu m'as menti ! » M'écriai-je dès qu'il décrocha, ne lui laissant pas le temps de dire quoi que ce soit. « Depuis le début tu m'as menti, tu m'as toujours menti ! Espèce de salaud, de père indigne je te déteste ! Je... »

« Alexia ? » Dit soudain une voix de femme que je connaissais trop bien. « Calmes-toi, Alexia, je te passe ton père. »

Je n'en croyais pas mes oreilles ! Mon géniteur n'avait même pas daigné répondre à un appel de sa propre fille. Non, c'en était trop pour monsieur, il avait besoin de sa poufiasse d'assistante de merde pour répondre aux appels de ses enfants !

« Alexia ! » s'exclama mon père d'une voix mielleuse et faussement joyeuse de m'entendre. Vous vous direz qu'elle avait sûrement dû lui dire que j'étais énervée. Détrompez-vous, il me parlait toujours de cette manière. Hypocritement, quoi. « Tu vas bien ma chérie ? »

« Tu me demandes si ça va ? M'emportai-je à nouveau. Je viens d'apprendre que tu me mens depuis toujours et tu me demandes si je vais bien ? Je te déteste, je te méprise, je t'haïs, je t'abomine, je te méprise, je te vomis, je t'exècre, je te...
- Mais de quoi tu parles, Alexia ? m'interrompit-il. Je ne t'ai jamais menti, ma chérie, je ne comprends pas de quel soi-disant mensonge tu veux parler...
- Vraiment tu ne vois pas ? Dis-je, faussement calme. Laisses-moi t'éclaircir la mémoire : Anna ça ne te dit rien ?
- Oh mon dieu ! » S'exclama-t-il. Je ne dis rien.

« Oh mon dieu ! Répéta-t-il, ne sachant que dire d'autre. Qu'est ce que je peux être con, je l'avais complètement oubliée.. Je vais tout expliquer.
- J'espère bien...
- Je...je...je ne savais pas quoi faire, ma chérie, balbutia-t-il, j'étais complètement perdu. Ta mère était dans un piteux état, tu sais. Elle était mannequin à l'époque. Elle était adulée de tous et elle adorait ça. Elle était très attachée à son physique. On a eu une petite aventure tout les deux, rien de vrai, de sentimental. Ce n'était pas une femme banale. Elle exigeait qu'on ne lui parle que l'Allemand et ne daignait pas apprendre une autre langue. On a passé de bons moments ensembles. Mais elle est tombée enceinte de toi. Elle était contre l'avortement et a donc décidé de te mettre au monde. Mais à ta naissance, ça a dégénéré. Elle était devenue dépressive et a commencé à se détruire. Elle se mutilait, tentait de se suicider. Elle n'allait vraiment pas bien. Alors elle a commencé à se droguer. Au début, tout était beau, elle était bien. Mais son état se dégradait de jour en jour sans qu'on ne s'en aperçoive et je me suis réveillé un jour et j'ai vu un monstre squelettique en face de moi. Bien entendu, plus personne ne voulait d'elle, ce qui attisait sa dépression. Elle était devenue complètement parano, hystérique. Elle faisait même des crises de schizophrénie, ce qui arrive quelque fois chez les grands drogués. Elle était complètement détruite et il ne me restait qu'une chose à faire : la faire interner. Je ne l'ai plus revu depuis. Je ne t'ai pas menti, Alexia, ta mère est bel et bien morte. Mais pas physiquement, elle n'était plus qu'un corps, une loque, elle peinait à voir. Je ne voulais pas t'imposer une personne pareille comme mère. »

J'étais sous le choc après ce qu'il venait de me dire. Je m'en doutais un peu de ce qui lui était arrivé après l'avoir vue, le visage ne pouvait être ravagé que par cette merde. Puis il avait raison, ce n'était pas un air hautain qu'elle affichait, elle était juste morte. Morte à l'intérieur. Elle n'était juste plus rien, un corps qui ne bougeait que pour recevoir sa dose de quotidienne de médicament comme elle le faisait auparavant pour sa drogue.

« Je suis désolé, dit mon père, mais je ne regrette pas de ne rien t'avoir dit avant. Tu me pardonnes ?
- Je n'sais pas. Quand est-ce que je rentre ?
- Le plus vite possible, je te le promets.
- Non, je veux rentrer maintenant.
- Tu sais bien que c'est n'est pas à moi de décider quand tu peux partir.
- Bien sûre que si, tu le peux. Je veux rentrer chez moi. Je vais faire mes bagages. » C'est ainsi que je quittai l'hôpital. Georges était venu me chercher le soir même. Je pouvais enfin sortir de ce trou, et me reconstruire une nouvelle vie. Recommencer à zéro, puis oublier. Oublier que j'avais passé des mois dans...dans cet état. Oublier que je venais de laisser ma mère dans cet hôpital, sans même lui avoir adressé la parole, ni même lui avoir dit au revoir. Aussi bizarre que cela puisse paraître, j'étais contente de le revoir, de revoir enfin un visage connu, qui plus est, un visage qui ne m'avait encore jamais blessée.

Songeuse, j'observai cet homme qui était à mon service depuis plus de dix ans mais que je ne connaissais pas. Tout ce que je savais de lui, c'est qu'il s'appelait Georges et qu'il venait de Roumanie. Je tentai à plusieurs reprises de converser avec lui en lui posant quelques questions sur sa famille, mais j'abandonnai vite, me sentant fausse à son égard car sa vie m'importait peu. Tout ce qui m'intéressait en lui, c'était son talent de conducteur. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Depuis mon départ de l'hôpital, je n'arrêtais pas de me poser des questions et je commençais à me soucier de personnes à qui je n'aurais jamais daigné adresser un regard auparavant. Peut-être était-ce ma rencontre avec ma mère qui m'avait tant bouleversée? Tout ce que je savais, c'était que désormais, je culpabilisais vis-à-vis de mon attitude je-m'en-foutiste d'antan.

Ne croyez pas que cette histoire vire manichéenne, et qu'après cette constatation, j'allais changer de suite et devenir une vraie princesse de bonté et d'amour. Non, j'étais loin d'être prête, et cette façon d'être me convenait trop bien pour que je l'abandonne en un clin d'½il.

Je laissai le soin au personnel de ranger mes affaires dans ma chambre et me dirigeai tout de suite vers le boxe de Ronaldo, mon cheval bien-aimé. Ah, ce qu'il m'avait manqué ! Dès le premier regard, j'avais eus le coup de foudre pour ce magnifique étalon. J'adorais son caractère détestable et m'étais donné pour défi de le dompter. Défi que j'avais à moitié réussi vu qu'il n'acceptait que ma présence et celle de son palefrenier attitré. En effet, il ne supportait pas les intrus et ne les acceptait pas dans son entourage, préférant de lui les chotter, ou mordre. Mais malgré tout, je l'adorais et l'emmenais avec moi le plus souvent possible lorsque je partais en voyage.

Je passai donc la soirée en sa compagnie, ce qui me fit le plus grand bien. Ronaldo pouvait être indomptable comme câlin. Ce jour-là, percevant que quelque chose n'allait pas, il se montra particulièrement affectueux, se laissant brosser et chouchouter presque sans broncher. Je le montai également durant une heure sur la piste pour lui dégourdir les pattes avant de le rentrer. Dingue le sentiment d'apaisement qu'il parvenait à me procurer simplement en étant lui-même, là, se tenant près de moi. Me transportant de son pas bien caractéristique là où je voulais aller, bravant courageusement chaque obstacle qui se présentait à lui.
# Posté le mercredi 08 novembre 2006 10:46
Modifié le dimanche 13 juillet 2008 15:44

Deuxième partie.

Les jours qui suivirent, mon père fit plusieurs tentatives d'approche, mais je le rabrouais systématiquement. Je ne tenais pas particulièrement à faire ami-ami avec un homme qui ne méritait pas ma confiance. Il se mit alors en tête de me faire rencontrer ma mère, que je fasse sa connaissance. Et donc, par conséquent, que j'apprenne l'Allemand. Ca m'avait fait rire quand il m'avait faire part de son idée, par le biais de mon « assistante » bien entendu, je refusais toujours de lui parler. Mais j'avais fini par accepter. Pourquoi pas, après tout ? Ca me permettrait d'en savoir plus sur ma famille, sur mes origines. Je ne sais pas pourquoi mon père tenait absolument à ce que je lui parle, alors qu'il savait qu'il y avait peu de chances pour qu'elle accepte toute communication, et je le savais très bien également.

Je débutai mes cours d'Allemand dès le lendemain. Mon professeur était un vieux - un petit lifting ne lui aurait pas fait de mal - monsieur âgé d'une cinquantaine d'années, les cheveux grisonnants et le regard pétillant. C'était un petit bonhomme à l'allure très sympathique mais très exigeant. Nous mîmes plus ou moins un mois pour apprendre toute la grammaire et le vocabulaire et, à mon plus grand étonnement, j'eus plus de mal à assimiler toute cette matière que je ne l'avais imaginé. Je maitrisais cependant assez bien la langue, et réussissait à parler presque sans faute. Mon accent, par contre, laissait à désirer.

En attendant, je continuais ma vie où je l'avais laissée, sans la drogue, c'est-à-dire cours particuliers l'après-midi (j'étais bien obligée vu que j'étais encore mineure. Je prenais cependant les cours à la maison pour ne pas avoir à supporter le collège ou autre. Rien que l'idée d'aller à l'école m'insupportait, comme si elle était synonyme de prison. Elle l'était, à mes yeux.), Une heure d'Allemand tous les soirs en plus, puis sortir. L'avantage de ce mode de vie, c'est que je pouvais voyager autant que je voulais, aller de ville en ville sans me soucier de quoique ce soit, les professeurs me suivaient de toutes façons.

Ma mère avait été transférée en Allemagne, à Munich, pour être plus précise. Pour plus de facilité, parait-il. Papa devait se dire qu'en la mettant dans son pays d'origine, elle se sentirait mieux et que l'endroit serait plus propice pour qu'on se parle. Qu'elle se sentirait chez elle, surtout. Je crois que cette histoire le perturbait plus que ce qu'il ne le laissait entendre...

J'étais à Paris quand il fut temps de partir en Allemagne. Je n'en avais pas envie, je n'étais pas encore prête à parler à cette Anna. Je devais retrouver mon frère, Sébastian et un de ses amis, David quelque chose pour s'organiser pour le voyage. En effet, il tenait à m'accompagner, même s'il n'avait aucun lien de parenté avec ma mère, pour soi-disant me soutenir. Et justement, son David était Allemand, on ferait donc le voyage ensemble.

J'étais attendue dans une des loges du Bataclan, le groupe de rock dont David était le manager donnant un concert le soir même. Je n'avais jamais entendu parler d'eux, ni même de leur musique, et à vrai dire, je m'en foutais complètement. Je ne les avais encore moins vus, mais j'étais bien obligée d'aller là-bas vu que le départ était prévu pour le lendemain matin. J'entrai dans la pièce déjà énervée de devoir partir dans ce pays qui m'était quasi inconnu, et que je jugeais déjà d'inintéressant. Il n'y avait strictement rien à faire en Allemagne, c'était moche, banale, et leur langue était laide à en mourir.

Mon frère était confortablement installé dans un fauteuil et parlait avec une jeune fille bizarre au look gothique. David, lui, discutait avec un p'tit jeune aux dreads et au look rappeur, et deux autres qui avaient l'air un peu plus normal. Ignorant tout le monde, je me dirigeai tout de suite vers le buffet et piquai un Kinder Bueno. La fille me regardait bizarrement. Je lui lançai un regard hautain, accompagné d'un joli sourire. Si elle croyait m'impressionner !

Mon frère leva enfin les yeux vers moi et me demanda en Allemand comment j'allais.

« Bien. »Répondis-je froidement dans ma langue maternelle, c'est-à-dire l'Anglais.

« Tu reconnais David ? » me demanda-t-il gentiment, toujours en Allemand, comme si de rien n'était.
- Ma mémoire ne me fait pas encore défaut. »
J'allai lui faire la bise comme de convenance puis, ayant fini avec mon biscuit, allai piquai une pomme bien verte que je croquai à pleine dent. Délicieuse.

« Parle en Allemand s'il te plaît, insista mon frère, il faut que tu t'entraînes.
- Parler en Allemand ?m'énervai-je soudain, en Allemand, comme il me l'avait demandé. Tu veux que je parle en Allemand ? Tiens, ça l'fait, de s'énerver en Allemand. C'est tellement laid, tellement moche que ça va bien de crier en Allemand. Je déteste cette langue, je déteste ce pays, je...
- Tu n'y as jamais été, Alex, comment tu peux savoir ? » Dit-il calmement, après avoir jeté un regard aux autres qui voulait dire « laissez, il faut la laisser s'énerver et elle se calmera toute seule. »

« Rien qu'entendre leur langue, on devine tout d'suite.
- Il m'semble que tu portes beaucoup de conclusions hâtives...Pourquoi tu t'énerves comme ça, d'ailleurs, tu semblais tellement ravie à l'idée de rencontrer enfin ta mère, y'a même pas une semaine ?!
- Ma mère ? T'appelles ça une mère ? Tu t'rends compte que t'es plus ma mère que cette femme ? David est plus ma mère qu'elle, j'la connais pas, j'veux pas la connaître.
- Mais qu'est-ce qui te prends, merde ?
- Puis j'ai aucune envie d'voyager avec ces...gens...Dis-je d'un air dégoûté en désignant de la tête les quatre petits jeunes qui s'étaient rassemblés dans un coin de la pièce.
- Ces gens ? Là, tu deviens offensante. Tu n'les connais même pas, c'est un très bon groupe de rock.
- Un bon groupe de rock ? Dis-je en riant d'un air ironique. Une fille qui s'habille comme un gars et qui a un style de faux gothique rebelle, un semblant de rappeur avec des dreads et...
- Mais qu'est-ce que t'as merde ? » S'énerva à son tour mon frère.

Oui, qu'est-ce que j'avais ? C'était pourtant simple. Je n'étais tout simplement pas guérie. J'étais en manque. En manque de cette merde, et la seule solution que j'avais trouvée pour me sentir mieux, c'était de m'en prendre au premier venu. Je fouillai dans mon sac à la recherche de mes pilules, de la drogue de substitution, comme je l'avais fait tout à l'heure dans la voiture mais en vain, avant de tout foutre par terre. De la sueur froide coulait le long de mon dos, et ma tête commençait à tourner. Pourtant, j'allais mieux. J'étais censée allé mieux. Non, je croyais juste aller mieux. Et j'm'étais fourrée le doigt dans le nez, en pensant ce matin que je pourrai me passer de ces p'tites pilules aujourd'hui. J'en avais encore grandement besoin, même si je n'osais pas me l'avouée.

Sébastian commençait à s'inquiéter sérieusement pour moi. Je finis par prendre mon portable et appelai en urgence Diana, mon assistance, pour qu'elle m'apporte ce dont j'avais besoin, sans prononcer le nom de ces pilules. Je ne supportais pas, je ne supportais plus l'idée d'être accro à quelque chose, ça me rendait folle rien qu'à l'idée de cette pensée. Je tournais en rond dans la pièce en attendant la venue de ma sauveuse, débitant à Sébastian et David le programme du lendemain. Quand on partait, où, comment. Il m'écoutait attentivement, l'air inquiet de me voir dans cet état.

« Vous inquiétez pas, ça va aller.» dis-je le plus normalement possible pour les rassurer.

Mais ils n'étaient pas de cet avis. Les Ths ne savaient plus où se mettre mais je m'en foutais royalement d'eux. Mon frère, ne supportant plus de me voir dans cet état me prit soudain dans ces bras.

« J'suis désolé, j'suis pas à la hauteur pour toi...J'aimerais tellement t'aider, tu sais, te sortir de cette merde... Dit-il.
- Désolée de n'être qu'une sale peste...
- Oh, j'suis habitué, maintenant. »

Il réussit à m'arracher un p'tit rire. Une rire nerveux, certes, mais c'était déjà ça. Diana arriva justement à ce moment là, me tendant un paquet fraîchement acheté. Je le pris d'une main tremblante, me servit un verre d'eau et quittai la loge, trop honteuse pour avaler ce « médicament » devant mon frère et David. Sans le vouloir, je venais d'atterrir dans la salle de concert vide. Seuls quelques techniciens étaient en train de préparer la scène pour le concert de ce soir et pour la répétition qui aurait bientôt lieu. Je ne fis pas attention à eux, avalai la pilule et m'allongeai sur le sol pour mieux ressentir ce calme artificiel qui s'emparait de moi.

On ne me dit rien à propos de ma présence qui les gênait très certainement. Personne ne me disait jamais rien, ne m'interdisait jamais quoique ce soit, parce que c'était comme ça. Parce que j'étais assez riche pour me permettre tout ce que je voulais, comme m'allonger là, au milieu de cette salle de concert vide, alors que des milliers de filles auraient donné leur vie pour être à ma place. Moi, il suffisait de m'afficher à la porte pour voir mes désirs exaucés. Il m'avait suffit d'entrer dans la salle pour pouvoir assister à leur répétition, même si ça n'avait pas été mon intention.

Ils étaient entrés sur scène, sans me dire un mot, chacun accordant son instrument, la fille s'échauffant la voix. Je ne les voyais pas, toujours couchée par terre et les yeux fermés, mais je pouvais les entendais. Ils murmuraient pour que je ne puisse pas surprendre leur conversation, mais je n'essayais pas, ce qu'ils se disaient m'importait peu. Tout ce qui comptait à ce moment, c'était cette pilule qui se diluait lentement dans mon sang, mes muscles qui se détendaient lentement, et cette sensation de bien-être qui se répandait à son rythme dans mon corps.

David leur lança soudain un ordre et ils commencèrent à jouer. Une musique douce et en même temps forte, une musique qui m'avait emportée dès les premières notes. Lentement je me levai, m'appuyant sur mes deux coudes, et les regardai jouer. D'abord le bassiste, banal, sans intérêt, puis cet espèce de rappeur qui se révélait être le guitariste, aussi bizarre que cela puisse paraître. Mes yeux s'attardèrent longtemps sur ses doigts qui s'amusaient avec les cordes, ses doigts magiques. Ils glissèrent ensuite vers l'élément le plus flagrant du groupe, celui qu'on voyait le mieux : La fille. Elle avait une belle voix, posée, une voix presque magique. C'est le seul mot qui me vient à l'esprit pour décrire sa voix. Elle me regardait fixement, droit dans les yeux, un sourire aux lèvres. Normal, elle avait deviné que j'appréciais leur musique malgré mes reproches de tout à l'heure. Sourire de fierté.

Je ne pus détacher mes yeux d'elle, honteuse de ce sentiment qui commençait à naître en moi. Elle ne me laissait pas indifférente, et mon c½ur battait à tout rompre dès que ses yeux se posaient sur les miens. Etais-je en train de tomber amoureuse d'une fille ? Impossible, c'était juste la drogue de substitution qui me faisait cet effet-là, en plus de leur musique. Rien de plus. Elle se mit à me regarder de haut en bas, scrutant la moindre parcelle de mon corps, comme émerveillée. Merde, pourquoi je rougissais sous son regard ? Ce sentiment commençait à me faire peur, et j'étais sur le point de quitter la salle. Mais d'un autre côté, je ne voulais pas briser ce lien magique qui venait de se créer entre elle et moi. Non, je me faisais des films, je devenais folle. Etait-ce bien le bon médicament que m'avait donné Diana. Je vérifiai. Oui, c'était bien lui. Oh bordel, qu'est-ce qui m'arrivait ? Je me levai brusquement, fuyant le regard de la fille, qui était vachement belle en plus, rassemblai en vitesse mes affaires et lançai un rapide à demain à Sébastian.

Nous nous retrouvâmes donc tous le lendemain à l'aéroport de Paris, un aéroport privé vu que nous voyagions dans notre propre avion. Celui à moi et Sébastian. Nous en avions reçu un assez récemment, mon père tenait en effet entre autre une compagnie aérienne. Je n'adressai pas la parole aux Tokio Hotel, presque pas à David et Sébastian, préférant rester de mon côté. De plus, mon frère avait tenu à ce que cette poufiasse de Kate qui lui faisait office de petite amie nous accompagne. J'aimerais pouvoir vous la décrire mais cette fille était tellement Kate que ça m'en brûle les doigts. Disons, en - très - résumé que c'était une garce qui sortait avec mon frère uniquement parce qu'il était beau, et friqué. Lui ne sortait avec elle que depuis deux trois jours et la considérait bien entendu comme une "copine de baise" mais le voir avec cette fille m'horrifiait. Me donnait des frissons. La chaire de poule. Une forte envie de..de..Il faut que j'arrête de penser à elle..

Après avoir atterri sur le sol allemand, nous prîmes un taxi en direction de notre hôtel séparément du groupe. Le voyage n'avait heureusement pas été long et je n'avais pas eu à supporter leur présence, en particulier celle de la chanteuse que je préférais éviter. J'étais impatiente d'arriver car je ne supportais plus les gémissements incessants d'une certaine poupée Barbie dont je ne citerai pas le nom...Je découvrais peu à peu ce nouveau pays. La ville n'était pas si différente qu'une ville européenne type.

A mon plus grand bonheur, mon frère et sa pétasse filèrent vite s'enfermer dans leur chambre et je pus enfin respirer. Nous avions réservé deux petites suites dans un Sheraton. Je pris les clés et montai tranquillement dans ma chambre tandis que deux valets s'occupaient de mes valises. La suite que l'on m'avait réservée était magnifique et la vue qu'on avait sur la ville vous aurait paru époustouflante. Moi je la trouvais juste normale. Et la pièce n'était pas si luxueuse que ça, si on regardait bien, elle était même banale.

Le soir même, une soirée avait été prévue pour fêter la fin de la pseudo-tournée en France du groupe. David avait insisté pour que j'y assiste pour me présenter au groupe, ce qui n'avait pas été fait la veille. N'ayant rien d'autre à faire, je finis par accepter, pas très joyeuse à la perspective de passer la soirée en compagnie de tous ces Allemands, puis surtout de devoir parler à cette fille qui avait provoqué en moi tous ces sentiments étranges hier. Je me dis finalement pour me rassurer que je n'aurais pas à passer la soirée en sa compagnie, et qu'il me suffirait simplement de l'éviter.

Je me préparai donc avant d'aller à l'endroit qu'il m'avait indiqué. Il vint en personne m'ouvrir, me présenta à plusieurs personne et m'offrit à boire. Il insistait pour du jus de pomme, mais je refusai net. Boire du jus de pomme un soir de fête ! Surtout entourée de tout ces gens, j'avais bien besoin d'alcool...Pas de signe de la fille. Je commençais à déstressé, je n'aurais donc pas à subir les sentiments de la veille. Il finit par m'amener vers le rappeur, qui n'était pas mal dans son genre. Pas très grand, vêtu de vêtements amples et d'une casquette, des jolies dreads blondes attachées en une espèce de queue de cheval. Il avait un piercing sur le côté de sa lèvre parfaite, super sexy. Puis il avait surtout des yeux immensément doux, ce que je pus m'empêcher de remarquer. Des yeux bruns chocolat, ornés de longs cils noirs. Des yeux parfaits, un nom parfait, un sourire parfait. Un rire à croquer. Je sentais que j'allais bien m'entendre avec lui...

Nous nous mîmes à discutailler, David nous ayant laissés « entre jeunes » et je devais admettre qu'il me plaisait beaucoup. Il avait de la conversation et de l'humour. Nous étions en train de parler de nos goûts musicaux (sujet banal mais indispensable) lorsque la fille s'approcha de nous. Mon c½ur se mit à battre à tout rompre à sa vie, et je masquai tant bien que mal ma gêne de la voir arriver. Heureusement des deux ne semblait remarquer que mon c½ur venait de s'emballer, et que je sentais ma tête tourner dangereusement. Elle ressemblait étrangement à Tom, ce devait être son frère. Tom prit la parole lorsqu'elle arriva à notre hauteur :

« Bill, je te présente Alexia. La fille d'hier. »

Le dénommé Bill se tourna vers moi, m'adressa un léger sourire sans conviction avant de se tourner vers Tom en disant :

« J'en ai marre, je rentre. Tu viens ? »

Puis il partit sans un mot. Etrange, ce Bill. Attendez, j'ai dit Bill ?! Mais c'est un nom de gars ?! Y'avait un truc qui clochait, là...

« Bill, mon frère jumeaux, dit Tom, m'interrompant dans mon débat intérieur sur la sexualité du Bill'ou. J'y vais aussi, tu peux venir si tu veux. On s'fait chier ici. Chambre 201 ! »

Il me fit un rapide baiser sur la joue. Au contact de ses lèvres sur ma peau, je sentis un léger frissonnement me parcourir le corps. Non, je n'étais pas attirée par lui (quoique...) mais il avait un piercing dans la lèvre alors qui dit piercing dit froid alors bon...

J'attendis quelques temps et finit par le rejoindre, m'ennuyant fermement. Je mis 10 minutes à trouver la chambre (Non, non, je ne m'étais pas perdue... mais il pourrait au moins avoir l'obligeance de distribuer des plans de l'hôtel...) mais c'est Bill qui vint m'ouvrir. Il me dévisagea une fois de plus mais de haut en bas cette fois puis s'effaça pour me lancer entrer en disant :

« Tom m'a dit que tu viendrais. Là il prend sa douche, fait comme chez toi. »

Sur ce, il me laissa en plan dans ce qui devait être le salon. Il y avait un canapé, un frigo, une espèce de table munie de tabouret, une télé, et un baby-foot. Pas besoin de se parler pour comprendre quel serait le programme de la soirée...

« Mais arrêtes de tricher ! s'exclama soudain un Tom exaspéré.
- Mais j'triche pas, qu'est ce que tu racontes !
- Si, à chaque fois que tu remets la balle en jeu, de la lance de ton côté.
- N'importe quoi ! » Conclus-je sur un air qui se voulait innocent. Bien sûre que je trichais, qu'est-ce qu'il croyait ? Que j'allais me laisser battre par lui ? Jamais !

Je repris donc la balle et voulut la remettre en jeu mais Tom tenta de l'attraper. Je ne me laissai évidemment pas faire. Il contourna donc la table de babyfoot pour pourvoir me piquer la balle plus facilement, ce qui déclencha une bataille effrénée. Je me défendais à coups de morsures, de bras, de coudes et même de genoux mais il persistait, n'osant tout de même pas me frapper également. J'allai gagner si Bill n'était pas entré dans la pièce à cet instant en disant :

« Pfff ! Qu'est ce que vous pouvez être puérils ! »

Tom profita de ma seconde d'inattention pour me plaquer sur le canapé qui se trouvait juste derrière moi et allait s'emparait de la pauvre petite balle mais je repris mes esprits et le mordis de plus belle partout où je le pouvais. N'osant toujours pas me faire du mal, il se mit à me chatouiller. Etant très sensible, je réagis au quart de tour et partit dans un grand fou rire. J'étais bien incapable désormais de lui résister et récupéra sa balle tant désirée. Je lui tirai la langue mais il pencha vers moi et me donna un petit baiser sur la joue pour me narguer, puis il se dirigea vers le coin cuisine où se trouvait Bill.

« Tu veux une bière ? Me demanda-t-il depuis leur minuscule cuisine.
- Quoi, tu veux me saouler maintenant ?
- L'idée ne m'a même pas traversé l'esprit... dit-il en riant.
- Non je pense que je vais y aller, répondis-je.
- Déjà ? Bon alors on se voit demain, je te ferai visiter Munich si tu veux..
- Tom, tu m'avais promis qu'on irait chez Andréas ! dit soudain Bill. On va pas n'pas le voir parce que t'as envie d'te faire une poufiasse ?
- Je te demande pardon ? M'exclamai-je, choquée de ce qu'il venait de dire sans même faire attention à moi, comme si je n'avais pas été présente. Il m'ignorait totalement, rien à voir avec le Bill qui avait chanté "pour moi" lors de la répétition.
- Putain Bill qu'est ce que tu peux être chiant quand tu t'y mets ! J'te permets pas de traiter alex comme ça... Et puis on n'a qu'à aller a quatre au parc. Je suis sûre qu'Andréas serait d'accord.
- Ouais c'est ça...dit-il d'un ton énervé avant de retourner dans sa chambre en prenant bien soin de claquer la porte derrière lui. Il ne m'avait même pas regardée, juste un regard froid quand il nous avait vus sur le canapé moi et Tom.
- Je suis vraiment désolé, me dit Tom d'un ton vraiment désolé, trop mignon, je sais pas c'qu'il a en ce moment...
- J'crois pas que ce soit une bonne idée que j'vienne demain...
- Bien sûre que si... On ne va pas s'empêcher d'se voir à cause des caprices de mon frère, et je ne dis pas ça parce que j'ai envie de coucher avec toi ou quoique ce soit... Quoique, ça ne me déplairait pas, ajouta-t-il avec un sourire charmeur, en coin.
- Ok ok, dis-je en riant, alors 13heure, au bar ?
- Parfait ! A demain, et sois pas en retard !
- Promis ! » Lançai-je avant de sortir de leur chambre.

Je retournai donc dans ma chambre et me mis en pyjama. Installée confortablement dans mon lit, je repensai à la soirée que je venais de passer. Je connaissais à peine Tom, et déjà une sorte de complicité s'était installée entre nous, ce n'était pas comme avec les autres gars, lui, j'avais vraiment envie de le connaître. Et puis je repensai à l'attitude de Bill, me demandant pourquoi il était aussi antipathique.

Je me réveillai le lendemain vers 10heure et pris mon petit déjeuner dans mon lit. Je me préparai puis lu un livre. J'ai toujours aimé lire, cela me permet de quitter la réalité et d'entrer dans un autre monde, de m'échapper de ce monde qui ne me plaisait pas.

Je descendis à 13h et trouvai les jumeaux en train de m'attendre, accoudés au bar. Je les rejoignis donc. Tom me fit un beau-grand sourire lorsqu'il me vit, tandis que Bill me saluait poliment. C'était déjà ça, au moins il faisait des efforts pour paraître sympathique à mon égard.

Comme je n'avais pas encore mangé, faute de temps, je proposai d'aller se chercher de quoi manger dans un snack. Bill ne put évité une de ses remarques très pertinentes :

« Dans un snack ? C'pas un peu trop crade pour toi ? Tu crois que tu supporterais de manger ailleurs que dans un restaurant ?
- Je meurs d'envie d'un bon kebab, dis-je en ignorant sa remarque. Genre, je mange que dans des restaurants...S'il savait ! »

Nous nous mîmes donc en route. Pour ne pas nous faire remarquer des fans hystériques, nous dûmes envoyer le chauffeur me chercher ma mitraillette – que je partageai gentiment avec Tom-tom – et nous partîmes ensuite chercher Andréas. Tom m'expliqua qu'il était leur meilleur ami depuis le bac à sable, et qu'il était le seul à être resté depuis qu'ils étaient célèbres.

Il fut finalement décidé que Bill et Andréas resterait ensemble tandis que Tom passerait la journée avec moi, ce qui ne convainc bien, je n'aurais pas su supporter les ronchonnements incessants de la rockstar. Qu'est-ce qu'il pouvait se prendre de haut ! Ca m'énervait au plus haut point. Surtout que je n'étais toujours pas insensible à ses charmes. Quelques peu refroidie de par son comportement, mais je gardais tout de même en moi l'image de Bill chantant en me regardant droit dans les yeux, de sa voix douce qui avait réussi à m'apaiser. Bien sûre, je n'en laissai rien paraître et affichai un sourire satisfait lorsque nous nous séparâmes. J'étais enfin libérée de ses sarcasmes blessants...

Tom était trop chouette. Y'avait pas d'autre mots pour le décrire, il était juste chouette. Toujours prêt à rire, à faire des trucs débiles mais marrants. Il m'avait d'abord amenée dans un centre commercial soi-disant pour me faire découvrir la vraie vie du peuple. Au programme : Prendre le plus de bonnes choses possibles. Biscuit, chips, boissons, gâteaux, tout y était passé. Puis des trucs tout cons, genre courses de caddies, ou paris débiles lancés, mais je m'étais franchement amusée. Ca fait du bien, un peu d'naïveté, parfois...Dans un élan de bonté, je lui offris le tout et on alla se réfugier dans un vieux parc paumé pour déguster nos commissions.

Nous étions toujours dans le parc quand la nuit tomba. A moi de choisir notre prochaine destination : Les quartiers de riche. Grâce à un petit chemin trouvé au hasard, nous réussîmes à accéder dans le jardin d'une maison dotée d'une immense piscine bleutée. Toutes les lumières étaient éteintes, nous encourageant à plonger dans l'eau bien chaude de leur belle piscine. Sous l'air d'abord ébahi puis satisfait de Tom, je me déshabillai jusqu'à être en sous-vêtements avant de me glisser dans l'haut. Il ne tarda pas à me rejoindre, reprenant ses gamineries qui me faisaient systématiquement rire. Je sentais que l'Allemagne allait finalement me plaire...Nous entendîmes soudain une voiture se garer dans l'allée devant la maison. Nous sortîmes alors le plus rapidement possible de l'eau, tentant tant bien que mal d'étouffer un fou rire que nous laissâmes éclater au beau milieu du jardin du voisin, toujours en sous-vêtements. Je sentis tout de suite le regard de Tom parcourir discrètement mon corps. Cela ne me dérangeait pas le moins du monde, surtout que la lumière était très faible à cet endroit. Par contre, cela semblait choquer un certain vieillard dégoûtant qui nous regardait par la fenêtre depuis deux bonnes minutes. Je repartis dans un fou rire, bientôt suivie par Tom qui remarqua presque en même temps que moi le « voyeur ». Je pris alors des poses sexy pour le provoquer, sous l'½il approbateur de mon nouvel ami, puis m'habillai en vitesse et sortis de ce jardin.

Nous prîmes alors le taxi pour rentrer à l'hôtel, tous les deux contents de cette après-midi passée ensemble. Notre bonne humeur, ou du moins celle de Tom, fut bientôt refroidie par Bill qui attendait énervé son frère dans le hall. Il lui passa un savon, même si Tom le regardait d'un air amusé. Je lui lançai un rapide à demain suivi d'un sourire charmeur avant de monter dans ma chambre, les vêtements et les cheveux encore trempés de notre baignade.

Nous nous revîmes le lendemain, tout naturellement, comme si ça avait été clairement prévu, ce qui n'était pourtant pas le cas. Cette fois, Bill et Andréas avait accepté de rester avec nous. Nous passâmes une journée démentielle! Je ne m'étais jamais autant amusée depuis...pfiou je sais même plus ! J'avais appris à bien connaître Tom ce jour-là. On pouvait parler sérieusement comme se prendre des délires à la rien à voir. On s'amusait d'un rien et l'endroit où ils m'avaient amenée était génial ! C'était une plaine perdue au milieu de la campagne et en hauteur qui donnait sur la ville. Il y avait un petit lac à proximité.

Lorsque nous nous approchâmes de ce point d'eau, Andréas murmura quelque chose à l'oreille de Bill et Tom et, vous l'aurez compris, Tom et Andréas essayèrent de me jeter à l'eau. J'eus beau me défendre comme je pouvais, ils étaient plus forts que moi alors, en dernier recours, je m'accrochai à Tom qui finit par tomber à l'eau avec moi. L'eau était dégueulasse. Il y avait plein de truc inqualifiables qui flottaient par ci par là. Soudain, j'entendis Bill et Andréas se prendre un fou rire. Je regardai Tom et remarquai qu'il avait une sorte d'algue qui s'était accroché à ses dreads, tel un chapeau et j'ai failli me noyer tellement je riais.

Je remontai au bord de l'eau, grelottant de froid (parce qu'en plus d'être dégueulassement salle, l'eau était glaciale). Et là, il s'est passé un truc incroyable ! Bill a enlevé sa veste, puis son tee-shirt et m'a donné ce dernier. J'étais si abasourdie que je restai plantée là, sans bouger.

« Prends le vite avec que je ne change d'avis ! dit Bill qui commençait à s'impatienter.
- Et moi, je n'ai pas le droit à un tee-shirt ? » Demanda Tom qui grelottait de froid d'un ton suppliant, accompagné d'un joli regard de chien battu.

Bill et Andréas se regardèrent un instant puis dirent en même temps : « NON ! ». Je pris le tee-shirt que me tendait Bill en le remerciant, me mis un peu à l'écart pour me changer et leur tourna le dos. I'y avait évidemment pas d'arbres aux alentours, c'était bien ma veine. J'ôtai d'abord mon pull, mon débardeur et mon soutif, attendu un peu pour que je puisse sécher. Je sentais le regard des garçons sur moi, ce qui me gênait étonnement. Auparavant, j'adorais qu'on me regarde, justement, je cherchais le regard des hommes, mais là, c'était différent...J'enfilai donc vite le tee-shirt. Il était assez grand et m'arrivait aux mi cuisses plus ou moins. Je décidai donc d'enlever mon froc, mes convers et mes chaussettes. Lorsque je me retournai, les gars firent mines de regarder ailleurs.

Andréas finit par donner un de ses tee-shirts à Tom, ayant pitié de le voir grelotter. Il enleva également son froc et se trouva un caleçon –tee shirt. Ca faisait bizarre de le voir habillé aussi « sexy » alors qu'il s'habillait d'ordinaire avec des vêtements amples. Nous restâmes encore quelques instants sur ce qu'ils appelaient « la colline » jusqu'au coucher de soleil. C'était vraiment beau.

Nous finîmes par rentrer. Je me retrouvai assises dans la voiture entre Bill et Tom. Le tee shirt de Bill me remontait sans crier gare sur ma cuisse et je sentais le regard du Bill observant mais jambes. J'étais flattée mais surtout gênée. Je tentai tant bien que mal de couvrir mes jambes mais sans succès. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. De la fille dévergondée et sûre d'elle j'étais passée à la timide et maladroite, je ne me reconnaissais plus...

Lorsque nous sortîmes de la voiture, je croisai le regard du Bill un instant. Je sentis pour la première le feu me monter aux joues : je venais de rougir. Je détournai rapidement le regard et rejoignis Tom à l'intérieur de l'hôtel, bien au chaud...

Nous montâmes tous les quatre dans la chambre de Bill et Tom. Andréas restait pour la nuit. C'était un gars simple, plutôt timide et vraiment sympa. Nous commandâmes des pizzas en guise de dîner et burent vodka Redbull sur Vodka Redbull pour toute boisson. Je me « disputai » une fois de plus avec Tom pour obtenir la dernière part de pizza mais Bill finit par trancher et s'en empara. Ni une, ni deux, Tom et moi on lui sauta dessus pour la récupérer mais il l'engloutit en une bouchée. Mon premier fou rire avec ce cher Bill. Dû à l'alcool sûrement.

Je remarquai soudain que j'empestais la vase ou je ne sais quoi car je ne m'étais pas encore lavée et que je n'étais vêtue uniquement de ma culotte qu'ils avaient dû voir une bonne dizaine de fois et du tee shirt de Bill, qui sentait vachement bon, surtout en comparaison avec mon odeur à moi. Je proposai alors un bain de minuit pour nous rafraîchir.

« Sans moi ! dit Bill.
- Allez Bill, ce serait cool !
- Ouais mais j'ai pas de maillot, moi, Dit un Andréas gêné.
- On s'en fout, vous venez tous en calbar ! De toute façon il fera noir donc on verra rien... »

On finit par convaincre Bill de nous accompagner. Il était assez réticent au début mais on l'a fait boire et il a finit par accepter. Je sais, c'est malsain mais on n'avait pas vraiment le choix : on pouvait pas le laisser se morfondre tout seul dans la chambre...On emporta la bouteille de Vodka avec. J'allai vite chercher un débardeur dans ma chambre, pris le premier que j'avais sous la main et partit en l'enfilant. Pas de chance, c'était un blanc. Mais je me rassurai en me disant qu'on ne verrait rien et que j'avais peu de chance de rencontrer qui que ce soit dans le couloir à cette heure-ci. Je retrouvai les garçons déjà dans l'eau et me joignis vite à eux.

Bill et Tom essayèrent à plusieurs reprises de ma couler dans l'eau mais sans succès car je finissait toujours par leur donner un coup involontaire sur l'endroit sensible. Après avoir joué pendant une heure comme des gamins, on alla prendre un jacuzzi. Bill me demanda soudain :

« Est-ce que tu crois en l'amitié fille-garçon ?
- Bien sûre ! C'est un peu ce que j'ai avec Tom, non ?
- Oui mais il y a toujours une certaine ambiguïté, tu vois... Tu peux jamais vraiment savoir si c'est de l'amitié pure ou s'il n'y a pas une certaine attirance qui se cache là-dessous...
- Je vois ce que tu veux dire...Alors disons que pour être sûr de soi, on devrait toujours coucher au moins une fois avec son ami et comme ça on est fixé...
- Ca veut dire quoi, au juste ? Que tu serais capable de coucher avec Tom juste pour le savoir ?
- Bill, je serais capable de coucher avec n'importe qui du moment qu'il soit attirant...
- Moi qui commençait à t'apprécier, marmonna-t-il, soudain renfrogné.
- Mais ce n'est pas mon but. Je veux dire de « me faire » Tom...
- Oui c'est ça. Dit-il, énervé.
- On va se baigner ? Proposa alors Tom pour apaiser l'atmosphère qui était devenue presque palpable, étouffante. J'en ai marre de toutes ces bulles... »

Lorsque nous fûmes à nouveau dans l'eau, Tom me prit soudain par la taille et m'attira tout contre lui. Il pencha la tête jusque dans le creux de mon cou, ses lèvres frôlant ma peau, et murmura à mon oreille « Il paraît qu'on doit coucher ensemble pour savoir si on est de vrais amis.. » A vrai dire, je savais que ce n'était pas vraiment vrai. Ou du moins, pas aussi simple. Il y avait toujours une certaine ambigüité dans une relation entre deux sexes opposés, et j'étais bien placée pour le savoir. J'avais juste dit ça pour provoquer Tom, voir sa réaction. Et je dois dire qu'elle me plaisait assez bien...

Il m'embrassait le long du con, de longs baisers sensuels. D'un geste habile et rapide, il me retourna pour que me retrouve face à lui. Sa bouche se rapprocha alors dangereusement de la mienne. Je me retirai alors de son étreinte doucement et lui dit « Il paraît, oui. ». Je lui lançai alors mon plus beau sourire et rejoignis les deux autres sous l'½il attentif de mon futur amant.

Nous restâmes encore quelques minutes à barboter dans l'eau avant d'en avoir marre. Je sentais le regard de Tom posé sur moi comme celui de son frère, mais je m'efforçais de ne pas les croiser, prétextant une conversation passionnante avec leur ami. Nous finîmes par ressortir, piquâmes quelques serviettes bien moelleuses, moi empêchant Tom de m'essuyer avec la mienne. Vieux coup trop classique pour moi. Je me retrouvai à marcher dans le couloir à côté de Tom, par automatisme. Au bout d'un moment, il se pencha vers moi et me chuchotai à l'oreille:

« Je t'ai déjà que tu étais magnifique dans cette tenue ? »

Je remarquai à cet instant que j'étais toujours en culotte et débardeur qui était devenu, en l'occurrence, transparent. Je rosis quelque peu en le constatant mais tentai de ne rien laisser paraître de ma gêne...

« Non, répondis-je de ma voix la plus sexy, mais tu peux le répéter autant de fois que tu veux... ajoutai-je avec un sourire charmeur.
- Tu es magnifique, répéta-t-il non sans son sourire en coin charmeur, me regardant droit dans les yeux, d'un regard langoureux à faire fondre un esquimau.
- Mmh et tu crois que ce sont des choses qui se disent, entre amis?
- Bien sûre que oui, les amis sont là pour être sincères l'un envers l'autre...
- Décidemment, tu me couvres d'éloges ce soir...Qu'est- ce qui te prend ?
- C'est juste que d'te voir dans cette tenue...Ca m'rend fou...! »

A peine rentrés dans ma propre chambre, Tom me plaqua contre le mur. Il approcha une fois de plus son visage du mien en disant « Tu me rends fou, Alex.. ». Puis, doucement, il commença à frôler mes lèvres du bout des siennes. Il me regardait droit dans les yeux, d'un regard intense, ampli de désir...N'y tenant plus, je m'emparai de ses lèvres que j'embrassai avec passion. Il répondit immédiatement à mon baiser. On ne m'avait jamais embrassé de cette manière, sûrement parce que je n'avais eu jusqu'à présent uniquement des relations basées sur le sexe, sans jamais vraiment connaître la personne.

Il ferma d'un coup de pied la porte et m'amena, tout en continuant à m'embrasser jusqu'au lit douillet qui nous attendait d'un air espiègle, et me déposa délicatement dessus. Il s'arrêta un instant, recula son visage de quelques centimètres en dégageant une mèche rebelle de mon visage et susurra : " Tu es vraiment magnifique!". Je lui souris et l'attira vers moi, l'embrassant de plus belle.

Il me caressait partout où il le pouvait, mon ventre, mon cou, mes cuisses...et je faisais de même. Il passait sa main sous mon débardeur, montant chaque fois un peu plus haut, je sentais mon corps frémir sous ses caresses. J'adorais lui caresser le torse, il était parfait: ni trop gros, ni trop maigre, ni trop musclé, ni trop peu. Il était un peu bronzé.

Il finit par m'enlever mon débardeur et ma culotte, et je lui débarrassai de son caleçon. Je vous épargne les détails de la suite, je ne saurais mettre des mots sur ce qu'il s'était passé. Je peux juste vous dire que c'était vraiment, vraiment bien, et que Cela faisait longtemps que je n'avais pas passé une aussi bonne nuit. Nous nous endormîmes dans les bras l'un de l'autre, repensant à cette nuit que nous venions de passer.



Nous nous réveillâmes relativement tôt le lendemain, dans une ambiance pour le moins bizarre. Une sorte de gêne s'était installée. Nous savions tous les deux d'où elle provenait, nous n'avions aucune idée du comment la supprimer. Je finis par m'enfermer dans la salle de bain, l'évitant. Je n'osais pas le regarder en face lorsque nous descendîmes rejoindre les autres pour le petit déjeuner. Bill était, comme à son habitude, d'une humeur de chien.

« Désolée de vous avoir laissé dans le vent, hier soir, dis-je avant de m'attabler.
- Oh ! y'a pas de problème ! » Dit Bill un sourire hypocrite sur le visage. Son regard, quant à lui, était dur et froid. Il me regardait avec mépris, ayant presque une grimace de dégoût sur le visage.
« Avec Tom, on a l'habitude. » ajouta-t-il en insistant bien sur le dernier mot.

Tom échangea un regard avec son frère qui haussa le sourcil, avant de prétexter une envie pressante et de quitter la table le plus vite qu'il put, bientôt suivi par son fidèle ami. J'essayais de converser avec Bill qui semblait loin de s'intéresser à ce que je disais, trop occupé à tartiner son toast.

« Vous avez passé une bonne soirée ? Vous avez fait quoi ? me demanda soudain Bill, d'un ton mielleux qui ne lui correspondait absolument pas.
- Oh ! Rien de spécial. » Répondis-je bêtement.

Je ne sais pas ce qui m'avait pris de lui mentir. Les mots étaient sortis tout seul, sans que je ne leur en donne l'autorisation, formulant un mensonge que Bill détecterait sans problème. N'était-il pas le jumeau de Tom ? Ils pouvaient se comprendre en un regard, un geste.

« Alors pour toi, coucher avec quelqu'un, c'est rien de spécial ? M'prends pas pour un con, Alex, je sais reconnaître quand Tom couche avec une fille ou non.
- Ce...C'était bizarre, ce matin. » Dis-je honnêtement, la tête baissée par la gêne. Lui, par contre, me regardait fixement, sans ciller, un air d'ironie sur le visage.

« Ah, vraiment ? dit Bill. Tu m'étonnes ! Tu veux que j'te dise pourquoi c'était bizarre ce matin ? Parce que Tom, il en a rien à foutre de toi. Tout c'qu'il voulait, c'était de te baiser, et maintenant qu'il a eu ce qu'il voulait, tu peux aller voir ailleurs. Oh ! et tu veux que j'te dise pourquoi cet enfoiré s'est enfui aux chiottes ? Ajouta-t-il sans attendre ma réponse. Parce qu'il n'a même pas le cran de te bacquer lui-même et c'est moi qui me ramasse le sale boulot. Alors maintenant que c'est fait, tu peux bouger ton p'tit cul de poufiasse de notre table et arrêter de nous faire chier. »

J'étais sous le choc, abasourdie, estomaquée, incapable de bouger. Jamais on ne m'avait parlé comme ça, personne ne s'était jamais permis d'être aussi dur et froid avec moi. Même si le ton de Bill était bourré d'hypocrisie, qu'il avait parlé d'une manière qui se voulait gentille histoire de m'enfoncer un peu plus, il recelait de méchanceté, voire de haine. Pourquoi ? Je n'en savais strictement rien.

« Tu comprends pas l'Allemand, ou il faut que je t'amène un traducteur ? »

Je n'écoutais déjà plus ce qu'il me disait, envahie par de noires souvenirs que j'avais voulu jusqu'à présent oublier. Pourquoi, pourquoi maintenant ? Pourquoi ici ? Je me levai lentement, sentant les larmes me monter aux yeux. Non, ne pleures pas, pas pleurer. Reste digne, la tête haute. Personne ne doit voir tes larmes, personne n'a le droit de le voir. J'aperçus Tom sortir des toilettes et s'approcher de nous. Il me lança un regard interrogateur. Qu'est-ce que tu fais encore là ? Je pris un croissant sur la table, saluai le plus naturellement possible Bill et quittai la pièce le plus rapidement possible, m'enfermant dans ma chambre.


Je ne saurais dire où était passé le croissant, ni même comment j'étais parvenue jusqu'à ma chambre sans me tromper. Tout ce que je savais, c'était que j'étais désormais accoudée à la fenêtre, à perdre mes yeux dans le vide. Je n'avais pas mal. Juste un peu choquée. Je ne pleurais pas. Je ne savais plus verser de larme, l'organisme ne fonctionnait plus depuis trop longtemps. Puis il n'y avait pas de quoi. Je venais juste de me faire remballer pour la première fois.



Rien que ça.

Quelqu'un toquait à la porte. Tom peut-être ? Devais-je ouvrir la porte et lui pardonner pour pouvoir à nouveau me blottir dans ses bras où devais-je l'ignorer ? L'ignorer. Restes digne, Restes digne.

« Alexia ? » dit la voix familière de Sébastian, mon frère.Qu'est-ce que je pouvais être stupide !
« Je ne te dérange pas ? me demanda-t-il dès que je lui ouvris la porte.
- Pas le moins du monde. » Comprendra-t-il que j'ironisais ?

« Tant mieux. » répondit-il avec un apparent soulagement. Non, il n'était pas assez perspicace pour comprendre. « Euh...Papa a téléphoné, s'avança-t-il maladroitement.
- Cool.
- Ronaldo est arrivé ce matin.
- J'irais le voir.
- Bien.
- Bien.
- Je...Passe une bonne soirée.
- Pareillement. »

Il n'eut pas le temps de m'attendre, il avait déjà quitté la pièce en catimini. Rejoindre Kate ? Probablement. Elle se ravie d'apprendre ce qu'il s'est passé avec les gosses allemands. Alexia, la célèbre Alexia larguée par un gamin de 17 ans à peine. La honte ! Je crois que je ne le supporterais pas.

Ronaldo était supra trognon avec moi. Presque pas d'histoire, un regard doux, et une promenade agréable. J'eus par contre la malchance de tomber sur David dans le hall d'hôtel. Quelle idée d'être descendus dans le même endroit ! Il faudra d'ailleurs que j'en touche un mot à Sébastian, il doit bien avoir d'autres hôtels dans ce pays de merde.

Il m'invitait une seconde fois à une de ses soirées, me suppliant du regard. Oh non, oh non, comme une bêtasse que j'étais, je lui avais dit que je n'avais rien de prévu.

« Alors t'es OBLIGEE de venir.
- Bien sûre ! Ce s'rait avec joie. » Quoi ? C'est moi qui disais ça ? D'un autre côté, si je refusais de me présenter, il se douterait de quelque chose. D'ordinaire, je ne manquais pas une occasion de sortir. Trouve un prétexte, vite ! Trop tard, il venait d'entrer dans l'ascenseur. Bah, à quoi ça sert de me prendre la tête ? Je ne voulais pas Les voir, on ne se verrait pas. J'aurais qu'à passer cinq minutes pour la forme, ou même ne pas venir du tout, on ne remarquerait pas mon absence.

« Qu'est-ce que tu fais encore là ? » me demanda Sébastian dès que je lui eu ouvert la porte. Il la frappait comme un dingue depuis dix bonnes minutes, j'étais forcée de lui ouvrir.

« Je me prépare, comme tu vois. » mentis-je en m'emparant du premier tube de mascara qui me tomba sous la main. Je n'avais, bien entendu, nullement l'intention de me rendre à cette soirée. Je jetai un rapide coup d'½il au réveil posé sur la table de nuit. 0 :32. A cette heure-là, la vraie fête venait à peine d'être entamée. Je n'entendais rien de ce qu'il se passait en bas, juste la musique assourdie par les murs de l'hôtel.

Mon frère me regardait tandis que je me maquillais devant le miroir de la salle de bain. Mes mains commençaient à trembler, et j'étais tendue. Il le savait, il le sentait. De la sueur froide coulaient le long de mon dos. J'essuyai mon front ainsi que mon nez d'un geste rapide qui se voulait discret. Le bâtonnet à mascara glissa soudain, échappant à mon contrôle et vint se lover dans mon ½il, provoquant chez moi un cri de douleur. Je réparai les dégâts du mieux que je pouvais, mais maintenant, mes yeux versaient quelques larmes et mon nez coulait. Reniflements. Je ne le supportais, ni son regard posé sur moi, ni cette tension grandissant de plus en plus à moi. Je cherchai dans mon sac, puis dans ma trousse de toilette, puis dans tous les armoires présentes dans la pièce de quoi me calmer. En vain. Ma tête me tournait, et je commençais à avoir des nausées. Faites que tout cela cesse ! Une bouffée de chaleur m'obligea à me laisser tomber sur le lit. C'est à ce moment là que Sébastian se décida à prendre la parole :

« C'est ça, que tu cherches ? » demanda-t-il en brandissant la boîte de médicament. « Je pensais que tu étais guérie ... » ajouta-t-il en ramenant mon bien à lui, m'empêchant de les prendre. Il les glissa au contraire dans sa poche, attendant que je dise quelque chose.

« Je le suis.
- Alors pourquoi t'es en manque ?
- Je...commençai-je.
- Je ne dirai rien à Papa. » Soulagement. « A une seule condition, ajouta-t-il.
- Laquelle ? Réussis-je à articuler, non sans difficultés.
- Que tu acceptes ce que David va te demander.
- Quoi ? M'impatientai-je.
- Il n'y a qu'une façon de la savoir. » Conclut-il, un sourire triomphant aux lèvres, en quittant la pièce avec les médicaments. L'enfoiré ! Plus d'échappatoire, maintenant. Je ne survivrai pas une nuit sans mes médicaments. Pas la peine d'appeler Diana, je savais d'avance qu'il l'avait appelée. Ou qu'il était en train de le faire. Qu'est-ce que ce David de merde allait bien pouvoir me demander ?

Après avoir bu un bon nombre de verre d'eau bien fraîche pour me calmer ne serait-ce qu'un peu, je sortis de mon antre, à contrec½ur, plus tremblante que jamais. Sébastian me fit un clin d'½il lorsqu'il me vit pénétrer dans le salon. Je cherchai David du regard. Autant aller droit au but, je n'avais pas que ça à faire. Il était en train de discuter avec un homme d'un certain âge, entouré de Bill, et Tom. Chiasse ! Aucune envie de les voir, ces deux-là. Je fis signe à mon cher grand frère que j'allais sur la terrasse, et que je les attendais.

Je sortis mon paquet de cigarette qui allait m'aider à attendre, m'assis sur un des fauteuils, et regardai les étoiles.

« Vous n'auriez pas du feu ? » me demanda soudain une voix douce et claire venant de derrière. Pas besoin de le voir pour le reconnaître, de toute façon.

« Parce que tu fumes, maintenant ? dis-je en lui tendant mon briquet.
- Comme tu vois. » répondit-il en me rendant mon briquet.

Il s'assit alors sur le siège à côté du mien, allongeant ses longues jambes sur celui-ci. Ni l'un ni l'autre ne parlait. Nous ne ressentions pas le besoin, encore moins l'envie. J'arrachai un instant mon regard de l'immensité du ciel pour les poser sur lui, scrutant la moindre parcelle de son visage. Ses traits semblaient parfaits, comme ceux de Tom. Mêmes yeux bruns légèrement bridés, sauf que les siens étaient soigneusement maquillés de noir, ou d'une couleur foncé que je n'aurait pu distinguer dans le noir. De longs cheveux noirs aux quelques mèches blanches encadraient un visage fin. Il avait un piercing à l'arcade, et une bouche à tomber. Il avait en fait le visage d'un ange mais il était maquillé comme le diable. Paradoxe qui me plaisait malgré moi. Ses yeux brillant à la lueur rouge de la cigarette qu'il portait à sa bouche me surprirent.

« David m'a fait écouter ton single.
- Le con.
- La chanson est à chier, mais tu as une jolie voix. » Affirma-t-il.

Il avait trop raison. J'avais douze ou treize ans à l'époque, et cherchais une autre façon de me faire remarquer, en plus de celles que j'utilisais déjà. C'est comme ça que j'en étais arrivé à chanter, même si ce n'était pas ce qui m'intéressait le plus. En temps général, je ne jouais que pour moi, et mon plaisir, rien de plus. Au grand soulagement de mon père et de Diana et sa nouvelle assistance qui devaient superviser le tout, j'avais fini par abandonner l'idée. Mais le single était bel et bien là, en guise de souvenir.

« Bonsoir ! » lança soudain une voix joyeuse. David. Enfin ! J'étais en train de croire qu'il ne viendrait jamais, et là, le manque commençait à sérieusement se faire sentir. « Alors, jeune fille, ton frère m'a dit que tu acceptais notre nouveau projet ! » dit David. Bill ricana. Je ne comprenais pas.

« Ce serait avec joie, si seulement je savais en quoi il consistait... »

Oui, de quel projet ils parlaient ? Je n'avais encore jamais entendu parler d'un quelconque projet auparavant. Ben de ça. Non mais il était devenu complètement fou, ce David ! Il avait l'intention de m'intégrer dans le groupe pour enregistrer une chanson. Vous y croyez, vous ? Moi je n'en croyais pas mes oreilles. Je pensais d'abord qu'il avait forcé sur les stupéfiants, mais ce n'était pas son style. Et puis en observant attentivement ces yeux, je vis qu'ils étaient tout à fait normaux. Pas la moindre rougeur, ni quoique ce soit de compromettant. Non, il était bel et bien sérieux, et il tenait Vraiment à ce que j'enregistre une chanson avec Bill, et avec Tom. Il n'en était hors de question. Non mais pour qui il me prenait ? MOI ? Enregistrer un disque avec eux ? David semblait trouver ça normal, et même Bill y avait un peu mis du sien. L'alcool, sans doute.

Voilà comment je m'étais retrouvée embarquée dans un truc qui était loin de me plaire. Et si je demandais à Diana de m'apporter en cachette des médicaments ? De cette manière, je n'aurais pas à subir tout ça...

L'enfoiré. Mon cher frère, loin d'être stupide, avait téléphoné à l'avance à Diana pour lui interdire de m'acheter un quelconque médicament. Seul lui avait désormais le droit de m'en procurer.

Nous avions rendez-vous le lendemain matin à 9h00 pour parler de notre chanson. David m'avait donné la démo pour que j'aie un avant-goût, histoire de ne pas arriver en touriste. Je l'avais rapidement écouté avant d'aller me coucher. Pas mal, mais pas exceptionnel. Je tâcherai d'être plus discrète, la prochaine fois, quant aux substances que j'ingurgitais...

J'arrivai dans la chambre de David avec une demi-heure de retard, pour la forme. Il n'y avait que Bill et lui-même, déjà en grande conversation par rapport à ma collaboration avec le groupe. Le jeune chanteur semblait moyennement apprécier la chose, mais à vrai dire, son humeur me passait au-dessus de la tête.

« Alors alors ? » s'enquit David, dès que je fus assise, le plus loin possible de Bill.

Je feignis l'indifférence. Je devais déjà participer à ce projet nullissime, je n'allais tout de même pas en plus le couvrir d'éloges ! Heureusement pour moi, Gustav et Georg entrèrent dans la chambre, en même temps. Le quatrième membre du groupe ne tarderait pas à arriver selon son frère. Il fut décidé d'un commun accord que le morceau serait joué en acoustique.

« Je meurs, les gars, je meurs ! Gémit Tom dès qu'il eut passé la porte. Ils m'ont pompé tout mon sang, ces salops, j'ai plus rien ! Que dalle. J'vais m'évanouir dans la minute, là ! Bill, donnes-moi un peu d'ton sang ! Regardes, mon bras est en train d'mourir ! T'veux tout de même pas avoir la mort de mon bras sur la conscience, hein ?!
- Il a été faire une prise de sang, dit David à mon attention.
- Qu'est-ce que tu fous là, toi ? s'exclama soudain Tom sur un ton sec dès qu'il se rendit compte de ma présence.
- J'suis là pour la chanson.
- Quoi, ce n'était pas sérieux ?! Bill ! J'pensais qu'tu déconnais ?! Non, c'est pas sérieux ? Répéta-t-il, suppliant, à David.
- Bien sûre que si, alors vas prendre ta guitare et tais-toi. » Répondit David sur un ton sec.

Tom ne se donna pas la peine de protester. Il savait par expérience que quand son manager lui parlait ainsi, il fallait s'exécuter sans un mot. Il passa la matinée muet, ses yeux et ses mains rivés sur son instrument, à faire ce qu'on lui demandait sans donner son avis. Le résultat après une heure de dur labeur était potable. Avec un peu d'entraînement, nous pourrions arriver à quelque chose de bien...

Tom profita de la pause accordée par David pour sauter au coup de son manager.

« J'peux savoir pourquoi on a absolument besoin d'elle ? demanda-t-il énervé, en prononçant le dernier mot avec mépris.
- Parce que j'ai décidé qu'il en serait ainsi, et que tant que tu travailles avec moi, tu fais c'que j'te demande.
- Ca ne m'explique pas, insista le dreadeux.
- Tout simplement parce que grâce à elle, vous pourriez vous faire une nom aux Etats-Unis. Ca t'vas comme excuse ? »

Ca ne lui suffisait pas, mais il était bien obligé de s'en contenter, vu que David n'avait nullement l'intention d'en ajouter plus. A vrai dire, le manager faisait ça pour son ami. Il savait que si elle s'investissait dans un projet, se donnait à fond dans quelque chose, cela lui permettrait un peu d'oublier. De se reconstruire, et de se retrouver. C'est ce qu'il s'était passé pour lui, lorsqu'il avait rencontré les quatre jeunes garçons qui formaient les Tokio Hotel. Et aujourd'hui, il voulait donner cette chance à quelqu'un d'autre, en l'occurrence à la petite s½ur de son meilleur ami.

« Ca m'fait chier, bordel, ca m'tue ! jura soudain Tom en jetant sa précieuse guitare au sol.
- Mais qu'est-ce que t'as ?! S'énerva à son tour Georg qui ne semblait au courant de rien. Tu d'viens lourd, là !
- C'est juste que travailler avec elle, ça m'rend dingue ! cria Tom sans m'adresser le moindre regard, rabattant sa casquette sur lui-même comme pour masquer sa fureur.
- Je ne vois pas où est le problème. » Dis-je très calmement. J'étais restée très calme, en retrait et très coopérative depuis le tout début de la matinée, alors je ne voyais vraiment pas en quoi j'aurais pu le déranger. « Surtout de ton point de vue, ajoutai-je.
- Le problème ? S'emporta à nouveau Tom, en me regardant droit dans les yeux pour la première fois depuis qu'il était entré dans la pièce. C'est que tu n'es qu'une sale garce, et que je ne supporte pas ta présence !
- Une garce ? Je te signale que c'est toi qui t'es comporté comme un lâche dans l'affaire ! »

Tom allait me répondre mais Bill, qui jusque là avait assisté à la scène sans rien dire, intervint. Il tira son frère de force hors de la pièce pour qu'ils se parlent tous les deux. Je m'excusai auprès de Georg et Gustav, niant David. C'était à cause des manigances de lui et Seb que je me retrouvais là, qu'il assume les conséquences de ses actes.

Tom revint dix minutes plus tard sans son frère, l'air pensif. Il se laissa d'abord tomber comme une masse dans le fauteuil, volant quelques notes au vol à Georg qui avait posé sa guitare sur la table basse.

« Tom ? T'as fini, là, on peut commencer ?
- Eumhh...Alexia, je te dois des excuses...Je..Je suis vraiment désolé, j'ai tout remis sur ta faute aujourd'hui alors que c'est moi qui me suis comporté comme un salop...Bill vient un peu beaucoup de me faire la morale là... *rire jaune* Mais je le méritais largement...Tu vois, après la nuit qu'on a passé, c'était géniale, hein, je dis pas le contraire! Mais on est pas fait pour sortir ensemble...On avait juste une attirance physique et puis avec l'alcool et tout. Ben voilà, quoiqu'il en soit, le lendemain j'ai un peu paniqué..Et puis come un con j'ai demandé à Bill -enfin demandé, on se comprend quoi.- de te bacquer à ma place..J'ai été lâche alors que je suis sûre qu'il suffisait qu'on discute et que tout s'arrangerait...et puis Bill a vu dans quel état j'étais, alors il a organisé tout ça..Enfin parce que t'as blindé de talent aussi, tu le sais, surtout pour ça d'ailleurs mais enfin soit, il s'est dit que ce serait l'occasion idéale de se réconcilier...et donc voilà...Je...je suis désolé, vraiment...ajouta-t-il avec un regard de chien battu.
- Pas autant que moi.
- Et tu crois que tu pourras me pardonner ? »

Pour toute réponse, je me jetai dans ses bras en riant. Bien sûre que je pouvais lui pardonner. Tout ce qu'il voulait même, si je pouvais encore rester avec lui. Je sais ce que vous vous disez, "elle cède facilement, elle." Je crois pas, non. C'est juste que ce que je ressentais pour Tom, c'était tellement fort et tellement bien, cette amitié, que je ça ne pouvait être que réciproque. Et il avait l'air tellement sincère dans ses explications, il avait tellement l'air de vouloir tout effacer.

« Waouw! s'exclama Tom.
- Quoi?
- C'est dingue comme ça fait du bien de pouvoir à nouveau te prendre dans les bras...J'suis trop heureux ! »

Bill entra à cet instant dans la pièce. Lorsque je le vis je lui sautai également dessus, le pris un instant dans les bras puis lui donnai un petit bisous sur la joue suivis d'un petit " Merci, je t'adore ! " mais il me repoussa gentiment.

« Bon les gars, je vais shoppiner ! Annonça-t-il. Quelqu'un a besoin de quelque chose? »

Personne ne prit la peine de répondre. J'avais bien besoin de quelques trucs, mais je ne préférais pas lui demander, de peur de le faire chier. Il me donnait toujours l'air d'en avoir marre de moi déjà. Là, maintenant, aussi malgré sa promesse. Tant pis, j'allais pas me faire chier pour un type comme lui.

« Je reviens pour 18 heures ! »

Cette fois, c'est à quatre qu'on travailla la musique : Tom, Georg, Gustav et moi. Je passais un de ces moments parfaits, qui ne devrait jamais cesser tellement il est excellent. Tom avait retrouvé ses sourires qu'il nous balançait à tout bout de champs. C'était cool de travailler avec un gars comme lui. On sentait tout de suite qu'il aimait la musique, qu'il adorait en jouer. Il se donnait à font dans ce qu'il faisait. Tout son énergie, tout son être.

Bill revint vers 18heures, comme prévu. On n'avait pas vu le temps passés, et la fatigue de la bosse nous surprit d'un coup. Le beau brun s'affala à son tour dans un canapé et lâcha un soupir de soulagement :

« Le shopping est éprouvant de nos jours.
- Fans hystériques ? Comprit Tom.
- Oui, répondit Bill en lançant à son frère un tube de crème. J'ai pensé que t'en aurais besoin. Et ça, ajouta-t-il à mon adresse, c'est pour toi. »

J'attrapai le paquet qu'il m'avait quasi jeté à la gueule au vol, me demandant ce qu'il pouvait bien être. C'était une petite boite rectangulaire et allongée, emballée dans un Paris XL. Je pris bien soin de prendre mon temps. J'adorais défaire les cadeaux, faire durer le suspense. Mon frère me disait toujours que j'étais stupide, que je devrais être habituée à force. Moi je m'obstinais à savourer ces moments.

Il renfermait un tube de mascara. Ha ha ha, Bill, on se marre. C'est qu'il riait vraiment, le petiot. Mort de rire, qu'il était. Attendez que je vous explique :

« Je me suis dit, réussit à dire Bill entre deux gloussements, avec les tonnes de mascara que tu mets tous les jours que tu ne devais plus en avoir beaucoup.
- Et c'est toi qui me dis ça ? J'te signale, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, que tes yeux sont plus maquillés qu'une pute de bas étage !
- Ooh ne soit pas vexée, c'était de l'humour. HUMOUR, tu connais ?
- J'trouve ça juste gonflé de la part d'un gars qui se maquille plus que moi... »

Tom, quant à lui, alors qu'il se serait délecté de cette scène pour le moins hilarante, était complètement absorbé par la notice du tube de crème. Ses sourcils étaient froncés, signe de concentration. Je m'approchai pour voir de quoi il s'agissait. C'était tout simplement de la crème pour les dreads. Avec le temps, certaines se défont, où les cheveux repoussent. Trop mignon comment Bill se soucie des problèmes de son frère, les tout bêtes comme ses cheveux !

Ceci n'empêche pas cela, il a beau être attentioné, il n'en a pas moins un humour de merde.

L'homme aux dreads ôta sa casquette ainsi que son espèce de foulard et s'empara d'une de ses fameuse tentacule et se mit à l'enduire de crème. Les premières étaient faciles, derrière cela se compliquait.

« Tu as du mal Tomichou ? Me moquai-je gentiment.
- Humph, aide-moi au lieu dt' foutre de moi ! »

En bonne fille que j'étais, je m'exécutai sans broncher, m'immiscant comme je le pouvais entre lui et le dossier du fauteuil. Je pris un des cacas (dixit Georg) en main mais il se mettait déjà à gesticuler.

« Deux minutes j'vais me laver les mains.
Deux minutes j'mets la PS histoire d'avoir de quoi faire en attendant. »

Il s'installa alors confortablement dans le canapé, n'hésitant pas à m'écraser pour être à l'aise. Cela prit plus de temps que je ne pensais. Tom n'arrêtait pas de bouger, expulsant la crème un peu partout dans la pièce mais en particulier sur ma pauvre personne. La lassitude commençait à se faire sérieusement sentir :

« J'ai faiimmm ! Me plaignis-je. Bill me lança un regard noir. Les deux autres ne cillèrent même pas. Tom renchérit :
- Ouais moi aussi...Bill tu peux me passer un paquet de chips, steup? Danke ! Roooh c'est le plus beau jour de ma vie. Non seulement j'te retrouve, Alex, mais en plus t'es en train de me tripoter les dreads alors que moi je suis là, peinard, avec un paquet de chips à la main, le coca que Bill va gentiment m'apporter en tant que bon frère jumeau dans l'autre main, de la bonne musique en fond pour l'ambiance et un bon jeu de Playstation qui m'attends...Le pied...Manque plus que des belles blondes qui me font un petit streap-tease, et là, je suis au summum du paradis ! »

Dès que les mots "belles blondes" et "streep-tease" furent prononcés, tous les regards se tournèrent bizarrement vers moi.

« Oh ! Tom, même si j'avais voulu, je n'aurais pu accomplir ton rêve. J'suis brune.
- Peu importe, ta canonitude l'emporte sur ta couleur de cheveux. »

Je finis rapidement ses cheveux, travail de temps en temps interrompu pour cause d'empiffrage de chips sous les bons soins de Tom qui me les introduisait dans la bouche gentiment. J'étais bien forcée, les chips à la crème, ça ne me tentait pas trop. Je me serais bien passée de l'aide de Tom, si j'avais pu.

« On sort ce soir ? !
- Pas avec c'truc dans les cheveux, protesta sans grande conviction Tom.
- J'sors pas sans toi, Tomichou, tu l'sais bien
- Humph ! Ca change rien au fait que j'ai les ch'veux tout dégueulasses..
- Genre ça t'dérange !
- Tu m'donnes quoi on échange de ma présence ?
- Je te promets de...euh...de...
- De faire c'que j'veux pour la soirée ? Proposa Tom déjà excité à cette idée.
- Si tu m'promets d'être un amour.
- Comme si j'allais t'faire un sale coup. » dit-il, un sourire malicieux aux lèvres.

Sur ce, je remontai dans ma chambre me préparer. je dînais avec mon frère ce soir et il fallait que je sois présentable. On allait tout bêtement au restaurant de l'hôtel, pour plus de facilités. Ce n'était pas le meilleur, mais les plats y étaient mangeables.

Excepté Kate qui disputait pathétiquement mon pauvre frère qui s'en foutait royalement, trop occupé à la contemplation d'une belle brune aux lèvres pulpeuses et aux formes généreuses à la table voisine, le repas se passa sans encombre. Moi, j'étais trop heureuse pour foutre la merde dans la vie de cette chère blonde qui se croyait déjà ma belle-soeur. Je voyais limite tout en rose. Même Kate. Il faut dire qu'avec elle la chose n'était pas bien difficile, elle était le prototype même de la poupée Barbie.

Sébastiant détournait de temps en temps le regard de la jeune femme pour échanger quelques mots. Le reste du temps, il se contentait d'hocher la tête en guise de réponse à Kate qui n'en pouvait plus. Je me délectais de chaque minutes qui passait tellement c'était merveilleusement drôle : Cela sentait la rupture à plein nez ce qui avait le don d'accroître mon bonheur. J'étais ravie ravie ravie. Je vois, je vais, je viens je suis raviie. Deux I, plus de bonheur. Aaaah la vie est merveilleuuuuuse.

Si on ne prend pas en compte l'humour dégradant de Bill.

Casses-toi, pars, pauvre merde, de mon esprit. N'empêche, il a un rire à croquer.

Non, je n'étais pas cruelle d'aimer ce moment. Juste normale. Toute personne normalement constituée aurait été ravie comme moi de voir son frère se séparer d'une fille comme Kate. Croyez-moi.

« Tu fais quelque chose de spécial ce soir ? Me demanda Seb' après avoir échangé un long regard langoureux à sa dulcinée du moment.
- Mais je reste avec toi, mon coeur ! » Répondit à ma place la blonde.

Pathétique. Mais vraiment.

« J'vais dans une boîte muichienne, c'peut être cool. » Répondis-je bêtement.

Tom m'attendait devant la porte de ma chamrbre lorsque j'eus fini de manger. Il jouait avec une des baguettes de Gustav. Il entre dans la pièce à ma suite et se dirigea immédiatement vers ma garde-robe, l'ouvrit et marmonna des mots dont je pus à peine en saisir le sens : "Dingue le nombre de fringue que t'as !" Il farfouilla alors quelques temps et en ressortit un mini short en jeans suivi d'un débardeur décolleté et des cuissardes en cuir. Je faillis m'étrangler en voyant la tenue qu'il venait de me choisir avec soin.

« Taddaaa ! Annonça Tom en brandissant devant lui les habits d'un air triomphant.
- Et tu crois sérieusement que je vais mettre ça ?
- Ben ce n'est pas comme si t'avais le choix, répondit-il d'un air entendu. Je veux que tu sois sexy ce soir...Et puis, si t'as ces fringues avec toi, c'est que tu les aimes bien, non ?
- Bien sûre, je les adore, mais pas tous ensemble...Je peux être sexy sans pour autant ressembler à une petite de bas étage, ou à une des bimbos sans intérêts tout droit tirée d'un clip de RNB... Laisses-moi choisir moi-même ma tenue et je te promets d'être sexy !
- Mets au moins le short, je l'adore !
- Si tu y tiens... »

Je mis donc le petit short comme prévu accompagné d'un haut ample et gris clair sans grand artifice mais joli sur moi. Une ceinture assez large sur la taille pour donner de la forme et en guise de chaussures, j'enfilai des simples talons. Je mis le strict nécessaire au rayon maquillage et me fis une queue de cheval "sauvageonne", des mèches partant un peu dans tous les sens. Pour terminer, j'enfilai des lunettes Dior classiques et pris le premier sac Valentino noir qui me tombait sous la main. Simple, classe, sexy. Mes jambes étaient à tomber.

Tom enfila à son tour ses lunettes noires pour qu'on ne le reconnaisse pas même si cela ne servait strictement à rien à cause de sa coiffure et de son style. Bill et les deux autres nous attendaient dans le hall, bien protégés par leurs propres vigiles. Le grand brun, que je ne préciserai pas par fierté, était vêtu d'un tee-shirt noir avec des motifs à la rock, un jeans déchiré en plusieurs endroits comme il les aimait et de ses multiples bijoux. Il avait à peine donné du volume à ses cheveux. Je lui glissai que je le préférais comme cela mais il fit mine de m'ignorer. J'eus tout de même le temps d'apercevoir un petit sourire satisfait avant qu'il ne détourne la tête. Je me retins tout de même de lui dire qu'il était sexy à mon goût. Qu'il était à mon goût tout court, en fait.

Non mais qu'est-ce qui me prend d'écrire ça, moi ? Je m'en foutais bien, de Bill...

J'étais dans le voiture de Bill et Tom, ce qui était logique vu que la seule personne avec qui je m'entendais relativement bien était ce dernier. Non pas que je n'appréciais pas Georg, ou Gustav, mais il n'y avait pas ce lien bizarre que j'avais noué malgré moi avec le dreadeux.

« Ca ne vous emmerde pas, les fans complètement hystéros ? Demandai-je pour meubler la conversation qui, jusque là, n'était pas fort passionnante. Pour ne pas dire pas du tout, vu qu'elle n'était pas.
- Naaan, moi j'aime bien les fans, répondit Tom. Il y en a des trop trippantes, j'te jure ! Et parmi elle, il y en a toujours des jolies...Et là, c'est l'pied. »

Heureusement, nous étions arrivés à destination, et donc plus forcés d'approfondir la conversation. La musique n'était pas trop mal, pour des Allemands, et l'ambiance était sympa. Rien de plus. Une table nous avait été réservée, et je m'y installai sans demander mon reste. Je n'avais pas envie de danser avant d'avoir bu quelque chose.

« Où sont les serveurs ? Demandai-je à Tom assis à ma droite.
- Quels serveurs ?
- Les serveurs personnels. Quoi, on n'a pas de serveurs personnels ? Demandai-je, effarée, en voyant l'expression incrédule de Tom.
- Non, pas de serveurs personnels...Par contre, il y a un joli bar à ta droite. »

C'est quoi cet endroit de ringards ?! J'étais estomaquée. Dans toute boîte normalement constituée, nous avions quelqu'un à notre disposition pour nous servir à boire. Tout de même ! J'envoyai Ben me prendre de quoi me rassasier. Je dansai ensuite une vingtaine de minutes avec quelques gars pas mal dans leur genre. Bill était resté tout ce temps à table, et discutait avec une petite blonde, fac-similé de pouffe en miniature, au regard de bovin et au gloussement insupportable. Mais que faisait un type comme Bill avec une fille de ce genre ?

« Tu ne danses pas ? Demandai-je à Bill dès qu'un blanc se fut installé entre les deux jeunes gens.
- Tu ne vois pas que j'suis occupé, là ? » Répondit-il.

Je ne pris pas la peine de répondre, blessée dans mon orgueil. Non mais pour qui il se prenait, de me parler ainsi ? Je me relevai pour retourner sur la piste, trop irritée pour continuer à supporter les caquètements de l'autre blondasse. Et ce con qui se prenait pour je-ne-sais-qui à me parler agressivement.

« Tu ne sais pas où est Tom ? me demanda soudain quelqu'un, m'éloignant de mon partenaire du moment.
- Bill tu vois pas que j'suis occupée ?!
- Non, il faut absolument qu'on y aille, insista-t-il.
- Et j'peux savoir pourquoi ?
- Mon ex est là, j'suis incapable de l'affronter.
- Oh ! Pauvre chéri. » Dis-je d'un ton exagérément mielleux. Mais avant que je n'ai le temps de réagir, il me prit dans les bras et m'embrassa de force. Je m'attendais à tout, sauf à ça, surtout venant de lui. Prise de court, je le repoussais violemment et le giflai le plus fort que je pus. Il voulut répliquer, mais j'étais déjà partie.

Je rentrai dans une des voitures, ordonnant à un des mes gardes du corps de prévenir les autres de mon départ. Ils arrivèrent, dix minutes plus tard, et rentrèrent sans un mot dans la voiture. Cette fois, je m'étais retrouvée avec Bill et Georg, le dreadeux s'étant trouvé une compagnie pour la nuit.

« N'te fais pas d'illusion pour le baiser, c'était juste pour faire fuir l'autre folle.
- Je n'en doute pas. » Non mais quel con !

Ce fut les seules paroles que nous avions réussi à échanger dans la voiture. Bill avait l'air perdu dans ses pensées et ne prononçait pas un mot, et Georg se comportait comme un Georg digne de ce nom. En gros, viril, et qui ne pète pas un mot. Quand on le regardait bien, il avait des petits airs de Ben. Un gorille à l'air dur, mais pas fondamentalement méchant. Il était même sympathique, à ses heures. Le reste du temps, il restait glacial comme son rôle de garde du corps le lui obligeait.

Je ne pris pas la peine de saluer les jumeaux avant de me coucher. Je me mis à mes aises dès que j'entrai dans mes appartements, et allai me fumer une cigarette sur le balcon sous les mélodies envoûtantes de Muse. J'aurais aimé me perdre dans les étoiles, mais les lumières de la ville m'empêchaient de les voir, et la seule que je parvenais à distinguer était la lune, trop grosse pour moi. Triste ville.

Un tapotement à la porte me sortit de ma contemplation, si on peut appeler cela ainsi. Je mis quelques temps à réagir, déposai négligemment ma cigarette dans un cendrier improvisé qui était en vérité une feuille tombée par mégarde sur la rambarde et allai jusqu'à la porte.

Bill se tenait sur le pas de la porte, emmitouflé dans sa couverture. Il regardait d'un air penaud ses pieds, trop gêné par ce qu'il comptait me demander. Apparemment, Tom et sa nouvelle copine étaient trop bruyants à son goût. J'aurais très bien pu lui claquer la porte au nez avant qu'il ne s'introduise de force dans ma chambre, mais il était trop mignon et se tortillait sur lui-même en attendant ma réponse.

Je lui céder le canapé du salon, il rechigna à peine.

« Si t'as un problème, j'suis à côté. » Non mais qu'est-ce qu'il me prenait de dire ça ? Je devenais presque gentille. Non pas que j'étais une garce, avant, mais je n'aurais jamais fait ce genre de concession.

« Mis à part une probable rencontre avec un string, ce qui risque fort bien de me perturber, je crois que ça ira. » répondit-il avec un sourire entendu.

Peut-être qu'il n'était pas si méchant que ça, au fond.

Erreur, Bill était fondamentalement insupportable. Non seulement il squattait ma chambre, mais en plus il avait profité de mon manque de prudence pour se faufiler dans mon lit sans ma permission. Il dormait encore profondément lorsque je m'étais réveillée. Je sortis du lit, et tentai tant bien que mal de le sortir du sommeil.

« Un string a fait des siennes, apparemment, dis-je.
- Ooh ! Bordel, fous-moi la paix ! » S'exclama-t-il.

Qu'est-ce que je disais ?

« On mange ensemble ? » Vous douterez bien que cette demande venait de moi. Tom dormait encore, et je n'avais personne avec qui partager mon déjeuner. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il avait accepté. Non pas qu'il veuille faire pote-pote avec moi, mais qu'un pique-nique sur sa colline, ça ne se refusait pas.

Comme à chacun de mes passages dans un hôtel, j'allai faire un tour dans les cuisines tandis que l'abominable chanteur allait réveiller son frère. Ce fut un apprenti cuisinier qui me préparement gentiment notre repas.

Aucun de nous deux ne parlait, et c'était tant mieux. Je n'avais ni le courage, ni l'envie de monologuer avec un type pareil. Nous mangions en silence, apaisés par ce paysage, cet endroit, cet air frais. J'étais allongée sur la pelouse, les yeux fermés, savourant les rayons de soleil qui m'était offert, Bill avait le regard perdu dans un bourrelet du petit nuage. Il s'était incrusté quelques minutes plus tôt dans le ciel, se disant qu'une petite touche de blanc ne ferait pas de mal dans cette étendue de bleu à perte de vue.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda soudain Bill.
- De quoi tu parles ? Dis-je tout en gardant les yeux fermés.
- Je te demandais ce qu'il s'était passé pour que tu acceptes de chanter avec nous. »

Je me redressai alors sur mes coudes et l'observai. Il fixait toujours le nuage, sans un regard pour moi. C'est à peine s'il avait remarqué que j'avais bougé. Au moins, il n'était pas complètement stupide, il avait compris que mon frère avait dû utiliser le chantage pour m'avoir. Mais en quoi cela le regardait ? Croyait-il sérieusement que j'allais lui répondre ?

« Parce que j'en avais envie, dis-je sur un ton faussement enthousiaste.
- Bien sûre. »

Quelques minutes plus tard, je me retirais, l'abandonnant à sa foutue colline.

Il s'en fallut de peu pour que Tom me surprenne en train d'avaler mes médicaments. Cette matinée passée avec son frère était une idée complètement stupide. J'avais espéré, naïvement, que nous nous rapprochions un peu, ou du moins qu'il apprenne à m'accepter. Au lieu de ça, nous étions encore plus tendus en présence l'un de l'autre, à se lancer des regards assassins ou des piques à peine masquées.

« J'ai appris que toi et Bill étiez ensemble ce matin, s'avança Tom.
- Et alors ? Répondis-je sur un ton au bord de l'agressivité.
- Au fond, ça a été avec Bill ?
- Oui, comme d'habitude..
- Quoi, comme d'habitude ? Je vous ai vu hier, au Fuzz, et vous n'aviez pas vraiment l'air d'être "comme d'habitude" !
- Oh, ça !, piquant un fard, C'était juste pour faire fuir une ex de Bill..
- Mouais..Et tu manges encore avec ton frère ce soir ?
- Non, j'ai aucune envie de devoir supporter une fois de plus Kate...Et puis s'est sûrement cassé avec une fille à l'heure qu'il est.
- Quoi, elle est si conne que ça ?
- Qui, Kate ? C'est une plaie, je te jure. Une petite pouffe de merde sans intérêts.
- Mais elle est quand même vachement bien foutue.
-On s'en fout qu'elle soit bien fichue ou pas...Cette fille est née pour prouver que les blondes sont connes. Elle est aussi belle qu'elle est conne et influencable. Mais bon, c'est vrai qu'elle tombe pas comme ça dans les bras du premier venu
- Oui, c'est ça..Je suis sûre que je me la fais en 5 minutes même pas..
- On parie quoi?
- Mmh, qu'elle dormira avec toi
- Ok ! Je l'invite donc au Fuzz ce soir.
- Parfait ! Viens dans notre chambre dès que tu peux. »

Je savais déjà comment j'allais parvenir à gagner. Il suffisait que je lui fasse croire que Bill était le plus connu, le plus adulé et que tout le monde s'en foutait de Tom, et sa connerie l'empêchera de voir que c'est complètement faux. Elle essaiera donc de draguer Bill, mais en vain parce qu'elle ne l'intéressera sûrement pas.

J'allai donc voir à la chambre de mon frère. La porte était entre-ouverte, me donnant un aperçu du bordel régnant dans la chambre. Des tas de vêtements étaient éparpillés un peu partout dans la chambre, les bibelots étaient renversés dans la pièce et les tiroirs étaient branlants. Tout portait à croire que la rupture avait enfin eu lieu. J'entendis soudain sangloter. Je me dirigeai vers la source du bruit et découvris Kate effondrée dans la salle de bain. Je m'assis à côté d'elle en lui tendant des mouchoirs.

« - Alors, t'as eu ce que tu voulais, hein ?
- Oui. Mais je ne m'inquiétais pas, parce que je savais que j'allais de toute façon l'obtenir. Réveilles-toi, Kate, c'est pas le genre de Seb de se stabiliser avec une fille, encore plus avec quelqu'un comme toi.
- Mais il disait qu'il m'aimait, et moi je le croyais..et c'était réciproque. Qu'est-ce que j'ai pu être conne!
- Oh Kate! On est jeune et je pense qu'on en a encore pour quelques années avant de connaître l'amour..et je ne te parle pas de Sébastian, tu sais comment il est.. Alors, je t'en prie, sèches tes larmes, profites de ton séjour ici et amuses-toi ! J'veux même bien que tu viennes pieuter dans ma chambre..
- J'ai pas vraiment envie de rester ici, tu vois, et encore moins avec toi ! »

Respire, Alexia, respire. La violence ne résout rien. Et tu as besoin de Tom demain si tu veux aller shoppiner; il faut bien que quelqu'un porte les sacs et le pauvre Ben est sur le point de démissionner par ta faute...Un argument, vite !

« Tu pourrais au moins faire un effort...Tu sais, tu vas peut-être me prendre pour une folle, mais ça me fait de la peine de te voir comme ça, je peux pas m'empêcher de voir la petite Kate de nos Pyjamas-party, ma petite Kate d'avant...
- Ca me fait mal de dire ça..Mais c'est réciproque...
- Tiens, la deuxième clé de ma chambre. Rassembles tes affaires pendant que je fais de la place chez moi, et après on ira faire les magazins. »

J'étais devenue complètement folle! Non mais qu'est-ce qui m'avait pris d'inviter Kate ? J'allais devoir me la coltiner maintenant..L'horreur ! Je n'osais même pas imaginer. Tom avait intérêt à vite sortir avec elle pour pouvoir m'en débarasser !

Je rangeai quelque peu et trouvai au passage le tee-shirt que m'avait prêté Bill le jour où ils m'avaient gentillement jetée à l'eau. Souvenir, souvenir... Je le pliai soigneusement et le cachai ensuite sous mon oreiller, avec pour but de le mettre comme pyjama cette nuit. Je téléphonai ensuite chez Versace et Dolce & Gabbana, les magasins préférés de Kate, pour prévenir de notre visite. Ils ne pouvaient pas nous refuser l'entrée, on faisait partie de leurs meilleurs clients...On partit une heure plus tard; le temps que Kate se prépare. Elle n'était pas très loquace sans en être pour autant désagréable, me facilitant la tâche. Je lui parlai bien entendu de Bill et très très peu de Tom. Il accepta avec réticence de sortir ce soir-là, mais je parvins à la convaincre.

Lorsqu'on revint à l'hotel, je fus immédiatement interpellée par Gustav.

« Ah t'es là ! Ce fait une demi-heure qu'on te cherche ! Je te rappelle qu'on a une chanson à chanter pour dans trois jourss alors qu'on est toujours pas au point !
- Désolée, j'étais pas au courant qu'une répète avait lieu aujourd'hui... »

On travailla d'arrache pied durant deux heures plus ou moins. Notre chanson se mettait peu à peu en place, à notre plus grand plaisir. Les gars répètèrent également rapidement leurs chansons. Je tentais tant bien que mal de les accompagner avec la voix, mais ça partait en couille parce que je ne connaissais pas les paroles. La seule chanson passable était "Frei Im Freien Fall". Ce n'était pas ma préférée mais je m'éclatais trop en la chantant.

Une fois la répète terminée, j'allai parler à Tom. Il était occupé de parler avec Bill de je ne sais quoi. Je lui annonçai la venue de Kate, ce soir là, sur quoi il me répondit par une regard de défi. Il était persuadé de gagner, et j'allais tout faire pour l'en empêcher. Je proposai à Bill de m'accompagner, mais il refusa net. « Et puis on risque de rencontrer Claudia (l'ex hystérique NDLR) et ça m'enchante pas des masses.. »

J'avais beau le supplier, lui promettre toutes les choses possibles et imaginables, rien n'y faisait, Bill ne voulait pas céder. On alla donc à trois au Fuzz, et vous l'aurez deviné, je perdis mon pari. Bill n'avait même pas daigné pointer son nez et Tom embrassa Kate dès la seconde danse.

J'étais accoudée au bar, en train de commander une boisson quand je sentis une main se poser sur mes épaules et une présence s'asseoir sur le tabouret à côté du mien.
# Posté le mercredi 08 novembre 2006 10:47
Modifié le dimanche 13 juillet 2008 14:43

Troisième partie.

« T'as finis par venir, alors ? Je suis trop contente !, m'éxclamai-je.
-J'aimerais en dire autant mais...Tu sais que je déteste cet endroit..Mais comme je me faisais chier, et puis il y a le concours de la cage, ce soir, et je ne manquerai ça pour rien au monde !, dit Bill.
- Le concours de la cage ?
- Oui, c'est un truc débile et sans intérêt mais trop drôle à voir. C'est des filles qui montent dans une cage et celle qui danse le mieux gagne des boissons à volonté pour la soirée..
- Oh! Je meurs d'envie de voir ça... Alors, pas d'ex hystérique à l'horizon, ce soir ?
- Non, pas à ma connaissance. J'ai demandé à ce qu'obn leur interdise l'entrée..Ce qui était con de ma part, parce q'en y réfléchissant bien, je n'aurais plus de prétexte pour t'embrasser...
- Oh, et bien si tu as une forte envie de m'embrasser, tu n'auras qu'à me faire croire que tu en as apperçus une et le tour est joué..
- Mmmh, intéressant..Justement j'en apperçois une à gauche..», dit-il d'un air charmeur

Sur ce, il se rapprocha lentement de mon visage, me regardant avec ce regard intense...

Bill se pencha vers moi pour m'embrasser. Je mis malgré moi ma main sur sa bouche, lui faisant reculer sa tête en disant

« Je vais mettre ça sur le compte de l'alcool..
- Ok, dit-il en riant. Mais je suis tenté de te dire que, quand on a trop bu, on dit plus des vérités que des mensonges, et on est tenté de faire des choses qu'on a réellement envie..
- C'est ça ! Evites de trop boire à l'avenir, Bill, tu commences à me faire peur...
- Promis ! On danse ? »

Je le regardais comme-ci c'était un malade.

« J'avoue, sur ce coup là je plaisantais.. dit-il en riant. Prenons plutôt quelque chose à boire.
- Mais pas d'alcool pour toi, ça ne te réussis apparemment pas..
- Un vodka Redbull sans vodka, svp ! », demanda Bill à la serveuse.

On discuta donc tranquillement, Bill avec sa vodka Redbul sans vodka, moi avec mes Marlboros. On ne reparla pas de ce qui s'était passé, comme s'il avait compris que c'était un sujet à éviter. Ce qui était tout à fait normal, en fait, vu que je le lui avait signalé..Mais je le remerciait tout de même intérieurement de ne pas remettre les pieds dans le plat. Bill était en train de me parler de son -hilarante, entre parenthèse - aventure avec la fameuse Claudia quand Tom arriva en trombe.

« Aha !Tu es à moi, à moi à moi !!!! Dit Tom, jubilant.
- C'est la faute de Bill tout ça !, je tirai la langue.
- De moi? Qu'est-ce que j'ai à voir là-dedans ? Dit Bill, surprit.
- Parce que, si t'étais venu avec, ce serait toi qu'elle aurait piteusement dragué...* Pour répondre à leur regards interrogatifs * Je lui juste malancontreusement fait croire qu'il n'y avait que Bill qui était connu..
- Oh. T'es bête * rire * Bon alors, qu'eche que je vais bien pouvoir te faire faire ? »

Dj : BONSOIIIR !! C EST MAINTENANT L HEURE DE...LA CAAAGGE !!

Acclamation dans la salle. Regard de Tom un peu trop insistant à mon goût. Avec ce sourire trop narquois et de ce fait trop explicite accroché à ses lèvres. Non, il en était hors de question je monte dans cette cage, mais Tom n'avait absolument pas l'air d'être de mon avis. Regard suppliant vers Bill pour qu'il me défende mais aucune réaction de sa part, juste un air ennuyé.


« Non, non, non, le supliai je, tout mais pas ça..Je ne monterai pas là-dedans..
- Oh que si, Alexia, crois-moi, tu vas le faire...
- Sûrement pas !
- Bien sûre que si..
- Si Kate dort avec toi le plus longtemps possible.
- Marché conclu !
- Je te déteste ! »

Sous l'oeil attentif des jumeaux, je me dirigeai donc vers cette fameuse cage.

Je ne cessai, en montant dans cette fameuse cage, de me demander ce que je faisais là, et pourquoi je le faisais alors que je m'étais fait la promesse d'arrêter toutes les coneries dans ce genre. Fierté quand tu nous tiens. Mon nouveau crédo, même si je ne l'aimais pas tant que ça. Ou peut-être étais-ce la folle envie que j'avais toujours eu de casser les limites. Casser les limites. Toujours aller plus loin, toujours faire quelque chose de plus fou. Ne pas se soucier du mal que l'on faisait subier à son corps, à toutes les personnes qui nous entouraient. Casser les limites, encore et toujours. Casser les limites jusqu'à ne plus en être capable, casser les limites jusqu'à ce que mon corps meure. Et encore après, encore et encore, jusqu'à ce que mon âme soit mortellement blessée. Blessé, elle l'était déjà. Mais pas assez, il en faut plus pour me détruire, toujours plus. Il fallait que je le fasse, que je prouve à Tom et à toutes ces personnes que je pouvais le faire, même si cela n'avait à vos yeux aucun sens. Pour moi ça en avait un. Aussi inexplicable, aussi insaisissable à votre petit esprit de petites gens qu'il soit. Je rejoignis donc deux petites bimbos qui me regardaient d'un air supérieure. Elles vont voir de quoi je suis capable. Elles allaient voir de quel bois je me chauffe. Une fois la musique enclenchée, je me déchaînai, me donnai à fond, pour m'amuser, pour mon plaisir, mais surtout pour le plaisir de voir ses poufiasses se faire piteusement écraser. Et je gagnai haut la main ; Il fallait dire aussi que j'étais une habituée. Mais ça, ça n'a aucune importance. Parce que j'avais gagné. Parce que j'étais la meilleure.

« T'as été génial ! Là je suis un peu beaucoup en train de regretter de n'être qu'un ami..
- C'es deux pétasses l'ont dans le cul...
- Mais Alexia, je te rappelle que tu en fais toi-même partie, de ces pétasses. »

J'aurais dû en rire, ou plutôt j'aurais voulu en rire. Mais Bill, lui, n'avait pas du tout la tête de quelqu'un qui rit, au contraire, il était trop sérieux pour que je le prenne bien.

« N'importe quoi! J'ai été une pétasse à une époque, mais maintenant, je n'en suis plus une.
- Bien sûre que si, Alex. Et c'est pire que tu ne t'en rendes même pas compte. Parce que toi aussi tu es une pétasse, toi aussi tu regardes les uatres filles de haut, avec ce petit air de dédain, comme si tu étais supérieure à chacune d'entre elles, alors qu'au fond tu ne vaux pas mieux qu'elle, t'es même pire, parce que non seulement t'es une garce mais en plus tu te comportes comme une petite pute, aguichant tout ce qui bouge et qui a un s*xe, et tu t'en fous des sentiments qu'ils peuvent avoir, tu joues avec eux et tu t'en fous, tu n'as pas une once de culpabilité, ça ne te fais rien de voir les gens souffrir, au contraire, tu t'en délectes.
- Tu dis n'importe quoi, ça ne m'amuse pas de voir les gens souffrir par ma faute, je vois pas où t'es allée chercher ça.. Et je ne m'en fous pas des sentiments des autres !
- Oh si ! Tu t'en fous complètement Tu parles à des gens que t'aura oublier dans les minutes qui suivront, tu leur fait croire que tu t'intéresses à eux, et puis tu les laisses dans le vent, tu ne leur adresses à peine la parole.
- Et qui parle de sentiment par rapport à ces gens, hein ? Je leur promets rien, moi. Je m'enrichis juste de ce qu'ils ont à m'offrir. Et pour la plupart, ils n'ont pas grand chose à m'offrir, je le sais, je le sens, la plupart de ces gens ne m'intéressent plus après 5 minutes de discussion, et puis voilà, c'est comme ça, c'est tout, pas besoin de se prendre la tête pour eux. Je ne vois pas en quoi on peut parler de sentiments là-dedans. Je ne promets des choses qu'aux personnes qui me tiennent réellement à coeur, que j'aime réellement.
- Ca n'empêche que tu joues avec un tas de gens.
- Ah oui, et donnes moi ne serait-ce qu'un exemple !
- Un exemple ? Kate !
- Tu ne connais pas Kate, tu n'imagines pas le nombre de vahceries qu'elle ait pu me faire.
- Parce que toi tu ne lui en as pas fait, peut-être ? L'emmener ici pour un stupide pari alors qu'elle était en larme, ce n'était pas une vacherie, peut-être ?
- Je lui ai fait des vacheries, oui. Mais Kate est Kate, et cette fille est loin d'être toute rose. C'est une des seules personnes qui m'ait fait du mal jusqu'à présent, et rien que pour ça, je lui en voudrai toute ma vie. Elle m'a littéralement détruite. Tu ne t'imagines même pas à quel point ! Et Kate pleurait parce que sortir avec mon frère, c'est comme sortir avec Brad Pitt. Juste pour ça. Et tu pourras pas me contredire tout d'abord parce que tu ne connais pas Kate aussi bien que moi, et puis tu crois réellement qu'une fille vraiment amoureuse serait sortie avec une autre qu'elle ne connaît pas quelques heures à peine après s'être fait jeté ? T'en serais capable, toi ?
- Et tous les gars avec qui t'es sortie hier, tu vas me dire que tu n'as pas joué avec eux ?
- Et tu penses qu'eux me prenaient pour une personne et non pour un objet ?
- Il n'empêche ! Tu joues avec ces personnes, et moi je trouve ça dégueulasse !
- Mais réveille toi, Bill ! C'est ça qu'on fait ici ! On est là pour s'amuser, Les gens sont là pour "jouer" avec les autres !
- Jolie façon de s'amuser ! Mais je ne suis absolument pas d'accord avec toi, s'amuser en boîte ne se résume pas à jouer avec les autres mais surtout à danser avec les autres. C'est ça le principie d'une boîte, non ? Alexia, je voulais juste te faire comprendre que tu critiques les autres alors que tu te comportes de la même manière. En pire même, vu que tu ne t'en rends même pas compte, que pour toi, tout ça, c'est normal. »

Je n'arrivais pas à assumer les vérités que Bill me lançait sur la figure, il fallait à tout prix que je contredise, que je lui prouve que ce qu'il disait était complètement faux alors que je savais pertinement qu'il avait raison. Mais ça me faisait mal d'admettre, je ne voulais pas me l'avouer, je préférais au cointraire me voiler la face, me rendant la vie facile. Ne pas me poser de questiosn et vivre sans contrainte. Mais après avoir laissé monter la colère en moin, après l'avoir laissée s'exprimer, éclater, j'abandonnai. "Tout ça, pour toi, c'est normal". Pour moi c'était normal de se comporter comme une garce, comme une sal*pe. Les paroles de Bill résonnaient dans ma tête. C'est normal, c'est normal, c'est pire parce que pour toi c'est normal. Parce que ce ne l'était pas pour les autres ? Je n'étais qu'une folle, qu'une hystérique qui ne pouvait s'emêcher de pourrir la vie des gens, de les détruire, de s'en foutre d'eux, de ne penser qu'à mon petit bonheur personnel. Je ne suis qu'une égoïste. Je suis un monstre, je ne mérite pas des gens comme Tom. Je ne mérite pas que Bill s'énerve pour moi alors que moi je ne suis qu'un garce. Je sens les larmes monter à leur tour jusqu'à mes yeux, titiller le coin de mes yeux, mes yeux qui s'efforcent de ne pas laisser ses gouttes salées passer le seuil.

« Comment veux-tu que cela ne le soit pas, normal, alors qu'on m'a inculqué tout ça depuis que je suis née !
- Il est encore temps d'en changer !
- Et tu crois que je peux changer du jour au lendemain ? »

C'en était trop pour moi. Je devais quitter cet endroit, ces gens, toutes ces choses, ma tête tournaient, ma tête me faisait mal. Il fallait que je parte. Je ne laissai pas le temps à Bill de répliquer, tournai les talon et me faufilai tant bien que mal dans toute cette masse de gens, me créai un passage vers la sortie. Je courus jusque chez Ben qui me ramena à l'hotel. Ben qui était toujours là pour moi. Non, Ben n'était là uniquement parce que je le payais. Je ne savais pas trop pourquoi la remarque de Bill me faisait aussi mal, pourquoi elle m'avait touchée à ce point alors qu'on m'avait répété toute ma vie que je n'étais qu'un garce, une garce brillante mais une garce tout de même. Alors qu'on m'avait toujours dit que je n'étais qu'un pét*asse égoïste et sans coeur. Qu'on me l'avait répéter mile fois, et encore mille, juste pour le plaisir de me dire que je suis une pét*asse égoïste et sans coeur. Et que ça ne m'avait jamais touchée jusque là, je m'en contre fichais à un point ! Et pourtant aujourd'hui j'avais mal, trop mal "Je crois qu'il ne sait pas très bien la raison de pleurer. Ce sont des moments où vous ne pourriez plus rien expliquer. A la limite ce n'est rien, c'est la fatigue, c'est rien, rien du tout. Pourtant on sent autre chose, et qu'il faut continuer de pleurer, alors on cherche des raisons pour alimenter les larmes, on pense à Fumel, on pense à Nicolas, on essaie d'entretenir. On sent qu'on triche un peu mais ce n'est rien. Ca ne dure pas très longtemps." Bill avait tort, je ne m'en foutais pas des gens. Ou du moins, je ne m'en foutais plus, au contraire, je commençais à m'intéresser au monde qui m'entourait, je commençais à les apprécier à leur juste valeur. Je commençais à apperevoir les vrais richesses que peuvent vous offrir certaines personnes. Comme Tom. Ou Bill. Ces remarques me permettent d'évoluer, de m'améliorer. Pour devenir mieux, parce que la quête de chaque être humain est-ou du moins devrait être - d'atteindre le plus prêt possible la perfection. Et moi qui croyais à l'époque que je l'avais déjà acquise, la perfection, dès mon plus jeune, j'essayais désormais de l'atteindre du plus près possible.

Tom me téléphona cinq minutes après que je sois rentrée.

« Alex, t'es où ? Ca fait vingt minutes qu'on te cherche !
- Je suis rentrée à l'hotel.
- Merci de prévenir !
- Désolée, sur le moment, j'y ai pas pensé..Et je voulais pas que vous vous sentiez obligés de rentrer aussi à cause de mes caprices...
- Ok, ok, mais tu vas bien ? Pourquoi t'es rentrée comme ça, sans rien dire..
- Oui, oui, je vais bien, t'en fais pas, j'en avais juste marre de cette soirée..Mais te prends pas la tête à cause de moi ! Profites de ta dernière soirée..
- T'es sûre ?
- Bien sûre, que je suis sûre ! Bonne soirée, Tom-Tom !
- Mouais, bonne soirée à toi aussi. »

Tom n'avait pas vraiment l'air convaincu. Et le fait que Bill se trouva au pas de ma porte vingt minutes plus tard me le confirma. Je le laissai entrer et allai me vautrai dans le fauteuil où il me rejoignit.

« Finalement on est rentrés. On en avait tous un peu marre de cette soirée. Et puis Tom culpabilisais un peu de te laisser toute seule dans cet hotel pourri..Et voilà, Kate dort avec Tom ce soir, comme vous l'aviez prévu à mon insu, d'ailleurs, donc..
- Désolée, sur le coup j'ai pas pensé que tu pieutais dans la même chambre que Tom..
- Pas grave, du moment que je peux dormir ici. Mais dans ton lit, cette fois parce que le canapé est pas super confortable.. Ca te dérange pas ?
- Non, bien sûre que non..Il faut dire que je suis assez habituée à ce qu'il y ait des hommes dans mon lit..
- Je suis désolé de m'être énervé tout à l'heure, même si je pensais tout ce que je t'ai dit, c'était peut-êrtre pas à moi de te le dire..
- T'as bau moins le mérite d'avoir été franc avec moi..N'en parlons plus, je suis fatiguée, je vais me coucher. »

J'enfilai rapidement le tee-shirt de Bill que j'avais caché sous l'oreiller et me faufilai dans les draps douillets. Bill vint me rejoindre une minute plus tard, vêtu uniquement de son caleçon. So sexy. Non, je n'avais quasi rien pu apercevoir dans le noir. Je fermai les yeux, repensant à la soirée, aux paroles qu'avait prononcées Bill.

« Je suis peut-être une pétasse, mais moi au moi je m'efforce de ne pas l'être...
- Tu devais être un monstre alors, à la base..Je t'aiderai si tu le souhaites. ».

Je m'endormis sur ces dernières paroles, le doux et régulier souffle de Bill dans mon cou, faisant frissonner mon corps, un sentiment paisible dans le coeur. Je n'étais désormais plus seule, j'avais Bill, j'avais Tom.

Je m'endormis sur ces dernières paroles, le doux et régulier souffle de Bill dans mon cou, faisant frissonner mon corps, un sentiment paisible dans le coeur. Je n'étais désormais plus seule, j'avais Bill, j'avais Tom, j'avais la musique, et tout cela me suffisait amplement.

On s'entraîna toute la journée du lentement, ou plutôt l'après-midi vu que nous nous étions levés assez tard. Bill et moi, on ne reparla pas de la veille. Au début, je pensais que c'était simplement parce que Bill me respectait et qu'il attendait que je vienne moi-même vers lui, mais nous nous parlions à peine, échangeant seulement quelques mots sans intérêts par-ci par -là. Tom disait ne pas aimer cette situation mais au fond il était trop occupé avec Kate, qui entre parenthèse c'était très bien remise de la rupture avec Sébastian, pendant nos heures de loisir pour réellement s'en rendre compte. En attendant, je passais mes dernières journées avant la tournée en compagnie de Bill. Je ne dis pas pour autant que nous nous occupions à deux, qu'on s'amusait à deux, mais plutôt que nous nous trouvions souvent, pour ne pas dire tout le temps, dans la même pièce. Trois jours passèrent donc ainsi, et je commençais petit à petit à m'habituer à la présence de Bill. Bill avait finit par s'installer dans ma chambre, et nous nous habituions l'un à l'autre, nous n'étions pas de grands amis, certes, mais nous commencions à nous apprécier à notre manière.

Le temps courait et le premier concert arriva, alors que je n'avais pas encore pris la peine d'y songer. Je senatis déjà une certaine angoisse monter en moi et Tom et James avaient beau tenter de me rassurer, rien n'y faisait, j'étais sur les nerfs et, sans le vouloir bien entendu, je communiquais mon stresse aux aures membres du groupe. Ce concert se déroulait bien entendu à Munich, dans une une salle de taille moyenne. Nous nous entraînâmes toute l'après-midi pour nous habituer à la salle. Vers 16 heure, on nous prévint que des fans attendaient déjà dehors.

Le temps défilait défilait sous nos yeux et vingt heure arrive beaucoup trop tôt à mon goût. Il restait encore quelques heures avant notre passage sur scène mais certaines circonstances rendent parfois quelques heures très courtes. On pouvait désormais entendre les chants et cris hystériques des fans des Tokio Hotel's qui étaient entrés dans la salle et attendaient "patiemment" le début du concert. James, quant à lui, était dans tout ses états car le groupe censé faire la première n'était toujours pas arrivé, étant apparemment dans des embouteillages.



« On devrait peut-être faire jouer quelques temps quelqu'un pour faire patienter le public. Tu connais pas quelqu'un qui saurait jouer quelques petits morceaux ?
- Ca c'est une bonne idée ! Je connais une très bonne musicienne..Qui pourrait d'ailleurs en profiter pour se présenter au public..
- N'y penses pas, James, t'as vu dans quel état de stresse je suis ? Je serais incapable de monter toute seule sur scène et de jouer quoique ce soit de potable !
- Et si je t'y accompagne ?
- Oui, c'est ça..
- Oui! Tu pourrais jouer une chanson et moi j'essaierai de t'accompagner..On ferai de l'impro. Oh, stp ! J'ai toujours rêvé de faire un truc comme ça !
- T'es un malade !!
- Maiisss..s'iiill te plaiiitt!!
- Si ça peut sauver le concert..Mais je ne promets pas que ça ne partira pas en couille, au contraire ! »

Après avoir poussé un petit cri de joie, il me sauta dans les bras, tout excité, répétant "J't'adoore, J't'adore, t'imagines pas à quel point je t'adoore !!". Il alla ensuite chercher nos guitares (les classiques), me tendant la mienne.

« Alors, alors, qu'est-ce qu'on joue ?, Dit, un Tom, tout excité.
- Je sais pas trop, j'ai pas beaucoup de chansons dans mon registre * regard qui veut dire "ouais ouais, c'est ça, alex.." de James * "My unintended" de Muse, ça te va ?
- Parfait ! On y va ?
- Gloups , maintenant ? Dit-je, prise de court.
- Ca va aller, Alex..» Dit Tom, se voulant rassurant du regard, du corps et de l'esprit

C'est de cette manière, à cause des paroles hypocrites de ce traitre de Tom, que je me retrouvai sur une scènes devant des milliers de personnes qui me fixaient, avec l'obligation de jouer un morceau que je n'avais pas eu l'occasion de répéter.

Casser les limites. C'en était une. J'étais au bord de l'évanouissement, j'avais la gorge serrée et mon ventre contracté,et pourtant je ne voulais être nulle part ailleurs. Des techniciens nous avaient installé des tabourets et des micros. Lorsque le public aperçut Tom, les fans hystériques se mirent à crier comme des truies. Heureusement pour moi, la salle était plongée dans le noir m'empêchant d'appercevoir la foule. Je ne pouvais distinguer qu'un masse qui bougeait, parsemée de petites étoiles de lumière. C'était assez beau, mais sutrout impressionnant.Tom riait, il leva soudain le bras en l'air, accentuant les cris de délire.

« BONSOIIIR ! * hurlements * Bon alors, normalement les Stalling Stars devraient être en train de chanter, là, mais ils ont un peu beaucoup de retard, alors pour vous remercier de votre attente, on va vous offrir une chanson ! * Hurlements * J'en profite donc pour vous présenter Alexia, une artiste hors pair * je lui tire la langue * Elle veut pas l'admettre * rire (et foule toujours en délire..) *
- BONSOIIR ! Comme on a pas vraiment eu l'occasion de s'entraîner, on va faire dans le simple : On va tenter "Unitended" de Muse. J'espère qu'ils nous en voudront pas trop de massacrer leur chanson..»

Je tremblais de tous mes membres. Tom m'adressa un petit sourire qui se voulait ressurant mais qui ne changea absolument rien à mon état d'angoisse. Je m'assis sur le tabouret qui m'était destiné, tentai tant bien que mal d'accorder ma guitare, ajustait le micro et jouai quelques notes pour m'échauffer les notes. Et un peu beaucoup retarder le moment où je devrais jouer, aussi. Regard vers Tom qui semblait prêt. "Je joue la deuxième, commence et j't'accompagne comme je peux. Quand tu veux, Alex !". Je n'avais aucune envie de commencer, juste l'envie de m'enfuir le plus vite possible de cet endroit, de prendre mes jambes à mon cou. Mais autre chose me retenait, et je restai clouée à mon siège. J'allais jouer les premières notes quand un homme, un technicien pour être plus précise, monta sur scène avec un micro, suivi de près par Gustav muni de ses deux baguettes. Non, je n'étais pas seule. Acclamation de la foule, salutations de Gustav. "-J'ai juste pensé qu'ils avaient sûrement besoin de quelqu'un pour les rythmes.." S'en suivis le fameux "un-deux-un deux trois". Et moi qui me retrouvai obligée de jouer.

Et je me retrouvai obligée de jouer. Mes doigts, lentement, se mirent à jouer avec les cordes et les notes se succedèrent, formant peu à peu une mélodie s'élevant dans la salle, une musique douce. Cela me semblait beau, mais à vrai dire, j'étais trop perdue dans mon monde, dans mon ailleurs, loin de cette scène, loin de ces gens qui m'écoutaient jouer, pour pouvoir porter un jugement subjectif sur ce que je jouais. D'une voix tremblotante, je prononcai les premières paroles. Mon coeur battait à la chamade et mes pauvres doigts étaient à la limite du dérapage, mais je tenais bon, me donnant à fond. Tom, qui jouait par derrière, m'accompagna au refrain. Il chantait assez bien, pas aussi bien que Bill, certes, mais il avait une jolie voix. Le temps défilait sous nos yeux sans que je ne m'en rende compte. Il n'y avait que moi, Tom et la musique, et plus rien dautres n'existait autour de nous. J'étais perdue dans ce monde qui m'étais quasi inconnu, et en même temps si bien, me raccrochant comme je le pouvais à des notes, des paroles, au regard de Tom qui était aux anges, qui semblait être en extase même, et peu à peu, un sentiment exquis se propagea en moi, quelque chose d'indescriptible, peut-être résumable en le mot "Bien-être". Mais ce n'est pas suffisant comparé à ce que je ressentais à ce moment-là, c'était beaucoup plus fort, beaucoup plus intense.

Les dernières notes arrivèrent, notes que je voulais jouer à l'infini, notes que je voulais jouer éternellement. La musique, je la ressentais désormais comme une drogue, et j'étais complètement stone, complètement défoncée, shootée, abrutie par cette merveille, cet art appelé musique. J'étais incapable de réaliser ce que j'étais en train de faire, et, après avoir salué le public, Tom me prit par la main pour me conduir jusqu'aux loges. Bill nous félicita sans que je ne m'en aperçoive. Je ne savais plus ce que je faisais, j'étais sur le point de m'évanouir. Je me jetai alors dans les bras de Bill qui se trouvait encore en face, et repris peu à peu conscience.

«Tu trembles comme une folle ! Halucinait Bill.
- Ne me lâches plus, ou je tombe en miette !, m'accrochant à son cou
C'était si terrible que ça ?, riait-il.
- C'était..démentiel !! Géant ! Je vois pas de mots assez fort pour décrire..Je veux y retrourner !!
- Dans pas longtemps, mon coeur..»

Je restai une éternité logée dans les bars de Bill, me remémorant mille et une fois le moment que je venais de passer, et le petit "mon coeur" qui s'en était suivis. Ensuite, au prix d'un grand effort, je me détachai de Bill et m'écroulai dans un fauteuil se trouvant à proximité. Je vivais quelque chose d'exceptionnel, je n'aurais jamais imaginer que ça m'arriverait d'éprouver tout ce que j'éprouvais. Du bonheur à l'état pur, brut, natif, volcanique, quel pied ! C'était mieux que tout, mieux que la drogue, mieux que l'héro, mieux que la dope, coke, crack, fitj, joint, shit, shoot, snif, pét', ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, péyotl, buvard, acide, LSD, extasy. Mieux que le sexe, mieux que la fellation, soixante-neuf, partouze, masturbation, tantrisme, kama-sutra, brouette thaïlandaise. Mieux que le Nutella au beurre de cacahuète et le milk-shake banane. Mieux que toutes les trilogies de George Lucas, l'intégrale des muppets-show, la fin de 2001. Mieux que le déhanché d'Emma Peel, Marilyn, la schtroumpfette, Lara Croft, Naomi Campbell et le grain de beauté de Cindy Crawford. Mieux que la face B d'Abbey Road, les CD d'Hendrix, le nouveau p'tit pas de Neil Armstrong sur la lune. Le space-mountain, la ronde du Père-Noël, la fortune de Bill Gates, les transes du dalaï-lama, les NDE, la résurrection de Lazare, toutes les piquouzes de testostérone de Schwarzy, le collagène dans les lèvres de Pamela Anderson. Mieux que Woodstock et les rave-party les plus orgasmiques. Mieux que la défonce de Sade, Rimbaud, Morisson et Castaneda. Mieux que la liberté. Mieux que la vie...

Alors que j'étais en train de me répéter cettte fameuse tirade de "Jeux d'enfants" qui correspondait parfaitement à ce que je voulais dire, Tom s'approcha dangeureusement de moi. Il me sauta dessus et se mit à me chatouiller. Je passais vraiment un moment extraordinaire, un de ces moments précieux que vous ne voulez pas oublier et que vous garder jalousement dans une petite partie de votre coeur..Après temps de fous rire, Georg se leva brusquement.

« Eh les gars! Vous oubliez notre partie de baby ! J'pourrais pas monter sur scène si on joue pas au moins une partie, besoin de décompresser, moi...» Supliai Georg.

Je laissai les gars à leur partie de baby, de peur de m'imposer à eux. J'occupai le temps en lisant un magazine que je ne lisais pas, encore sous le choc de toutes ses émotions que je venais d'encaisser en si peu de temps. Je souriais, bêtement, je ne pouvais m'empêcher. C'était un de ces sourires têtus qui reste accroché à vos lèvres malgré vos efforts intempestifs pour le décrocher, qui subsistent encore et encore, un de ces sourires de plaisir, une des ces sourires qui vient du fond du coeur, du fond de l'âme.

« C'est beau, quand tu souris, parce que tu souris avec la bouche, mais aussi et surtout avec les yeux...», dit Tom.

Je souriai de plus belle, autorisant le têtu à s'installer sur mes lèvres, lui cèdant grâce, ou à cause, de Tom. Ce dernier se vautra dans le fauteuil à mes côtés, me prit le magazine des mains pour le remettre à l'endroit dans celles-ci, puis dit :

« Si je n'avais pas passé ces dernières heures avec toi, je croirais presque que tu as pris quelque chose d'illicite...»

J'avais beau supplier, gémir, pleurer en mon intérieur pour que ce sourir qui illuminait mon si beau visage ne partât pas, mes efforts étaient vains et le 'têtu' se transforma en un semblant de grimace.

« Moi aussi, j'ai adoré ce moment.., Tom ne remarquant rien. Et je me disais, justement, qu'on pourrait faire une chanson en 'impro' tous les soirs..Bon on s'entraînerait peut-être un peu plus, mais ce serait cool..
- Oui, c'était franchement pas mal, dit Bill, qui écoutait la conversation sur un siège à proximité, tu sais, y'avait quelques fausses notes, bien sûre, mais ça donnait vachement bien dans l'ensemble ce que vous avez chanté ce soir !
- Je m'en suis même pas rendu compte, des fausses notes..
- Alors alors ? T'es d'accord pour la pseudo-impro tous les soirs ?
- Bien sûre que je le suis ! »

Tout heureux et excité, Tom lança un « démentiel » avant de se redresser. Il était temps pour les gars de se préparer car le concert allait commencer. Bill se remaquilla rapidement, Georg ajusta ses cheveux, Gustav jouait avec ses baguettes, les lançant en l'air et leur faisant faire toute un tas d'accrobaties inexécutables pour une pauvre blonde dans mon cas, Tom termina en vitesse sa cigarette, m'envoya un baiser puis ils sortirent des loges. Après à peu près vingt minutes interminables, j'entendis la voix de Bill. Il dit quelque chose d'inaudible de là où je me situais, puis ils se mirent à jouer. Ne sachant pas trop quoi faire, je m'approchai de la salle pour mieux les entendre. J'étais tout au bord de la scène, cachée derrière des espèces de décor, de sorte que le public ne puisse pas me voir. Tom se trouvait à deux-trois mètres de moi, de dos. Bill, lui, se défoulait sur scène, c'était beau de le voir se donner à fond, comme ça...

Lorsque le chanson fut finie, Bill trouna la tête vers Tom et m'aperçut. Il me fit un grand sourire avant de détourner la tête vers la public. Je m'assis en tailleur, subjuguée par la force qu'ils dégageaient lorsqu'ils jouaient. Les chansons se succedaient les unes aux autres, jusqu'à ce que Bill annonce "Frei Im Freien Fall". Il se dirigea alors vers moi, me prit par la main, m'obligeant à me lever et m'amena au centre de la scène. Il prit en chemin le micro de Tom et me le tendit. La musique débuta et Bill se mit à chanter mais je n'osais pas l'accompagner de peur de gâcher la chanson. Il insistait tout de même du regard et me serrait fort la main pour m'insciter à chanter, ce que je finis par faire dès le premier refrain. Dès les premières paroles, je réussis à me lâcher et me donnai également à fond.

« ich bin frei im freien fall und nirgendwo anders frei im freien fall ich kann nicht mehr anders, 1000 augen gegen mich geben alles für den augenblick und dann friert alles zu ich halt mich warm für den fluchtversuch » Bill me tenait toujours par la main, et se rapprochait de plus en plus de moi « ich bin frei im freien fall und nirgendwo anders frei im freien fall ich kann nicht mehr anders » Bill levait nos deux mains en l'air, en rythme avec la musique, se rapprochant toujours un peu plus « ich will nur frei sein noch einmal frei sein nur einmal frei sein lass mich fallen! »Bill était un peu trop près et je pouvais sentir son fameux déhanché contre le mien. Je ne savais pas quoi faire, si ce n'est de l'accompagner, ce que je m'empressai de faire. Un sourire se dessinait sur le visage de Bill « ich will nur frei sein noch einmal frei sein » Bill me regardait droit dans les yeux, de son regard intense, irrésistible et je me sentais défaillir, lui, toujours serré contre moi « ich will nur einmal... »Je n'arrivais pas à détacher mon regard du sien, toujours serrée contre lui « frei im freien fall und nirgendwo anders » Plus rien n'existait d'autre que la musique, Je veux vivre ça éternellement « frei im freien fall ich kann nicht mehr anders » Je veux vivre ça éternellement. Bill, moi, la musique, pour toujours La chanson allait se finir, nous nours détachions l'un de l'autre pour regarder le public en face. Je ne veux pas qu'il me lâche la main, ne me lâche pas, Bill, ne me lâche pas..ne me lâche pas, jamais « frei im freien fall und nirgendwo anders » Je mêlai mes doigts aux siens, Ne me lâche pas, Bill, ne me lâche pas « frei im freien fall
ich kann nicht mehr anders » Dernières paroles, dernières notes, et il était tems pour nous de nous séparer. Bill se retourna alors vers moi, me regarda droit dans les yeux avec ce regard, me sourit avec ce sourire, puis me fit un baise-main en guise de remerciement. Instant, dures éternellement, je t'en supplie, dures éternellement. Mais instant n'était pas de mon avis, instant ne dura que deux secondes. Et même si dans certaines circonstances deux secondes sont très longues, instant ne dura que deux secondes, et un technicien m'apportait déjà ma guitare, m'obligeant à détourner le regard de Bill, ce que je fis à contre coeur.

Accordement, ajustement des micros, regard échangé avec Bill. Je veux vivre ça éternellement. La musique, Bill, Tom, tout ça, toute cette magie, je veux le vivre éternellement. Les notes se succèdaient les unes aux autres, ma voix se mêlaient à celle de Bill, formant cette mélodie qui m'avait tant attirée et qui me plaisait toujours autant aujourd'hui, voire même plus.

La chanson finit par prendre se terminer, et Bill vint me prendre la main pour qu'on salue ensemble. J'étais aux anges. Je veux vivre ça éternellement. Bill me conduisit ensuite dans les loges, encore sous le chox de tout ce que je venais de vivre en une soirée. Je ne m'étais décidément pas encore habituée à tout ça...

Je pris Bill dans mes bras, envie de vivre ce moment éternellement. Je respirai son odeur, sa douce odeur mélangée à celle de la musique, je me noyai dans ses bras à le fois doux et protecteur, m'asphyxiai dans le creu de son cou. Je le serrais contre moi tandis qu'il glissait ses bras sur ma taille, me caressant tendrement. J'étais droguée à la musique, droguée à Bill, droguée à Tom... Je veux vivre ces moments éternellement.

Je tremblais encore lorsque nous arrivâmes à l'hotel. Je n'avais pas encore réussi à me détacher de Bill. Arrivés dans la chambre, je mis tant bien que mal le tee-shirt de Bill, celui que j'utilisais comme pyjama, avant de m'effondrer dans le lit, n'ayant pas le courage de me démaquiller ni quoi que ce soit d'autre. Bill vint vite me rejoindre et me repris dans ses bras.

«Tu trembles encore !, chuchotait Bill
- Trop d'émotion en une soirée...», m'installant confortablement dans ses bras.

Bill ne répondit pas, se contentant de me caresser les cheveux

« Bill ?
- mmh ?
- Merci !
- C'est moi qui te remercie...»

Je me levai le lendemain de bonne heure. Je reçu comme une décharge électrique lorsque je remarquai que j'avais dormi toute la nuit dans les bras de Bill. S'était-il passé quelque chose ? Les souvenirs de la veille me revinrent en mémoire. Non, il ne s'était rien passé. Enfin, rien, ce n'était pas du tout le mot adapté. Parce qu'il s'en était passé des choses, entre Bill et moi..Mais nous n'étions pas passé à proprement parler à l'acte. Je me détachai cependant de lui et remontai la couverture qui avait glissé sur ma jambe nue.

« Qu'est-ce qui se passe ?, Dit Bill d'une voix endormie.
- Désolée de m'être endormie dans tes bras..j'ai dû te faire chier...
- Mais non, tu m'as pas fait chier, viens-là et rendors-toi !
- Non, je vais prendre une douche..
- Alex, il est à peine 7 heure du matin
- Mouais, t'as raison..»

Je me recouchai dans ses bras et fermai les yeux. Mais je ne parvenais plus à me rendormir..

« Finalement, je vais la prendre, cette douche...
- Oui, moi non plus j'arrive pas à me rendormir.., se levant à son tour. *Me regarde un instant, déglutit en regardant mes jambes, puis remarque le tee-shirt que je portais * Qu'est-ce que tu fais avec mon tee-shirt ?
- T'avais pas encore remarqué ? Ca fait deux-trois nuits que je le porte..C'est celui que tu m'avais prêté, l'autre jour..
- Ah, oui, c'est vrai..Je pensais que je l'avais perdu ! * hésite * Il te va bien !
- Moi aussi, je l'aime bien..d'ailleurs je compte bien le garder * sourire charmeur *
- Ah non, sûrement pas celui-là ! c'est mon préféré !
- Ton préféré ? Oh, quel honneur! Le célèbre Bill Kaulitz m'a prêté son tee-shirt préféré ! Raison de plus pour le garder..Tu me le dédicaces ?
- Tu rêves ! J'peux te dédicacer tous les tee-shirt que tu veux...»

Il s'approcha alors de moi, posa ses mains sur mes hanches, me regarda droit dans les yeux, une mèche balayant son visage. Son visage était trop proche du mien, son corps se rapprochant lui aussi trop dangeureusement, comme la veille, et son regard me faisait une fois de plus défaillir. Arrêtes-toi maudit coeur, arrêtes-toi ! Il se mit alors à me caresser et un frisson me parcourut le corps. Il pencha sa tête vers moi, murmura « mais celui-là, je le garde ». Je sentais son souffle dans mon cou. Frisson. Bill passa sa main sous mon tee-shirt, faisant mine de l'enlever. Frisson. Je lui retins la main et reculai, mais il ne lachait pas prise et avança en même temps que moi, me tenant toujours par la taille, me regardant toujours droit dans les yeux avec ce regard, ce regard ! Intense, ce regard qui me faisait défaillir à chaque fois. Bill, ma drogue. Je veux vivre ça éternellement, je veux que Bill me regarde de cette manière éternellement. On reculaiot, reculait, jusqu'à ce que je me cogne au mur. Bill qui continuait à me caresser, Bill qui se serrait contre moi, Bill qui mêlait ses jambes aux miennes. Bill qui commençait ç me caresser la peau de ses mains légèrement froides. Frisson. Bill qui se rapprochait encore et encore, et mes lèvres qui frémissaient. Une forte envie de lui sauter dessus et de l'embrasser éternellement s'empara de moi mais je résistai, tant bien que mal, luttant comme je le pouvais contre ce désir qui me faisait un peu honte. Pourquoi avoir honte ? Je n'en avais aucune idée. Parce que c'était Bill, tout simplement. Frisson, Bill n'était qu'à quelques millimètres de ma bouche...

J'étais sur le point de me jeter sur ses lèvres, ses lèvres à l'air si doux, tellement tentantes, lorsqu'un tambourinement me bloqua dans ma lancée. Enchage de regards avec Bill, gêne, échange de souffle aussi, mes lèvres qui frémissent, hésitantes. J'aurais dû ne pas tenirer compte de ce tambourinement, j'aurais dû embrasser Bill. J'aurais dû, et pourtant je ne l'ai pas fait. Pourquoi? Je n'en savais rien, parce que je n'étais qu'une conne probablement. Et qu'au lieu de profiter de ce que Bill avait l'intention de m'offir, au lieu d'accomplir ce que je désirais tant depuis quelques temps, même si je ne me l'avais pas avouée, au lieu de l'embrasser tout simplement, je le repoussai, lui ôtai les mains de mes hanches et m'éloignai. Ses mains que je désirais plus que tout au monde avoir sur ma taille éternellement, ce corps que je voulais sentir tout contre moi pour toujours...

Je me dirigeai alors vers la porte, sans un regard vers Bill, trop gênée de l'avoir repoussé, ou peut-être de peur de regretter mon geste, ce qui ne servait strictement à rien vu que je le regrettai à la seconde même où je l'avais fait. J'ouvris la porte et tombai sur un Tom pimpant, en pleine forme.

« Pfiouu..j'avais peur de vous réveiller ! Tu vas bien ? * me laisses pas le temps de répondre * Qu'est-ce que tu fais avec le tee-shirt de Bill ? Et en culotte en plus ! Si ça avait été un pervers forcené à la porte, hein ? t'as pas honte ? »

Je laissai entrer Tom , levant les yeux au ciel en guise de réponse à sa remarque et on s'installa sur le lit, couchés. Tandis que Bill, lui, était parti prendre sa douche..

« Nan, mais sérieux. Comment ça se fait que tu portes le tee-shirt de Bill ? Toi et lui vous.. * sourire moqueur *
- Moi et Bill rien, dit-je, un peu irritée même si je ne le montrais pas. C'est le tee-shirt que Bill m'a prêté le jour ou tu m'as gentiment jetée dans le lac..
- Je te rappelle que tu m'as aussi poussé à l'eau..
- Si tu m'avais pas poussée..
- Donc vous sortez pas ensemble ?, Dit Tom, changeant brusquement de sujet.
- Mais non !
- Je sais pas, vous avez l'air vachement proches tous les deux, ces derniers temps..vous dormez ensemble et puis au concert..
- Oh pour le concert, dit-je, le coupant, c'est juste parce que c'était un concert justement ! je sais pas, la musique, l'ambiance, voilà quoi..Et puis on dormirait pas ensemble si tu tapais pas une fille tous les soirs..
- Mouais..mais moi je sens qu'il y a du pamplemousse dans l'air..
- Dis, tu veux pas qu'on aille faire du shopping, j'ai besoin de me changer les idées..
- Et t'es obligée de faire les magasins pour ça ?
- Ben oui..
- Pour rien au monde j'irais faire du shopping, et encore moins à 8hu-eure du mat' ! Demandes à Bill, plutôt, j'suis sûre qu'il serait d'accord ! »

Moi, à Bill qui venait de sortir de la douche, un essui sur la tête pour sécher plus vite ses cheveux «Bill, tu viens faire du shopping with me ?
- J'sais pas, j'ai plus de thune et je déteste faire les magasins si j'peux rien acheter..
- Mauvaise excuse ! C'est moi qui paie tout ! Je me lave et j'arrive..»

Je laissai donc le soin à Tom de convaincre Bill de m'accompagner. Après m'être habillée, coiffée, maquillée, avoir pris mes lunettes et mon sac, je pris la casquette et les lunettes de Bill, les lui tendis et descendis l'attendre dans le hall d'entrée. Il finit par arriver cinq minutes plus tard sans prendre la peine pour autant de m'adresser un seul regard ni une quelconque parole. Je ne savais pas trop quoi lui dire, alors je me contentai de le conduire jusqu'à la voiture qui nous attendait. J'avais demandé à l'accueil de prévenir les magasins de notre arrivée. Après avoir passé une heure et demi dans un simple Dior et avoir acheté quelques trucs pour moi et pour Bill, je lui demandai s'il avait une préférence pour un magasin en particulier mais il me répondit que cela lui était égal.

« T'es sûre que tu ne veux pas aller quelque part ? * Pas de réponse * Chauffeur, amenez-nous dans le magasin préféré de Bill.
- Azuma ?, Proposa le chauffeur.
- T'es vraiment chiante quand tu t'y mets ! »

Malgré sa remarque, je sentais qu'il était content qu'on y aille...

C'était un petit magasin de style rock. Les murs peints en rouge et noir, les posters de stars de rock et du rock en fond musical donnait au magasin une ambiance particulière qui me plaisait plutôt bien. Les fringues qu'ils proposaient allaient du simple au délirant. Le must, c'était les bijoux. Il y avait un nombre hallucinant de bagues, colliers, bracelets et de babioles en tout genre, mais principalement de style gothique. Je laissai Bill et me dirigeai dans les rayons fille, dans lequel je farfouillai quelque peu. Je tombai sous le charme d'un tee-shirt blanc avec en pointillé noir et blanc la t^te de Marilyn Monroe ainsi que d'une série de tee-shirt de la même collection. Je pris également quelques jeans simples mais un peu "rock" selon le vendeur. Je me dirigeai ensuite vers le bijoux où Bill se trouvait déjà.

« Tu comptes dévaliser le magasin ?
- Il faut bien que j'ai de quoi mettre pour les concerts, parce que chanter du rock en Versace, ça le fait pas..Quoique, je pourrais essayer de lancer la mode..
- Ce serait pas mal, oui.., Riait Bill.
- Elle est beaucoup trop belle ! T'as intérêt à l'acheter pour que je puisse te la piquer !, lui prenant la bague qu'il était entrain de regarder.
- J'aurais bien voulu, mais j'comptais l'offrir à quelqu'un...
- Oh! Bah..Ils en ont peut-être en double.., dit-je, déçu.
- Non, j'ai déjà regardé. Enfin si, il y en a une mais elle serait trop grande pour toi. »

Bill avait à peine prononcé une phrase que le monde s'écroulait autour de moi. L'offrir à quelqu'un. Quelqu'un. Ses mots résonaient dans ma tête, trournait, dansait, me torturant au passage. Quelqu'un. Bill avait quelqu'un. Moi qui pensais...pensais..Après ses trois tentatives de m'embrasser, dont une merveilleusement bien réussie. Mais j'étais ridicule, Bill n'en avait rien à foutre de moi. Il avait quelqu'un. Je lui rendis la bague accompagné d'un beau sourire forcé, espérant qu'il ne se rende pas compte de ma déception. Je me dirigeai ensuite vers la caisse pour payer mes achats, laissant Bill aux mains de vendeurs en quête d'autographes. Après qu'il ait lui même payé son cadeau (Je ne pus m'empêcher de remarquer à quel point la boîte d'emballage était jolie ) avant de retourner dans la voiture. Pas un mot échangé durant tout le voyage jusqu'à l'hotel. Au fond, ce n'était pas plus mal, je n'avais aucune envie d'entamer une quelconque conversation...

Arrivés à l'hotel, James se jeta sur nous pour nous prévenir que le départ était prévu à 13h30 et qu'il fallait donc être prêts pour 13 heure. Bill monta immédiatement dans la chambre pour rassembler ses affaires tandis que j'allai à l'accueil pour demander à ce qu'il le fasse à ma place pour que je puisse rendre visite à mon TomTom mais celui-ci était en pleine scéance d'adieu avec Kate. Bon débarras ! Maintenant, je n'étais plus obligée de me "coltiner" Bill et pouvais enfin passer du temps avec ce tombeur de Tom.

A mon plus grand bonheur, Kate ne participa pas au déjeuner, trop occupée à préparer ses affaires ou je ne sais quoi. Ou peut-être qu'elle était simplement vexée que Tom ne lui ai pas proposer de l'accompagner pour la tournée, ce qui était plus réaliste vu la situation.

Tom : « Tes affaires sont prêtes ?
Moi : Aucune idée, c'est le personnel de l'hotel qui les font. Mais ça n'a aucune importance vu que c'est Ben et les autres qui les conduisent jusqu'au prochain hotel..
Tom : Oh ! Et pourquoi vous les mettez pas simplement dans la camionette avec les notres ?
Moi : Parce que, y'aurait pas assez de place..Mais y'a aucun stress, tu sais, c'est même mieux comme ça !
Tom : Oui mais tu viens dans la voiture avec nous, au moins ? Ca fait depuis perpett qu'on a plus eu de vraie convers tous les deux..
Moi : Bien sûre! »

Je me retrouvai donc coincée entre Bill et Tom à l'arrière de leur fameuse camionette. Fous rire et délires en perspective avec mon p'tit Tom qui semblait en forme, contrairement à Bill qui faisait l'associla et jouait à une espèce de gameboy dans son coin. Tom, lui, dansait, chantait et parlait parlait parlait, non stop, ou parfois me donnait des bisous pour me prouver que je lui avais manqué, selon ses dires.

Nous écoutions du Samy Deluxe (avec son MP3) tandis que Tom ne narrait en détail son aventure avec Kate. C'était à mourir de rire tellement cette fille était stupide, ou peut-être était-ce le don qu'avait Tom pour raconter les histoires qui était hilarante...Bill, lui, toujours obstiné à jouer les asocial soupirait, râlait, grognait au moindre prétexte, mais cela n'enleva rien à ma bonne humeur.

Moi, après que Tom ait fini son récit : « Encore un peu et je croirais que tu es heureux de l'avoir quittée...
Tom : Moi? Naaan jamais !! * rire * Non, j'suis juste content d'te parler enfin, j'ai pas le droit ? »

Il se remit ensuite parler de tout et de rien. J'aimais beaucoup l'entendre parler de sa voix suave et 'coulante', cela m'apaisait. Je pense que je pourrais passer des heures et des heures rien qu'à l'écouter parler, cela me mettait dans un état d'esprit qui le plaisait, cela me donnait un sentiment paisible, de sérénité.


Nous étions en train d'écouter ce rap allemand dont raffolait tant Tom mais qui commencait à me taper sur le système quand soudain :

Moi, criant presque : « Il parle français !
Tom : Quoi ? Mais non jamais!
Moi : Si, si, repasses...Là, vers 1min35..il dit un trcu du style "aucun effort, inefficace, droit au but" *..Maintenant, trouves-moi le rapport entre aucun effort, inefficace et droit au but..Aha, c'est tout bon ça, du francais dans du rap allemand..Tu vois, les allemands ne peuvent pas se passer des français !
Tom : Oui, oui, genre..
Moi, enlevant les écouteurs : J'en ai marre. C'est insuportable ton truc. Le seul truc bien, c'est la min 35
Tom, faussement choqué : Comment oses-tu insulter ma musique ?
Moi : Faut avouer que ton tuc, c'est marrant mais à petite dose quand même..
Tom : Oui, c'est ca..Indigne de mon amitier ! »

Je lui tirai la langue puis me tournai vers Bill qui écoutait également son MP3 et m'emparai d'un de ses écouteurs qui pendaient négligemment sur sa poitrine. Il écoutait du Muse, "My unitended", pour être plus précise...

Moi : « Belle chanson.»

Mais il ne répondit, perdu dans ses pensée, se tête tournée vers la fenêtre. Je ne sais même pas s'il avait remarqué que je lui avais piqué un écouteur. Tom parlait encore, et encore, riait de ce rire communicatif qui me donnait comme des petites bulles de bonheur dans le coeur. Je me sentais légère en l'écoutant parler, sûrement parce que je n'écoutais plus sa musique, celle-ci me crispait contrairement au Muse de Bill.

Nous arrivâmes bientôt à destination. James nous avait préparé un "petit" programme que nous devions suivre à la lettre. Par manque de chambre libre mais surtout à cause de la paresse de James même s'il n'osait pas l'avouait, je fus obligé de loger dans la même chambre que Bill et Tom. J'aurais pas pu protester et exiger qu'on me libère une chambre, mais je n'avais ni le coeur ni la tête à ça, trop préoccupée par le concert qui m'attendait ce soir et nos nombreuses tâches à effectuer. Tom décida alors que nous dormirions ensemble tandis que Bill prendrait le second lit à une place mis à disposition, ce qui n'était pas plus mal vu que Tom avait apperemment encore un tas de trucs à me raconter.

Répétition, pause, répétition dans la salle pour s'en imprégner (selon les termes de James), répétition de notre chanson à Tom et moi, dîner, et puis le stresse qui vient. Fumer des cigarettes aussi, beaucoup même. Voire un peu trop. Mais c'est toujours mieux que de se laisser tuer par l'angoisse, hein. Et puis les retrouvailles avec toutes les émotions de la veille, avec la confiance en soi qui commence à pointer du nez.

Je chantai une fois de plus 'Frei Im Freien Fall" avec Bill, je ne pense pas que je doive mentionner le fait que ce moment fut pour le moins magique. Et le reste, je n'en parle pas tellement c'était merveilleux. Par focément pour vous qui l'écoutiez mais pour nous qui le vivions. Et lorsque, dans la voiture de retour du concert, je repensai à tout ça, notre chanson, la musique, mon passé, mon présent, mon aventure avec ce groupe merveilleux, le titre de notre chanson s'imposa à moi

Moi, en un cri : « Addicted !
Tom, me regardant comme si j'étais une folle : Quoi ??
Moi : C'est comme ça qu'elle doit s'appeler, notre chanson..Parce qu'on est acccos à la musique, accro à cette chanson..
Tom : Oui, c'est pas mal..Banal, mais pas mal..
Moi : On n'a qu'à dire "süchtig" (en allemand)
Bill : Moi, ça me plait...
Georg : Oui, c'est pas mal..
Gustav: Moi aussi ça me plait..
Tom : Alors adjugé ! »

Nous étions épuisés lorsque nous arrivâmes à l'hôtel, je ne m'imaginais pas qu'un concert puisse être aussi fatigant. Nous montâmes donc directement dans nos chambres respectives (pourquoi Gustav et Georg avaient à une chambre personnelle et pas nous ? ). Je me changeai dans la salle de bain (tee-shirt de Bill accompagné d'un short cette fois pour ne pas paraître trop "provoc", aux yeux de Bill surtout, en fait, parce que Tom s'en foutait royalement de ma tenue vestimentaire, au contraire, plus j'étais "sexy", plus il était content), laissai entrer Bill pour qu'on puisse se démaquiller (wouah, ça fait bizarre de dire ça !) et appliquer nos crèmes pour le soin de la peau. Je ne pus m'empêcher de le regarder du coin de l'oeil pour voir ce que ça donnait sans maquillage. Il était toujours aussi beau, voire même plus. Les traits de son visage était si parfait, s'en était presque trop beau.

Je rangeai ensuite tous mon attirail et revint sur la chambre. Tom s'était approprié le petit lit et semblait s'être déjà endormi. J'entrepris alors de le réveiller; il n'allait tout de même pas m'obliger à dormir avec Bill sous prétexte que monsieur...monsieur quoi d'ailleurs ? Il n'avait aucune bonne raison de s'être couché dans ce lit là, on était censés dormir ensemble...Je le secouai de mon mieux, mais il ne daigna pas remuer le moindre cil, au contraire, il se mit même à ronfler !

Bill, lorsqu'il entra à son tour et qu'il me vit remuer ciel et terre pour arracher Tom des bras de Morphée : « Si tu continues comme ça, je vais finir par être vexé...
Moi, étonnée : Pourquoi ?
Bill : Ben, à te voir gesticuler comme ça, ça veut un peu beaucoup dire que tu veux pas dormir avec moi
Moi, narquoise : Susceptible ?
Bill : Non, sensible. Je préfère..
Moi riant : Si tu veux..
Bill : C'est bon, t'peux venir dormir avec moi..si tu m'promets de pas prendre la couverure comme l'autre fois !
Moi : N'importe quoi, c'est toi qui prenait tout !
Bill : Et en plus de ça, tu ronflais !
Moi * rire * : J'pense plutôt que c'était Tom qui ronflait tellement fort qu'on l'entendait jusque dans notre chambre.
Bill *rire* : Ca doit être ça, oui..Tu viens ou pas ? »

En guise de réponse, je m'infiltrai dans les draps à ses côtés, pris tous les coussins à ma portée (en lui laissant un bien sûre, je n'étais pas si égoïste que ça..) pour me créer un petit nid douillet. Il m'adressa un petit sourire avant d'éteindre la lumière. La pièce dans le pénombre m'évoqua immédiatement la salle de concert lorsqu'elle était plongée dans le noir et que nous la regardions du haut de la scène, et toutes les émotions que j'avais pu éprouver jusque là remontèrent en moi en une vague de frissons, de souvenirs. Même mon coeur était de la partie, il se mit à battre frénétiquement comme pour donner un rythme à ce raz-de-marée de souvenirs, de bonheur.

Bill : « Je rêve ou tu trembles encore ?
Moi : J'arrive pas à m'en empêcher..
Bill, après un moment : Viens là, ça peut peut-être te calmer...»

Il me prit alors dans ses bras, comme la veille, accélérant de ce fait les battements de mon coeur mais diminuant également mes tremblements. J'étais bien dans ses bras, je n'aurais voulu être nul part ailleurs. La respiration régulière de Bill finit par calmer mon pauvre coeur, et sa cadence se stabilisait peu à peu. Décidément, la musique était l'invention la plus fantastique et la plus indispensable du monde. Voire de l'univers. Grâce à elle, je vivais des moments magiques, et puis Bill était adorable avec moi...Et les mots que je m'étais répétés lors de mon premier concert me remontèrent en tête et tournaient, tournaient, à m'en faire perdre la tête. Ils étaient véridique, trop vrai en ce moment. Je veux vivre ce moment éternellement.

Nous nous réveillâmes le lendemain vers 11 heures. Rassemblement d'affaires, douches, déjeuner, puis reprise de la route en direction de la ville suivante (Mannheim, pour être plus précise). Tout se passa tellement vite que nous pûmes respirer qu'une fois installer dans la voiture, moi une fois de plus coincée entre Bill et Tom sur le siège arrière.

Moi : « Alors, Tom, bien dormi ?
Tom : Trop! * sourire narquois * Désolé, j'ai pas réfléchi hier soir et j'me suis couché dans le premier lit qui venait..en tout cas vous êtes trop mignon toi et Bill !
Moi : Oui, oui..mais moi c'est avec toi que j'voulais être mignonne !
Tom : Heureusement que Bill écoute sa musique, sinon il serait vexé..
Moi, rire
Tom : Au fait, ce soir j'vois une fille..Mais cette fois James a réservé pleins de chambres donc t'en fais pas, tu s'ras pas obligée de dormir avec Bill..Sauf si tu le souhaites bien sûre...
Moi : Et notre conversation, alors ? T'mas promis qu'on se parlerait...
Tom : Demain, promis !
Moi : T'as intérêt à ce que cette fille en valle la peine...»

Arrivés à destination, James nous imposa un programme semblable à celui de la veille. Répétition; familiarisation avec la scène, petite pause, répèt', dîner, puis stresse, la pression qui monte, appréhension et en même temps impatience. La chanson avec Tom se passa à merveille. Et le reste du concert aussi, en fait.

Après le concert, nous montâmes directement dans nos chambre. Je tournais en rond, n'arrivant pas à trouver le sommeil. Il fallait que je fasse quelque chose, n'importe quoi pourvu que je bouge. Je n'avais pas vraiment l'habitude de me coucher aussi tôt, et les murs de cette pièce commencaient sérieusement à m'oppresser. Je sortis donc sur le balcon, accompagné de mon fidèle paquet de cigarette, des Camel cette fois, j'avais besoin de changer un peu d'air. Parce qu'au fond, c'était un peu ça qu'elles représentaient à mes yeux, ces cigarettes, elles étaient mon air, mon oxygène...

Voix : « J'adore regarder les étoiles. C'est banal. Et pourtant j'adore. J'adore me retrouver face à cet infini, cet immensité, face à ses milliards et ses millards de lumières qui scintillent toutes chacune à leur façon, ses étoiles que je ne pourrai jamais atteindre...C'est ça qui est beau dans le ciel, son inaccessibilité... »

Je détournai la tête et découvrit Bill accoudé deux ou trois balcons plus loin. Il hocha la tête, geste qui m'invitait clairement à venir le rejoindre, ce que je m'empressai de faire : J'avais enfin trouvé un moyen pour passer le temps. J'entrai par a porte que Bill avait laissée ouverte à mon intention, la refermai sur moi et m'affalai sur le fauteuil, bientôt rejointe par Bill.

Moi : « Toi non plus tu n'arrives pas à dormir ?
Bill : Il faut croire...»

Silence. Pesant, le silence. Je regardai autour de moi, cherchant un début de conversation que je pourrais entretenir avec Bill mais, étrangement, rien ne me venait à l'esprit. Je m'installai plus confortablement dans le fauteuil, à moitié allongée dedans, ma tête posée sur le rebord du fauteuil et mes jambes sur celles de Bill qui lui ne bougea quasi pas d'un poil. Silence. Je chipotais à la chaîne accrochée au pantalon de Bill quand une envie soudaine de fredonner cette rengaine qui me trottait dans la tête depuis quelques temps déjà s'empara de moi.

«Trois petites notes de musique
Ont plié boutique
Au creux du souvenir
C'en est fini de leur tapage
Elles tournent la page
Et vont s'endormir

Mais un jour sans crier gare
Elles vous reviennent en mémoire

Toi, tu voulais oublier
Un p'tit air galvaudé
Dans les rues de l'été
Toi, tu n'oublieras jamais
Une rue, un été
Une fille qui fredonnait

La, la, la, la, je vous aime
Chantait la rengaine
La, la, mon amour
Des paroles sans rien de sublime
Pourvu que la rime
Amène toujours

Une romance de vacances
Qui lancinante vous relance

Vrai, elle était si jolie
Si fraîche épanouie
Et tu ne l'as pas cueillie
Vrai, pour son premier frisson
Elle t'offrait une chanson
A prendre à l'unisson

La, la, la, la, tout rêve
Rime avec s'achève
Le tien n'rime à rien
Fini avant qu'il commence
Le temps d'une danse
L'espace d'un refrain

Trois petites notes de musique
Qui vous font la nique
Du fond des souvenirs
Lèvent un cruel rideau de scène
Sur mille et une peines
Qui n'veulent pas mourir..»

Bill : «...C'est beau ce que tu chantes..Ca veut dire quoi ?
Moi, sourire malicieux : J'peux pas te traduire le texte, il perdrait toute sa beauté...Ecoute plutôt la musicalité des mots et de la mélodie, aussi, et essaie de t'imaginer.
Bill : Pourquoi ça perdrait sa beauté ? C'est le sens qui est important, non ?
Moi : Tout à fait pas d'accord. Et c'est d'ailleurs là l'erreur de beaucoup de chanteurs. Evidemment, le sens et très important, c'est même primordial, mais pour moi, une vraie chanson doit jouer sur les sens mais aussi sur les sons. Jouer sur la musicalité des mots, sur leur rythmes, tout ça..Cette chanson est légère, douce, par sa musique mais aussi et surtout par ses mots..Je sais pas comment te dire..La traduire en Allemand, ça lui ferait perdre tout son charme..
Bill : Comme si l'Allemand ne pouvait pas être une langue douce
Moi : Non, c'est une langue brusque, ce ne sont pas des jolis sons..Et tu vas me dire que dans le français aussi, il y a des sons durs, mais il y a aussi des sons doux, beaucoup de beaux sons. Je sais pas comment t'expliquer..Prenons un bête exemple: Pour dire je t'aime. En Allemand, on dit 'Ich liebe dich". J'ai beau répéter ces sons dans ma tête, je ne voix pas ce qu'il y a de beau là-dedans..Le sens est beau, certes, mais les sons sont franchement moches ! Par contre, en français, on dit "Je t'aime". Le "T" pour l'intense, le "m" pour le miam..Je t'aimmme", tu vois, il y a une idée d'intensité, de plaisir..Je t'aime...C'est beau, non ? Et "I love you" aussi, c'est beau, c'est sensuel..Par contre, "Ich liebe dich", bof quoi..
Bill : Oui, peut-être, mais "Ich liebe dich", c'est fort, c'est dur, comme le vrai amour.
Moi : Y'a pas que du dur dans l'amour, y'a aussi de la douceur, et du miam..et de l'intense..Avoues que c'est la plus belle langue du monde, le français, parce qu'il y a de tout, dans notre langue...
Bill : Non, c'est une sale langue...Je déteste !
Moi : Crois-moi, je vais te faire aimer..D'ailleurs, qu'est-ce que tu n'aimes pas dans le français ?
Bill : C'est dur !
Moi : Et l'Allemand pas, peut-être ?
Bill : Bien sûre que non !
Moi : Pff ! Moi au moins j'avoue que le français, c'est pas facile pour les étrangers..
Bill : Mouais. Non, c'est l'Allemand la plus belle langue du monde. Et puis nous au moins on est franc, direct dans notre langue..
Moi, rire : N'importe quoi ! Vous êtes surtout froid, oui..Et puis t'peux être franc sans pour autant être dur et froid..
Bill : En fait, j'pense pas que c'est un débat qu'on puisse avoir ; On n'a pas la même éducation, pas la même culture..Pour nous, les Allemands, notre langue est belle, et c'est tout.
Moi : La culture n'a rien à voir là-dedans ! Regardes, j'suis censée être Américaine, et ma langue préférée c'est le français.
Bill : Bien sûre que si la culture a tout à voir là-dedans..La façon dont ont m'a éducé, les choses qu'on m'a inculquées dès la naissance, tout ça...»


On continua ce débat jusqu'à pas d'heure, enchaînant ensuite sur pleins d'autres question, refaisant le monde du haut de nos 16-17 ans. Bill avait vraiment un point de vue intéressant sur tout un tas de trucs. C'était bien de pouvoir parler à quelqu'un comme ça, donner son point de vue, en discuter...Ca m'arrivait souvent, certes, mais pas de cette manière. Et puis les gens avaient souvent le même avis que moi, n'osant parfois pas me contredire ou ayant un avis tellement inintéressant que je me lassait vite. Mais Bill, lui, avait des bons arguments, des arguments fondés, il avait des opinions réfléchis, pas des trucs stupides que tu sors comme ça parce que tu n'as rien à dire. On finit par s'écrouler dans le lit, dans les bras l'un de l'autre par réflexe, réflexe qui m'était venu un peu trop rapidement à mon goût.

Le lendemain, même programme que les jours précédents. En route pour Francfort sur le Main. Je passai bien entendu la soirée avec Bill.

Je passai la soirée en compagnie de Bill.

Moi : «On sort ?
Bill : Où est-ce que tu veux qu'on aille ? J'connais rien de cette ville..
Moi : C'est pas un problème, on peut découvrir !
Bill, hésitant : Ok..»

Ben nous conduisit donc au centre-ville, comme je le désirais. C'était une place simplette en pavée construite autour d'une fontaine surmontée d'une énorme statue représentant un chevalier brandissant l'épée sur son chevalier. Des petits réverbères éclairait de leur lumière douce et chaleureuse cet endroit. Il y avait peu de monde, à notre plus grand plaisir.

Moi, fredonnant : "Des yeux qui font baisser les miens, Un rire qui se perd sur sa bouche, Voilà le portrait sans retouche, De l'homme auquel j'appartiens...Quand il me prend dans ses bras, Il me parle tout bas, Je vois la vie en rose, Il me dit des mots d'amour, Des mots de tous les jours, Et ça me fait quelque chose, Il est entré dans, mon c½ur, Une part de bonheur Dont je connais la cause..."

Bill : « J'imagine que celle-là non plus, je n'ai pas le droit de savoir ce que ça veut dire ?
Moi, sourire muystérieux : Un jour, peut-être..J'avais 6 ans quand je l'aie entendue pour la première fois, c'était ma chanson préférée à l'époque, et j'm'étais fait la promesse que le jour où un gars me chanterait cette chanson, ce serait l'homme de ma vie..J'étais jeune et innocente à l'époque.
Bill : Pourquoi ?
Moi : Parce qu'il y a des chansons beaucoup plus belles, et puis que de toutes façon je ne crois pas à ces histoires d"homme de sa vie"..
Bill : Moi..
Moi, l'interrompant : Jm'en fous de savoir ton avis sur la question, Bill, tu n'me feras pas changer d'avis, quoique tu dises. Et si t'as envie d'y croire, j'te respecte. Mais moi, je n'y crois plus. Point à la ligne. »

On se promenait donc en silence dans les petites ruelles de cette charmante ville, tout deux plongé dans nos souvenirs, dans nos déboires amoureux. Enfin déboires amoureux, je ne peux pas vraiment parler d'amour dans mon cas vu que je ne suis jamais tombée amoureuse comme vous considérer le mot amour. Amoureuse comme dans ses tas de romans superficiels et basés sur du vent. Parce que l'amour comme ils le décrivent dans les romans, ça n'existe pas. L'amour, le vrai, c'est quelque chose qui vous prend au dépourvu, qui vous bouscule, qui vous emporte, qui vous fait planer mais qui finit un jour ou l'autre par s'envoler. Quoiqu'il puisse arriver, l'amour retombe. Et j'vous parle en toute connaissance de cause, parce que des gars, j'en ai connus. Des tas. J'ne dis pas que j'ai été amoureuse de tous. Je n'ai été amoureuse qu'une fois en fait. C'était beau, on était bien. Mais l'amour est parti voir ailleurs et on a vite compris, on n'a pas cherché à le retenir. Il était parti et je ne m'en suis pas portée plus mal. Tout ça pour vous dire que l'amour, ça existe, mais ça ne peut pas durer. Il faut arrêter de se faire des illusions, les gars, on n'a qu'une seule vie, pourquoi se la gâcher en vous sacrifiant pour un seul homme ? Pourquoi essayer de s'accrocher à de ridicules principes comme quoi on ne peut connaître qu'un seul homme dans sa vie ? Moi je n'y crois pas. Vraiment pas. Et dans un sens, ça m'libère, parce que moi je n'me prends pas la tête pour des conneries. J'vis, j'bouge, j'me focalise pas sur une seule chose. J'ai ce besoin constant de découvrir les choses, de les vivre, de toujours partir voir ailleurs. Est-ce la peur ? Peur de passer à côté de tas de choses ? Non ce n'est pas la peur, juste le besoin.

Nous marchions depuis quelque temps déjà lorsque nous tombâmes sur une autre petite place, plus petite que la précédente, plus moderne aussi et entourée d'arbres. Celle-ci était également dotée d'une fontaine, plus contemporaine cependant. C'était une ses plaques carrées lancant plusieurs jets d'eau irrégulièrement.

Moi : « On va jouer à un jeu.
Bill, regarde la fontaine, puis me regarde, suspicieux : J'te vois déjà venir..
Moi, un petit sourire au lèvre : Imagine que la fontaine, c'est un échiquier. On compte les cases dans la largeur en chiffres et celle de la largeur en lettres. L'un donne une coordonnée à l'autre qui doit arriver à cette case sans passer en oblique.
Bill : Donc on doit passer au dessus des jets ?
Moi : Exact. Mais t'preux quand même attendre que le jet sois éteint. A chaque fois que t'es mouillé, t'as un gage.
Bill, relevant le défi : D'accord..»

On se mit donc chacun d'un côté. Première case, la C3, pour moi. Sûre de moi, j'attendai que le jet devant moi se soit arrêté pour me lancer. Une case, deux, puis troisième case. Maintenant sur le côté. Je réussis presque sans gouttes d'eau, la chance était de mon côté. Deuxième case pour Bill qui réussit lui aussi sans problème. Il faut préciser aussi que je lui en avais donné une facile, pour l'échauffer. Nous nous lançâmes ensuite dans une bataille effrénée, à celui qui réussit à tenir le plus longtemps possible. Bill était très agile et réussit systématiquement à éviter l'eau de justesse, et c'est moi qui finit par perdre. J'étais en effet partie dans ma lancée mais, apercevant un jet soudain devant moi, je reculai brusquement et reçut en pleine fesse le jet derrière moi. Je sursautai à ce contact dur et froid (c'est qu'ils sont violent leurs jets d'eau) puis me jetai dans les bras de Bill qui se trouvait à proximité, tous deux morts de rire. Je le fis reculer jusqu'à ce qu'il tombe lui aussi dans de l'eau. S'en suivit un petit cri de la part de Bill, puis un second fou rire. Maintenant que nous avions baissé nos gardes, nous nous ramassions tout un tas de jets un peu partout. Nous finîmes par sortir se cette fontaine, trempés jusqu'aux os, sous les yeux ébahis des passants, mais nous nous en foutions, toujours morts de rire.


Nous étions en train de nous en remettre quand un groupe de fille s'approcha et nous aborda..

Un groupe de fille s'approcha de nous et une d'entre elle dit:

Fille : « Bill ? Bill Kaultiz ? Je le crois pas !
Bill, un peu gêné: Euh..Oui, mais évitez de le crier, svp, j'suis pas vraiment chaud pour signer des authographes toute la nuit..»

Les filles se mirent à pailler entre elles, se recoiffer, sourire bêtement, elles s'affolaient, limite hystériques, puis fouillèrent rapidement dans leur sac à la recherche d'un bic, d'un papier, de leur appareil photo. Bill, docile signait tout ce qui lui passait sous la main et se laissait prendre en photo pendant que j'observais cet hilarant spectalce en retrait. Une des filles m'apercut soudain.

Fille, limite agressive : «T'es qui, toi ?
Moi : La girlfriend de Bill. »

Regards noir de la part des fans, regards tueur, assassin, méprisable, mauvais, hostile, arrogant, insolent, dédaigneux, suffisant, bref, regard jaloux, et tout ça pour moi. Et bizarrement, je me délectais de leurs regards, je m'en amusais. Regards échangés avec Bill, accompagné d'un rire adorablement craquant de sa part.

Moi, sourire au lèvre : « Ben oui, j'suis une amie et une fille. Une girlfriend, quoi..Stressez pas, j'pourrais pas sortir avec un gars aussi efféminé, j'me sentirais trop mal..»

Relâchement du côté des filles, qui restaient sceptiques malgré tout.

Une fille, soudain : « Eh ! Mais on t'a pas déjà vue quelque part par hasard ?
Moi : Au concert, sûrement, je chante un peu avec le groupe..
Fille : Non, non, on a pas été..
Fille 2 : Moi j'sais ! C'est dans le Bravo de ce mois-ci, y'a tout un article sur elle et le groupe..T'es le mannequin super connu, c'est ça ?
Moi : J'étais pas au courant pour le magazine..Mais c'est possible, oui..
Bill, me prend soudain par la taille et commencer à partir : Bon les filles, vous êtes super sympa mais on ferait mieux d'y aller. On est encore trempés !
Fille : Attendez! On peut juste prendre une photo avec vous ?
Bill, essayant de se montrer le plus agréable possible : Bien sûre ! »

Toutes les filles, excepté celle qui prenait la photo, bien entendu, vinrent donc se placer autour de nous et prirent la pause. Moi avec mon regard amusé (malicieux, il paraît..) , comme d'habitude. Bill avec son regard de tueur. Et ses mains toujours posées sur mes hanches. Miam. C'est le seul mot qui me vint l'esprit. Et barbe à papa aussi. Ne me demandez pas comment j'ai pu faire le rapprochement entre les mains de Bill sur mes hanches et une barbe à papa, j'ai fait le lien, c'est tout. Peut-être parce que j'aimais que ses mains soient posées là autant que j'aimais le goût doux et sucré de la barbe à papa. Miam. Miam. Je me répétais mille et une fois ce mot tellement j'aimais, j'aimais ses mains. Douces. Sur mes hanches. Son souffle dans le creu de mon cou. Je veux une barbe à papa. Puis vint le Flash. Trop vite, trop tôt, parce que je me disais que Bill oterait ses mains.

Bill, me chuchote à l'oreille : «On fait quoi maintenant ?
Moi, me retourant pour lui faire face : Je veux une barbe à papa. »

Je ne savais pas si Bill avait compris. Probablement pas. Il n'y avait que moi qui pouvait comprendre mon esprit tordu en fait. Même si ça m'apparaissait clairement, ce rapport entre la douceur de la barbe-à-papa et sa douceur à lui. Il me regardait droit dans les yeux, un sourire accroché aux lèvres. Comme moi. J'avais oublié les groupies qui nous entouraient, surveillaient nos moindres faits et gestes, je m'en foutais, j'avais Bill, j'avais sa barbe à papa, et ça me suffisait. Mais pas à elles, elles ne nous avaient apparemment pas oubliés. Flasch. Clignement des yeux ; on ne s'y attendait pas vraiment, à cet éclat de lumière soudain, nous on était ailleurs, loin de tout ça... Mais elle suffit à nous sortir de notre torpeur.

Bill, reprenant du poil de la bête : Désolé les gars mais on doit vraiment y aller..Envoyez-moi les photos, en souvenir..

Filles, excitées : « Promis ! »

Sur ce, nous entrâmes dans une ruelle au hasard. Les mains de Bill étaient restées posées négligemment sur mes hanches. je ne fis aucune remarque à ce sujet, j'aime trop les barbes à papa. Les fans s'étaient mis en tête de nous suivre "discrètement", ce qui n'était pas du tout le cas, elles étaient détectables, mêmes de notre planète à moi et Bill, celle qui se trouve à des milliards de kilomètres d'ici. Je pris Bill par la main et nous nous mîmes à courir, courir dans chaque ruelle qui s'ouvraient devant nous pour pouvoir semer ces hystériques.

Nous mourrions de froid à cause de nos vêtements. Je finis donc par abandonner l'idée de m'acheter cette fameuse barba à papa que je désirais tant et appelai Ben. Nous nous prîmes tout de même un chocolat chaud en vitesse dans un petit café du coin, en attendant l'arrivée de la voiture. Ben avait eu la bonne idée de nous apporter des vêtements propres (des tee-shirt à lui, je ne lui aurais jamais permis de fouiller dans mes affaires) et des couvertures pour nous réchauffer quelque peu.

Moi, oppressant le pauvre Bill qui n'avait rien demandé : « Changes-toi ! Changes-toi !
Bill : C'est bon, Alex, on arrive dans deux minutes..
Moi : Si, si, j'veux pas que tu tombes malade, moi..j'm'inquiète beaucoup pour ta voix, tu sais..J'm'en remettrais pas si t'es malade en malade !
Bill : C'est bon, j'suis solide..maman !
Moi : M'en fous, tu t'enroules dans cette couverture, au moins !
Bill finit par me céder et me laissa l'emmitoufler du mieux que je le pouvais sous son regard exaspéré.
Bill, désserant quelque peu le tout : Contente ?
Moi, sourire satisfait : Très. »

D'après mes ordres, Bill monta directement dans la chambre, sans omettre de glisser un petit "Je ne suis pas soumis, juste fatigué et impatient de me changer.." par fierté. De mon côté, je demandai à l'accueil qu'on nous apporte des tisanes et des couvertures. J'expliquai ensuite en un bref résumé ce qui m'était arrivé à un James un peu trop curieux à mon goût, mais c'était James, et j'pouvais tout lui dire à lui. Bill était en train d'étaler ses vêtements sur le radiateur losque j'entrai dans la chambre. Mmh, toujours un aussi beau torse. Ou peut-être devrais-je dire "miam", mais il me semble que le "mmh" est plus approprié à la situation. J'otai tous mes vêtements et me mis un vêtements de nuit avant de me glissai dans mon lit encore grelottante de froid. Bill allait me rejoindre lorsqu'on frappa à la porte.

Voix : « Service de chambre !
Bill, à l'air amusé : Qu'est-ce que tu as encore fait ? (je n'avais pas prus la peine de lui dire ce que je manigancais en bas à l'accueil)
Moi, air inncocent : Moi ? Rien. Absolument rien. Tu ouvres, s'il te plaît ? Je ne tiens pas à ce que la personne dehors attende.
Bill, après avoir ouvert la porte : T'es vraiment grave, tu sais !
Moi : Regardes pas ce qu'il y a dedans ! Vous pouvez m'apportez le chariot ici, svp ? Et Auriez-vous l'amabilité de prendre les vêtements posés sur le radiateur pour qu'ils sèchent plus rapidement ? Vous devez avoir un sèchoir..Sinon, ça ne pose pas de probème, on s'en occupera..
Gars : Non, non, ça ira. Je m'en occupe.
Moi : Merci bien. Vous pouvez disposer.
Gars : Merci, mademoiselle. Passez une bonne soirée. »

Remarquez mon sens de la politesse. Bill vint poser une des couvertures supplémentaires qu'il avait piquée sur le chariot en chemin, la posa sur le lit et s'installa à mes côtés, attendant patiemment la tisane que je lui préparais minutieusement.

Moi : « C'est Rosa, une de mes nounous quand j'étais petite, qui m'a appris à faire des tisanes. Gouttes !
Bill, boît à la cuillère que je lui tends, comme à un bébé : C'est hyper sucré ! Mais j'adore.. * Me prends la tasse des mains * J'aime bien quand c'est bien sucré..mmhh..T'as mis du miel dedans ?
Moi, fière de moi : Oui ! C'est trop bueno, hein ? Et tu vas voir, tu vas dormir comme un bébé avec ça...Bois doucement, quand même..
Bill : J'pourrais pas dormir comme un bébé si j'ai pas de doudou..
Moi, sourire : Mais tu m'as moi
Bill : Mouais pas t'es assez violente, comme doudou...T'me donnes parfois des coups, c'est pas s'per agréable, tu sais.
Moi, rire, puis fouille dans le chariot et en ressort un beau nounours en peluche tout doux : Tiens !
Bill, étonné : C'est une blague ? Dis-moi que c'est une blague ?
Moi : Quoi ?
Bill : Ne me dis pas que t'as demandé un ours en peluche pour moi ?
Moi : Oh ! J'l'avais vu à l'entrée, dans une vitrine, et j'le trouvais adorable, alors je l'ai acheté.
Bill, s'empare de nounours : C'est vrai qu'il est trop mignon ! T'me le donnes ?
Moi : Si tu me promets de me le donner de temps en temps..
Bill : Promis !
Moi : Et si tu m'achètes une barbe à papa demain.
Bill, rire : Mais qu'est-ce que tu as avec tes barbes à papa ?
Moi : ...J'crois bien q'j'en suis tombée amoureuse..Alors ? T'me promets ?
Bill, tout sourire : Promis ! * regarde un instant le nounours * Merci !! »

Il me donna ensuite un petit baiser sur la joue pour me remercier, déposa sa tasse vide sur la table de chevet et attendit mon accord pour éteindre la lampe. Je me créai une petit place dans ses bras et m'endormis, le rythme de ma respiration s'accordant parfaitement à la sienne.

Nous nous réveillâmes le lendemain avec difficulté et arrivâmes donc en retard au dîner. Je m'efforcai d'effacer les dernières traces de sommeil de mon visage, mais elles étaient sculptées dessus, ne voulant pas disparaître.

Tom, en apercevant notre tête dans l'cul : « Vous auriez pu me prévenir, que vous sortiez hier soir..
Regards échangés avec Bill. Tom avait l'air de mauvaise humeur, ce qui n'était pas bon signe.
Bill : Dis pas d'conneries, on s'est juste un peu promenés..
Tom, sceptique : Oui, oui.
Bill, pour changer de sujet : On doit faire nos valises ?
James : Non, on reste deux jours ici..
Moi : Dément ! On connaît bien la ville, maintenant, on pourra vous faire visiter..
James : Ne me dites pas que vous avez guindaillés toute la nuit !
Moi : Mais non, on s'est juste promenés.. Pas une goutte d'alcool !
James : Oui, oui, vous avez intérêts à être parfaits ce soir, sinon vous êtes privés de sortie !
Moi, rire : Genre ! Et mais au fait, vu qu'on reste ici et qu'on connaît donc la salle, y'a pas de répèt cet aprèm' !
James, sourire sadique : Oh que non ! Vous n'y échaperez pas..»

James nous laissa tout de même deux heures de temps libre. On en profita pour retourner avec Tom cette fois au centre-ville pour achetercette fameuse barbe à papa. Tom restait cepedant en retrait, esquivait mes questions et parlait peu. Bill, lui, ne disait rien. Il avait probablement tout de suite compris ce qui se passait dans la tête de Tom.

Pour le reste, même programme que les autres jours. James insistait pour que j'assiste à la répétition entière, pour mien me mettre dans l'ambiance, il paraît. Comme si j'avais besoin de ça ! Je m'étais installée dans le fond de la salle, sur un siège, et je les écoutais jouer. Tom, d'ordinaire excité et sautant un peu partout, restait étrangement calme. Il faisait tout ce qu'on lui demandait de faire, sans broncher, ce qui n'est pas dans les habitudes de Tom. Le prire dans tout ça, c'était que je n'arrivais pas à lui parler parce qu'il ne cessait de m'éviter.

Je cherchais inlassablement une occasion pour parler à Tom, et celle-ci se présenta enfin lorsque les Stalling Star's (Quelle idée d'appeler un groupe de rock avec un nom aussi..Boysband ! ) jouait la première. Il n'eut cette fois-ci aucun prétexte pour se défiler. Il était assis dans un fauteuil et chipotait avec son portable. Je m'installai à ses côtés et tentai une approche.
# Posté le mercredi 08 novembre 2006 10:48
Modifié le dimanche 13 juillet 2008 15:49

Quatrième partie.

Moi : « Tiens ! Voilà l'homme aux dreads ! Tu vas bien ?
Tom, les yeux toujours rivés sur son portable, les sourcils légèrement froncés : Très bien, très bien et toi ?
Moi : Ca va. Euh..Tom ?
Tom, ne me regardant toujours pas : Mmmh ?
Moi, me lançant : Je..Je vois bien que t'es pas bien. Ne me dis pas le contraire, j'suis pas dupe. Et j'arrête pas d'me demander depuis ce matin c'qui va pas. J'ai réfléchi, et puis quand j'vois le manque de réaction de la part de Bill, j'me dis que c'est paut-être juste une mauvaise passe. Et j'sais c'que c'est, les mauvaises passes pour en avoir déjà vécu. Au fond, t'me ressembles un peu, on est tout les deux comme...comme des oiseaux. Des oiseaux qui volent, volent, tourbillonnent, papillonnent, virevoltent, on danse, on chante..enfin tu vois, quoi. On vole. Mais y'a des jours comme ça, des jours où tu percutes quelque chose. Parfois minime et tu t'en remets, tu repars, t'regardes pas derrière toi. Parfois tu t'cognes contre un plus gros trucs. Mais c'est pas sûre que tu tombes. Parce qu'on est solide, tous les deux, on est solide à notre manière. Même s'il nous arrive souvent d'nous voiler la face, on s'en fout, nous au moins on sait voler. Mais y'a des jours où c'truc, à, aussi minime qu'il soit, il nous fasse mal. Y'a des jours où on s'est pris trop d'abeille dans la gueule, et on peut pas s'empêcher d'se laisser tomber. On revolera, après, on s'relevera, mais on aura peut-être pas assez d'force pour le faire tout d'suite. Je l'sais, Tom, ça m'est arrivé. Plus d'fois que t'pourrais l'imaginer. Alors j'sais ce que c'est. Mais j'me demande, Tom, si j'dois te laisser te relever, ou si j'dois encore insister pour que t'me laisses t'aider. J'sais pas trop..Et j'aimerais que tu m'éclaires un peu.
Tom qui avait arrêté de tripoter aux touches de son portable mais qui persistait à éviter mon regard : C'est rien, juste une mauvaise passe comme tu dis. J'ai pas besoin d'aide.
Moi : Juste une mauvaise passe ?
Tom, me regarde enfin en face avec un faux sourire qui se voulait rassurant : Oui.
Moi : Pas d'abeilles ?
Tom : Pas d'abeille.
Moi : ..Oui, les abeilles ne volent pas assez haut pour pouvoir t'atteindre. C'était un frelon alors ?
Tom, hésitant, évitant une fois de plus mon regard : ...C'possible..J'sais pas trop...Hier, quand vous étiez ensemble, toi et Bill..
Moi : ...Oui..?
Tom, yeux baissés : ...Y'a Claire qui a appelé.
Moi : Claire ?
Tom : ...J'ai pas envie d'en parler.
Moi : ...Si c'est c'que tu souhaites...»

Tom s'empara d'un numéro de Vogue qui traînait sur la table et fit mine d'être passionné par ce qu'il lisait. Son attitude m'intriguait au plus haut point. On ne m'avais jamais, depuis que je connaissais les jumeaux, mentionné le nom de cette Claire. Moi qui pensais bien connaître Tom, j'avais tout faux. D'un autre côté, je leur avais caché pas mal de trucs de mon côté. En fait, quand on y pense, je leur avais caché la plus grosse partie de ma vie, la plus importante. Mais ce qui comptait, pour l'instant, c'était Tom. Il fallait que j'aille soutirer des informations à Bill, je devais en savoir plus sur cette fameuse Claire.

Dès la fin du concert, Tom s'enferma dans sa chambre. Non, non, il ne me fuyait sûrement pas...Vu que Tom ne paraît pas coopératif je vais essayer de soutirer des informations à Bill sur cette fameuse Claire, j'suis sûre qu'il m'en dira un peu plus que ce cher Tom... Je le retrouvai accoudé au balcon de notre chambre actuelle, pensif, le regard au loin. J'allai de suite le rejoindre, en profitai pour lui remonter son fut' qui descendait un peu trop bas à mon goût (Il avait un beau fessier, ce n'était pas le problème...Mais ça me démangeait depuis un bon bout de temps..). Il se retourna brusquement au contact de mes mains mais son regard se radoucit lorsqu'il vit que ce n'était que moi. J'allumai une cigarette et posai le paquet sur la rampe.

Bill : « Je peux ?
Moi, m'emparant rapidement du paquet : Sûrement pas !
Bill : Tu sais qu'en fumant à côté de moi, c'est comme si moi j'fumais avec toi...
Moi, réfléchit un instant avant de me positionner de manière à ce que la fumée portée par le vent n'aille pas sur Bill : Content ?
Bill : Ca ne change strictement rien à mon envie de fumer...
Moi : Et que vaut cette envie soudaine de fumer ?
Bill : C'est pas une envie soudaine...J'suis juste un peu stressé..
Moi : A cause de Tom ?
Bill : ...
Moi : Il m'a parlé d'une certaine Claire...
Bill, étonné : Il t'a parlé d'elle ?
Moi : Oh, il l'a juste mentionnée..Il m'a juste dit que Claire avait appelé, il voulait pas en dire plus..
Bill : C'est bizarre, Tom est du genre à éviter le sujet..
Moi : Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé avec cette Claire ?
Bill hésitait. Je pouvais clairement lire dans ses yeux « Dois-je lui dire ou pas ? Est-elle digne de confiance ? »
Bill : ..J'pense que c'est assez facile à deviner..C'est juste une ex à Tom..
Moi : Juste une ex à Tom ? Alors Tom déprime parce qu'une ex sans importance l'a rappelé ? Et t'crois sérieusement que j'vais avaler ça ?
Bill, exaspéré : C'est juste que...Il était fou amoureux d'elle, vraiment accro. Mais c'est une pétasse, une salope finie...
Moi : ...Et elle jouait avec lui ?
Bill : Oui...Pour finir, elle l'a lâché pour un autre...Le problème, c'est qu'à l'époque, on était pas encore connu et bon, elle se foutait un peu de la gueule de notre groupe. Mais maintenant qu'on est relativement célèbre, elle essaie de le ré-avoir. Il lutte contre elle, mais j'vois bien que c'est pas facile pour lui, il est encore attachée à elle, il peut pas s'empêcher d'avoir encore des sentiments...Et bon maintenant, il veut plus s'investir dans une relation..C'est pour ça qu'il est aussi...Volage.
Moi, après une minute de silence : C'est pour ça que tu te méfiais autant de moi au début, hein ? T'avais peur que j'lui fasse le même coup que Claire ?
Bill : Oui.
Moi : T'avais pas tort. J'suis le genre de personne dont on doit se méfier. Du genre à jouer avec les gens...Du genre à faire mal sans s'en rendre compte...Ou juste pour mon plaisire, parce que ça m'amuse, parfois...Du genre à changer d'gars toutes les semaines si c'est pas tous les jours...
Bill : Un peu comme Tom. D'puis Claire, il papillone de fille en fille...
Moi, dans un mumure : A la différence que moi, j'ai même pas été désabusée, j'ai toujours été comme ça..J'suis horrible...* voix normale * Ca t'plait pas, qu'il soit comme ça ?
Bill : Non, j'aimerais qu'il se stabilise un peu. J'ai pas l'impression que ça l'aide de s'comporter comme ça..
Moi : D'un aure côté, on est un peu jeune pour se stabiliser, non ? J'trouve qu'on doit un peu découvrir les choses de la vie, on peut tout tester..
Bill : C'veut pas dire s'taper la première jolie fille qui pointe son nez pour la jeter le jouer d'après..
Moi : C'est pour ça que l'autre jour il m'a bacquée comme ça...
Bill, un peu gêné : Euh...oui, et non. Maintenant qu'on commence à se connaître, il faut que j'te parle d'un truc.
Moi, commençant à m'inquiéter : D'un truc ?
Bill, évitant mon regard : Oui. A propos de ce jour-là, justement. Tom ne m'a...Tom ne m'a...* Prends une grande inspiration et se retourne pour me regarder droit dans les yeux * Tom ne m'a jamais demandé de faire quoique ce soit ce matin là.
Moi, bouche bée : Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
Bill : Essaies de comprendre ! J'ai tout de suite vu quelle genre de personne t'étais, et ça m'a fait peur. Surtout que Tom était obnibulé par toi, il ne parlait que de toi, tout le temps, et ça m'faisait peur. J'veux pas qu'il revive la même chose que...
Moi, sèchement : Oui. J'peux comprendre.
Bill : Maintenant, j'en ai longuement parlé à Tom, et voilà...
Moi : J'comprends. J'vais me coucher. »

J'sais pas trop pourquoi je réagissais comme ça, pourquoi ça m'faisait aussi mal. Parce qu'au fond, Bill avait tout à fait raison, tout homme normalement constitué se comporterait pareillement s'il était dans la même situation que Bill et Tom. Mais ça m'faisait mal, et j'y pouvais rien. Ca m'faisait mal qu'on n'arrive pas à me fairec confiance. Que j'sois considérée comme une salope, comme une fille sans coeur, comme une fille comme Claire, en fait. J'voulais pas qu'on me voie de cette manière, moi aussi j'pouvais avoir des sentiments. D'ailleurs j'en avais, pour Bill et Tom, j'm'étais attachée à eux et jamais j'aurais pensé me servir d'eux, jamais j'aurais pensé partir après la nuit que j'avais passé avec Tom. Ca m'avait même pas traversé l'esprit, sur le coup.

Je ne pris pas la peine de me déshabiller et me couchai en boule sur un coin du lit, ruminant sur ce que Bill venait de m'avouer. Celui-ci vint me rejoindre quelques minutes plus tard. Ou peut-être plusieurs heures, mais au fond, on s'en fout. Je ne parvenais pas à m'endormire, et un mal de chien à la tête me torturait depuis tout à l'heure.

Bill, chuchote : « Alexia ? Alexia, j'sais q'tu dors pas...J't'en prie, regardes-moi !...»

Je ne répondis rien à cela. Rien à dire. Ou pas envie d'lui parler, tout simplement.

Bill :« C'qui est important, c'est pas c'que j'ai pu dire ou pense, mais c'que j'pense aujourd'hui...
Moi, me relevant soudain : Mais merde Bill, j'en ai rien à foutre d'ce que t'as fait, c'est normal, et j'comprends tout à fait ! C'qui m'fait mal, c'est que t'as eu raison. Pas q'tu l'ais fais mais q'tai eu raison. Maintenant, on s'en fou, on oublie, ok ? J'veux oublier, plus penser à tout ça...»

Bill acquiesça à contre-coeur, j'le voyais bien dans ses yeux qu'il ne voulait pas en arrêter là. Mais j'lui interdisit d'aller plus loi, je n'en avais aucune envie. Je me lovai dans ses bras minces et pourtant si protecteur. Il se mit à me caresser les cheveux, puis ensuite les bras. Les minutes passèrent ma douleur s'écoula peu à peu, entraînée par le temps. Et j'me disais que bordel, qu'est-ce que j'aurais fait si Bill et sa douceur habituelle n'avait pas été là. Et que j'l'aimais un peu trop, mon Bill, que l'air de rien, j'pouvais lui pardonner n'importe quelle connerie. Parce que si un autre m'avait fait un truc pareil, j'serais pas passé au-dessus, j'l'aurais laissé dans son trou et j'l'aurais oublié dans la minute qui suivrait. Mais avec Bill, c'était différent. Bill, c'était Bill. C'lui qui arrivait à me calmer juste en m'prenant dans ses bras, juste en étant lui. C'lui qui m'faisait un peu oublier toutes les conneries qu'j'avais pu faire. Et qui en même temps, sûrement sans s'en rendre compte, m'obligeait à les affronter pour m'en guérir. C'lui qui m'donnait envie de m'améliorer, d'évoluer, de devenir quelqu'un d'bien. C'lui qui m'donnait envie d'aimer, et d'partager ce sentiment. C'lui qui m'faisait passer des moments magiques, qui parvenait à partager des moments forts, intenses, par le simple biais de la musique. C'lui que j'pourrais regarder des heures et des heures sans me lasser.

Mon Dieu, était-ce moi qui venait de formuler toutes ces pensées ? Impossible, Bill n'était que Bill. Le frère de Tom. Tom ? J'avais failli oublié que Tom n'allait pas bien ! Au lieu de ça, j'divagais, j'me laissais emporter par la tendresse qu'me portait soudain Bill. J'me relevai brusquement, interrompant Bill dans ses caresses.

Moi : « Qu'est-ce qu'on fait pour Tom ?
Bill : Soupir. Rien. On n'peut rien faire. Juste notre possible pour qu'il ne revoie pas Claire, et j'ai déjà fait l'nécessaire.
Moi : C'est tout ?
Bill : C'est d'jà beaucoup, crois-moi !
Moi : On n'devrait pas aller l'voir, lui parler ?
Bill, qui s'était lui aussi redressé me caressait la joue pour me rassurer : J'lui ai déjà parlé, ne t'en fais pas...Et puis de toute façon, il préfère rester seul dans ces moments-là...
Moi : T'es sûre ?
Bill, plein d'aplomb : Certain. »

Argh ! Bill vient d'poser sa main sur ma cuisse, encore geste amical pour m'rassurer. Pourquoi ca m'fait cet effet là ? Sa main glisse lentement, se met à me caresser. Frisson. Frémissement. Enlèves ta main de là Bill, t'vois pas que j'suis sur le point d'exploser ? Y'a des moments où Bill paraît lire dans mes pensées et où il comprend tout d'suite ce que j'veux. Comme tout à l'heure, quand j'lui ai dit que j'voulais plus en parler, il a tout d'suite compris et a accepté d'se taire. Puis y'a d'autres moments où il n'semble pas comprendre les signaux que j'lui envoies. Comme là, maintenant, il continue à m'caresser. Restes impassible, Alex, restes calme...Penses à Tom, penses à Tom ! A croire que ca n'suffit pas. C'est même pire. Parce que j'arrêter pas d'frissonner de plaisir, parce que j'ai des p'tits gazouillis dans l'bas du ventre, parce que j'n'ai aucune envie qu'il s'arrête. N'penses plus à sa main qui s'ballade un peu trop présomptueusement sur ma cuisse. Concentres-toi sur Tom. Rien que Tom. Non pas au Tom du soir où vous avez couché ensemble. Argh ça m'fait encore plus de frissons et de gazouillis d'penser à ça. Parce que j'peux pas m'empêcher d'associer cette idée au fantasme d'coucher avec B...Non, ne prononce pas cette pensée ! Penses à Tom ! Mets toute ton énergie sur Tom, le Tom triste,le Tom qui n'va pas bien.

Moi, au prix d'un grand effort : « J'pourrais pas dormir tranquille si j'sais que Tom s'morfond dans son coin. »

Pfiou, il a enlevé sa main. Soulagement, j'respire, j'reprends du ieux que j'peux mon souffle. Mes joues sont un peu rosies, j'espère qu'il ne le verra pas...J'espère qu'il n'a rien remarqué, surtout q'de mon côté, j'ai fait mon possible pour qu'il ne remarque rien, pour rester impassible à cet main qui...Ca y est, ca recommence, les frissons les gazouillis, les pensées que j'ne devrais pas avoir...Même quand Bill n'a pas sa main sur ma cuisse. Sa main si douce, si...

Bill : « Il s'morfond pas, Alex, j't'assure. Demain il s'ra remis sur pieds, j'te le promets !
Moi : Y'a intérêt. »

Bill m'attira alors vers lui et me prit le visage entre les mains. Il me regardait droit dans les yeux. Pendant un instant, je crus que son visage se rapprochait du mien, mais ce n'était qu'une illusion. Putain d'illusion. Bill me dit:


Bill : «Je te promets qu'il va bien. Maintenant, on ferait bien de dormir, tu crois pas ?
Moi, baissant les yeux : Oui. On devrait, oui. »

Je me dégageai alors de son emprise et me levai.

Bill : « Où tu vas ?
Moi : J'viens juste de me rendre compte, c'est la première fois que j'm'inquiète autant pour quelqu'un. Dans un autre cas, j'en aurais rien eu à foutre. Mais là, c'est différent, j'sens que j'pourrai pas dormir si j'sais que Tom allait pas bien aujourd'hui. J'suis désolée d'te faire chier Bill, mais il faut vraiment que j'aille le voir. J'te promets que j'serai de retour le plus vite possible, mais ne m'attends pas, endors-toi déjà.
Bill, exaspéré : Ca sert à rien...J'comprends pas pourquoi tu t'obstines !
Moi : Peut-être. Mais il faut que j'le fasse. * murmure * Bonne nuit, Bill. »

Sur ce, je sortis de la chambre et me dirigeai vers celle de Tom.

Celui-ci mit au moins un quart d'heure pour venir m'ouvrir, et c'est un Tom encore endormit qui me regarda avec étonnement.

Tom, éberlué : « Qu'est-ce que tu fais là ?
Moi, avant de me jeter sur son lit : J'viens dormir avec toi !
Tom, tout penaud : Si tu veux...
Moi, après qu'il m'ait rejointe : J'voulais pas que tu croives que Bill et moi on te laisse dans le vent..T'es pas seul, Tom.
Tom : ...Je sais, Alex, je sais...T'avais pas besoin de venir jusqu'ici pour me l'dire..
Moi : Moi j'pense que si. Du moins, c'est c'que j'aurais voulu si j'avais été à ta place.
Tom : T'en fais pas, j'vais bien.
Moi, petit sourire : je sais, c'est ce que Bill se tue à m'dire depuis tout à l'heure, mais j'avais pas la conscience tranquille, j'voulais pas te laisser là, seul, dans cette vieille chambre de cet hôtel sordide...
Tom, rire, puis après une minute de silence : Tu l'aimes bien, hein, Bill ?
Moi : Bien sûre que j'l'aime bien, t'croyais tout de même pas que j'laissais entrer n'importe qui dans mon lit !
Tom : Ben si, un peu..* rire * »

S'en suivit un coup de coussin de ma part. Puis un autre, de la sienne. Puis une gigantesque bataille, un combat sans pitié, même pour moi pauvre fille innocente et fragile. Bon d'accord, pas si innoncente que ça. Mais Tom n'était pas obligé d'me taper aussi fort !

J'sais plus trop comment ça s'est fini, cette soirée. Tout c'que j'me souviens, c'est des cigarettes qu'on a fumées sur le balcon en ressassant tous nos souvenirs, en partageant nos expériences respectives. Un peu de larmes refoulées, un peu de regrets amers, beaucoup de fous rires surtout. Puis un gars, j'sais pas trop qui qui nous engueule parce qu'on avait rien à faire là. Mais nous on s'en foutait, on avait le ciel, on avait nos souvenirs, puis on avait surtout un certain lien qui nous unissait, et qui nous suffisait. J'aurais aimé que Bill soit là, mais j'osais pas trop le réveiller. J'crois que j'avais un peu peur de Bill. Peut-être parce que c'était un cas à part pour moi, une de ces personnes que je ne voulais pas décevoir. Et j'me disais qu'avec Tom, c'était tellement plus simple, j'avais l'impression que j'pouvais tout lui dire. Sauf pour Bill, évidemment, j'me voyais mal lui en parler. Parce que Tom, au fon, c'était une part de Bill. Et j'voulais pas qu'ils aient des secrets l'un pour l'autre par ma faute, les mensonges, ça casse toujours quelque chose, j'avais eu le temps d'mon rendre compte. Pas eu l'temps d'men soucier, certes, mais j'm'en étais rendue compte, et c'était déjà ça. Tout ça pour vous dire que j'avais vraiment passé un bon moment avec Tom. C'est dans ces moments-là qu'on comprend le sens de la vie. C'est pour les gens comme Tom, ces petites merveilles, ces petites gens qui scintillent au milieu de tout l'monde. J'vous jure que Tom, j'ai failli l'confondre avec les étoiles. Mais mon Tom à moi, il était plus présent. Lui au moins, il brillait même le jour.

C'est Bill qui réussit à nous réveiller. Il était 11 heures 30, c'qui signifiait qu'on avait un peu beaucoup de retard (le temps d'me préparer et tout et tout, il serait vite temps d'partir). Bill n'avait de nouveau pas l'air de bonne humeur. Pour ne pas dire qu'il faisait carrément la gueule. Quand c'était pas l'un, c'était l'autre...

Je fonçai dans la chambre et m'enfermai dans la salle de bain. Je sortis 20 minutes plus tard (temps record, à noter.). Bill était planté en plein milieu de la pièce, son portable. Il s'arrêta tout de suite de parler lorsqu'il me vit. Après un rapide "J't'e rappelle dans une heure, j'dois y aller. Bisous." Il raccrocha et sortit de la chambre, quelque peu gêné. Etait-ce ma tenue qui le gênait ? Impossible, ce n'était pas la première fois que Bill me voyait avec pour unique vêtement une serviette. Ben oui, c'était franchement pas facile de faire entrer ma valise dans la petite salle de bain, et puis j'avais besoin d'espace pour choisir ma tenue du jour...Pour la suite, même programme que la veille, c'est-à-dire voiture, familiarisation avec la salle de concert et tout le tralala...

Je laissai un peu Bill et Tom ensemble, je n'étais pas vraiment d'humeur à supporter la mauvaise humeur de Bill, même s'il avait l'air plus calme que ce matin. Je sortis donc m'balader un peu dehors. Je rentrai sous l'oeil désapprobateur de James après avoir longuement flâné devant les magasins. Je l'évitai du mieux que je pus et courai me cacher dans la loge.


Ils étaient tous les quatre (Gustav, Georg Bill et Tom) assis sur un fauteuil. J'allais leur demander ce qu'ils faisaient là, assis sur le même fauteuil sans rien faire lorsque je remarquai que Bill était en train de parler à une femme et qu'il y avait toute une équipe de "tournage" qui les entourait. Bill s'interrompit, l'air un peu dérangé.

Moi : « Oups! Désolée, j'étais pas au courant que vous donniez une intervieuw...J'dépose mais affaires et j'y vais..
Femme : Vous êtes Alexia de Bellefroid ? * ne me laissant pas le temps de répondre * Enchantée de faire votre connaissance, vraiment ! Je suis Rosaline Jacobs, journaliste de MTV Young. J'ai toujours rêvé de pouvoir vous rencontrer, mais il paraît que vous êtes débordée, à toujours voyager ! Quelle chanceuse je fais de pouvoir vous attraper au vol ! Mes collègues n'en croiront pas leurs oreilles ! Vous vous joignez à nous ? »

J'allais lui lancer une réplique sanglante quand Tom prit la parole.

Tom : « Oui, viens ! Ce serait cool que tu restes ! Tu fais partie du groupe maintenant ! »

Aucune envie de rester. J'avais eu une seule intervieuw dans ma vie, et elle restera à jamais gravée dans ma mémoire comme un des pires moments de ma vie. Je ne supportais pas l'idée qu'on me pose de questions sur ma vie privée, rien que pour le plaisir de gens que je n'aurai même pas l'occasion de rencontrer dans ma vie. Et puis ces journalistes avaient l'art de vous poser des questions indiscrète, de mettre les pieds dans le plat...Cependant, pour faire plaisir à tom qui avait l'air excité à l'idée que je participe à cette fameuse intervieuw, je restai docile, me laissai tirer pas le bras et m'asseyai à ses côtés, répondant du mieux que je le pouvais aux questions qu'on me posait. Jusqu'à ce que vint la question fatidique, la question inévitable:

Femme : « Bill et Alexia, vous semblez assez proches en concert. Mais quelles sont vos relations en dehors de la scène ?. »

Qu'est-ce que je disais ? Au fond, j'devais m'y attendre, à cette question, on me la poserait bien un jour ou l'autre. Mais je m'étais pas vraiment posé la question. Parce que finalement, c'est quoi la relation que j'entretenais avec Bill ? De l'amitié ? Ou de l'amitié améliorée ? J'savais pas trop. Alors comme Bill ne daignait pas répondre, je sortis la réponse la plus évasive et la plus réaliste possible.

Moi : « C'est la musique qui nous rapproche autant. Quand on est sur scène et qu'on chante ensemble, dans cette ambiance de malade, c'est magique et on s'laisse tout simplement emporter, on est complètement ailleurs et on se rend plus vraiment compte de c'qui se passe.
Femme : Et donc en dehors de la scène vous êtes...»

Cette fois, je laissai le soin à Bill de répondre, ce qu'il s'empressa de faire.

Bill : « On est juste amis. »

J'dois avouer que c'était assez prévisible. Il pouvait tout de même pas dire qu'on sortait ensemble, hein ? On s'était jamais embrassés, si ce n'est l'autre soir au Fuzz, mais ça ne comptait pas vraiment...Et puis s'il insinuait que nous deux, on était quand même un peu plus que des amis, bonjour l'emmerde avec les fans ! Et puis si ça s'trouve, c'est moi qui me faisais des idées. Ben oui, parce qu'au fond, Bill et moi on se contentait de dormir ensemble. Point à la ligne. Et merde, pourquoi étais-je aussi déçue par la réponse de Bill ? Au fond, je m'y attendais.

Femme : « Dois-je en déduire que vous êtes tous les cinq célibataires ?
Tom, voix de "crouneur" : Oui, complètement libres et dispos. »

Je risquai un regard vers Bill. Il avait apparemment eu la même pensée que moi au même moment...

Moi : « De toutes façons, on est encore jeunes et on est tous à un point de notre vie où on a encore besoin de toucher à tout, d'un peu découvrir...J'crois pas qu'on soit vraiment prêts à s'engager dans une relation.
Bill : J'suis pas d'accord, moi j'suis tout à fait prêt, il faut juste que j'trouve la bonne personne..
Femme :; Vous croyez au grand amour ?
Bill : Oui.
Moi : Le grand amour ! Le grand amour ! Bill, t'as juste 17 ans, le grand amour, t'as tout le temps d'y penser ! En attendant, amuses-toi, te prends pas la tête..tu veux que j'te dise, Bill ? Tu fais partie de ces personnes qui se complaisent dans leurs illusions de merde. Parce que de toutes façon, ton grand amour, il durera pas. Regardes un peu autour de toi, et constates le nombre de couples qui fonctionnent vraiment ! Tu...
Bill, m'interrompant : Tu as l'air d'avoir une très belle vision des choses, Alexia, et j'me ferai une joie de l'entendre, mais je n'pense pas que ce soit le moment pour ça...
Femme : Okkééé, alors continuons sur la question de l'amour, si vous le voulez bien. Les gars, qu'est-ce qui vous attire le plus chez une fille ?
Tom : Moi une fille jolie et relativement agréable à vivre sans en être pour autant influençable. Et bien entendu qu'elle sache rire.
Bill : Oui, moi aussi une fille comme ça. J'pense que tout le mond veut à peu près ce genre de fille. Mais comme je le dis souvent, il me faut une fille qui ait beaucoup de joie de vivre vu que j'suis quelqu'un assez pessimiste..
Tom : Et il faut qu'elle embrasse bien, on ne peut pas sortir avec une fille si elle ne sait pas t'embrasser.
Georg : Et il faut qu'elle sache bien faire les suçons. Très important, les suçons.
Tom * rire* : Oui, Bill raffole de ça. * pour lui-même * Moi aussi, quand on y pense...
Bill, gêné : Qui n'aime pas ça, franchement ?
Gustav : j'sens qu'il y aura tout un tas de fans qui vont vous sauter dessus pour vous faire des suçons..
Tom : Moi ça ne me déplairait pas..
Femme : A propos de votre style vestimentaire, on remarque tout de suite vos styles tout à fait différents, ce qui est étonnant vu que vous êtes jumeaux. Comment expliquez-vous cette différence ?
Bill : On a toujours cherché à être différents...* blabla pas très intéressant que je rajouterai par la suite *
Femme : Et Tom, il vous arrive d'enlever votre casquette ?
Tom : Sauf pour dormir...
Femme : Et vous ne pourriez pas l'enlever pour nous ?
Moi : C'est vrai, j't'ai jamais vraiment vu sans casquette...
Tom, me chuchote à l'oreille : Je le fais si tu fais un suçon à Bill ! »

Je lui tendis la main pour qu'il me la tape, en signe de mon accord au pari qu'il venait de me lancer. Il ota donc sa casquette et son espèce de foulard, dévoilant sa petite bouille nue. Ses fameuses dreads étaient attachées en une queue de cheval par un élastique difforme. Cela me faisait bizarre de le voir sans son habituel accoutrement. Je l'avais déjà vu, certes, mais j'étais soit dans le noir, soit trop fatiguée pour y faire attention. Il remit rapidement tout son attirail et me chuchota un " Quand tu veux ". La journaliste nous posa ensuite encore quelques questions dont, bien entendu, le sujet de nos messes-basses à Tom et moi mais nous nous gardâmes bien de les dévoiler. J'attendis la dernière question pour me mettre en action.

Je me levai donc et, sous le regard ébahi de Bill, je vins m'asseoir sur ses genoux. Je me penchai ensuite dans son cou et posai mes lèvres sur son cou. Le contact de mes lèvres sur sa peau douce, je sentis un frisson lui parcourir le corps. Ou peut-être venait-il de moi, je ne le saurais probablement jamais. Je passai la main de l'autre côté de son cou pour, l'empêchant de ce fait de dégager de mon entreinte. J'entrouvis ensuite la bouche, provoquant un second frisson suivi d'un autre lorsque je passai ma langue doucement le long de son cou. Je lui mordillai ensuite légèrement la peau, mais il me repoussa ensuite. Je me relevai alors et, devant son air mélangé entre l'ennui, le trouble et la gêne, je lui dis d'un ton désolé

Moi : « Désolée, j'étais obligée de le faire pour que Tom ne daigne enlever sa casquette.
Bill, rire amer : Oui,ça, ça m'étonne pas de lui...»

Sur ce, nous terminâmes l'intervieuw au grand soulagement de Bill qui ne savait plus où se mettre suite à ce que je venais de lui faire.

Après que l'équipe de MTV soit partie, James vint nous rejoindre. Il demanda pourquoi Bill faisait une telle grimace devant son miroir et Tom s'empressa de lui raconter le pari.

James : « Ca, c'était prévisible de ta part, Alex...»

Je lui tirai la langue en toute réponse. De son côté, Bill gémissait

Bill : « On voit déjà des marques...J'suis trop dans la merde si les fans voient ça... !
Moi : Viens là, j'vais te le maquiller pour qu'elles ne le voient pas...»

Je lui masquai donc du mieux que je le pouvais ses traces de suçons, à grand renfort de multiples fonds de teint, ce qui n'était pas une mince affaire car Bill se montrait fort chatouilleux. Le concert se passa sans encombre, le public était assez communicatif.

Le lendemain, nouvelle ville, programme plus ou moins habituel car James nous avait prévu ce soir-là une soirée.

James : « J'sais bien qu'on est encore en tournée, mais ce serait bien que vous y pointiez le nez, pour la forme...
Moi: T'as pas besoin de te justifier, James..
James : Non mais j'y tiens. Vous pouvez être habillés comme tous les jours, enfin j'dis ça pour les gars parce que j'sais bien que tu serais incapable de sortir habillée "comme tous les jours"..
Moi * piquée au vif * : N'importe quoi...
James *rire * : Si on ne compte pas la fois où tu t'es amenée en Playmate, bien sûre, mais ça c'était un pari, et pui t'étais pas habillée comme tous les jours...D'ailleurs j'suis sûre que tu serais incapable de sortir dans le même style que Tom, ou Bill..Ou même comme Georg ou Gustav, quand on y pense..
Moi : On parie ?
James : Tu viens habillée avec les fringues de Tom ?
Moi, réfléchis d'abord : mmh..non, avec celle de Bill, j'préfère.
Tom : J'dois le prendre mal ?
Moi, sourire : Non, mais déjà que j'flotte dans les fringues de Bill, alors dans les tiennes, j'ose pas imaginer...
James : Tu restes au moins deux heures à la soirée alors...
Moi, avant de lui taper dans la main : Et l'enjeu du pari ?
James, me serrant la main : Pas de répèt' pour toi demain..
Moi, sourire : Parfait ! »

N'osant pas trop fouiller dans les affaires de Bill occupé à prendre une douche, je restai quelques temps avec Tom, ce qui signifiait en fait bataille de coussin et de chatouille (on était complètement accro, n'hésitant pas à nous donner des coups..), avant de le rejoindre les cheveux ébouriffés, les vêtements de travers et les joues rosies par l'éffort du combat. Bill était en train de regarder dans la garde-robe avec cette petite moue boudeuse qui lui étant caractéristique recherchant quelle tenue il pouvait bien mettre pour la soirée. Je le pris dans mes bras par derrière, entourant son cou de mes bras, mon visage collé au sien. J'saurais pas trop mettre les mots sur la sensation de bien-être que ce simple geste avait pu me fournir.

Bill : « Ta bouche me semble un peu trop près d'mon cou; ça m'fait peur..»

Je passai alors ma langue dans son cou, faisant mine de lui refaire un suçon, mais je le repoussai immédiatement.

Moi : « Beurk, c'est plein de fond de teint, c'est dégeulasse !
Bill, mort de rire : Mmmh, j'connais bien ça, les baisers au fond de teint..
Moi, me placant à ses côtés^: Alors, alors, tu m'prêtes quelque chose pour ce soir ?
Bill : J'ai le choix ?
Moi : Non. Un simple tee-shirt avec un jeans suffiront. »

Bill tenait absoluement à ce que je mette un espèce de truc en maille noire, mais je refusai net. Comme si j'allais mettre ce truc ! Je finis donc par choisir moi-même parce qu'il s'était mis en tête par la suite de me faire porter des trucs importables, je vous épargne les détails...Je pris donc un simple jeans quelque peu élimé accompagné d'un simple tee-shirt gris clair avec des inscriptions ("Fallen"). Je lui piquai également quelques bagues et colliers pour agrémenter le tout, me maquillai les yeux de noir à la manière de Bill et me lissai les cheveux pour me faire plus "gothique". Je me les serais bien teints en noir mais il allait bientôt être minuit et Bill commencait sérieusement à s'impatienter.

J'étais sur le point de partir quand Bill me retint. Je me retournai, le coeur battant la chamade, savourant chacun des millions de frissons qui me parcourait le corps au simple contact de sa main sur mon bras. Bordel de tête, bordel de tête qui me s'imaginait déjà que bill allait me serrer dans ses bras et m'embrasser, m'embrasser jusqu'à ce que la nuit n'en puisse plus, jusqu'à ce que les étoiles meurent, jusqu'à ce que le temps ait fini de courir.

Bill : «Tu comptes vraiment y aller pieds nus ? »

Magie qui s'envole d'un coups. Et l'envie que cette main reste posée toute la soirée sur mon bras. Malgré rien, malgré tout, malgré ça.

Moi : «..euhh..
Bill, sourir exaspéré : J'en déduis qu'il faut que j'te prète aussi des chaussures ?
Moi : Non, non, j'ai ce qu'il faut..
Bill : Quoi, tu comptes mettre des talons ?
Moi : Pourquoi pas ? »

Bill, qui avait trop mal au coeur de me voir avec des « talons ridicules incompatibles avec ma tenue », finit par me préter des simples convers noires. Tout en attendant alors qu'il farfouillait dans son sac à la recherche de ses chaussures, je repensai à cette petite conversation qu'on venait d'avoir, mais surtout à son sourire exaspéré. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait signe d'exaspéremment, et cela me perturbait. Etais-je si chiante que ça ? Je ne le pensais pas. On passait de bon moment ensemble...

Je passai une assez bonne soirée. Pas extraordinaire, mais je ne m'étais pas ennuyée, c'était déjà ça. Je ne me sentais pas vraiment à l'aise affublée de fringues qui ne m'appartenaient pas. Nous ne parlâmes pas beaucoup avec les invités, juste le strict minimum. Trop fatigués, pas le courage. On se retrouve alors à cinq (Bill, Tom, Gustav, Georg et moi)

Gustav : « Il paraît que demain, c'est notre dernier jour de concert !
Georg : Déjà !! Waouw, ca passe trop vite..
Tom : C'était une petite tournée, aussi..
Gustav : Oui. C'qui est bien, c'est que ce sera à Magdeburg.
Bill : Oh, dément ! ca nous rappellera plein de souvenirs !!
Tom : Et on pourra dormir chez nous..=)
Georg : Tu f'ras quoi toi, Alex, quand la tournée sera finie ?
Moi : J'en sais rien..J'rentrerai probablement chez moi, mais on s'retrouvera de toute façon pour enregister le 'addicted', si ça tient toujours..
Tom : Ou tu pourrais venir à la maison ?
Moi : Non, j'veux pas m'incruster chez vous..
Tom : Pourquoi pas ?
Bill, avec un regard trop insistant à mon goût vers son frère : J'pense pas que ce soit une bonne idée..
Moi : Tu vois..»

Tom allait ajouter quelque chose mais un homme d'un trentaine d'année que je connaissais trop bien l'interrompis. C'était un gars âgé d'une trentaine d'année qui avait été jadis beau, mais son visage, ravagé avait été jaunis, vieillis par la drogue. Il gardait cependant une certaine classe et imposait tout de suite le respect par sa carrure imposante malgré sa maigreur qu'il cachait sous une veste Armani. Personne ne savait vraiment quel était son vrai nom mais il était connu sous le nom de Sony. Mon dealer. Ou peut-être devrais-je dire ex-dealer. Ah ! Qu'est-ce que j'avais pu l'aimer et le détester à le fois. Une sorte de rancoeur amère s'empara moi, rancoeur qu'il m'ait entraîner dans cette merde et qu'il ose repointer le nez après m'avoir fait toucher le fond.

Sony, d'une voix calme et caverneuse : « Bonsoir, Alexia.
Moi, faisant mon possible pour rester calme et impassible face à cet homme que je méprisais désormais : Bonsoir.
Sony, sarcastique : Tu me présentes à tes nouveaux amis ?
Moi : Je ne pense pas que tu en vailles la peine. J'ai plus besoin de toi, Sony, tu peux aller voir ailleurs.
Sony : Allons, allons, Alexia, ne soit pas si catégorique. Tu crois sérieusement que tu peux me zapper comme ça, après tout ce que j'ai fait pour toi ?
Moi : Je n'te dois rien, Sony.
Sony : Je constate que ca ne te fais pas plaisir de me revoir..Mais crois-moi, un jour ou l'autre, dans pas longtemps, tu vas revenir en rampant chez moi..
Moi : C'est ça.
Sony : En attendant, j'suis au Plazza, chambre 212. Rejoins-moi, si tu l'souhaites. Tu pourras me raconter en détail c'que t'as fait ces derniers mois..
Moi : Tu peux toujours attendre, Sony, parce que pour rien au monde je n'viendrais te voir..ni même te raconter quoique ce soit de ma vie..
Sony, rire : Bien sûre, Alex..J'te connais mieux que tu n'le crois..On s'revoit dans pas lontemps, alors ! * Il lança, avant de tourner les talons * Au fait, jolies fringues. Ca t'va comme un gant ! * rire *.»

Je retins du mieux que je le pouvais mes larmes. Les gars ne savaient pas où se mettre ni quoi dire. Bill me prit par la taille et me caressa doucement, me chuchotant doucement des mots destinés à me rassurer, ce qui eu le don de me donner du courage pour retrouver un peu de consistance et trouver une bête excuse pour justifier la scène qui venait de se dérouler. James, qui avait assisté à la scène de loin vint rapidement nous rejoindre et me dit:

James : « J'suis vraiment désolé, Alex, j'savais pas qu'il serait là..
Moi, m'efforcant pour dessiner un semblant de sourire : C'est rien, James, j'peux pas t'en vouloir..De toute façon, j'aurais bien du le revoir un jour ou l'autre, ça s'est juste passé plus tôt que prévu...
James : On f'rait mieux de rentrer.»

Les gars prostèrent un peu pour la forme. De mon côté, j'étais plus que soulagée d'en finir avec cette soirée et n'avait qu'une envie : Me plonger dans un bon lit, avec pour seule compagnie un Bill compréhensif. Nous n'échangâmes pas un mot dans la voiture si ce n'est deux trois phrases:

Moi : « Euh..Bill ?
Bill : Mmh ?
Moi : On dort toujours ensemble, cette nuit ?
Bill : Bien sûre, pourquoi t'me demandes ça ?
Moi : Pour être sûre. »

Bill me lança un regard interrogateur mais je ne lui répondis pas. La soirée s'était finie bizzarement et Bill, malgré qu'il se soit montré relativement attentionné, était devenu quelque peu distant, assez pensif. Peut-être qu'il repensait à l'intervention de Sony, qu'il se demandait qui il pouvait bien âtre, ou qu'il avait carrément deviné qu'il avait été mon dealeur, ce qui n'était pas bien difficile au fond. Moi, de mon côté, je n'arrivais pas à me séparer de l'image du regard insistant de Bill vers Tom pour que je ne vienne pas chez eux. Ca m'avait plus touché que je ne l'aurais voulu, qu'il refuse comme ça, mais je m'étais probablement inquiétée pour rien.

Je ne parvenais pas à m'endormir, ce qui n'était pas étonnant car la venue de Sony apportait les souvenirs de mon passé qui n'était pas bien glorieux. Je me réfugiai alors sur le balcon, fumant cigarette sur cigarette. Bill vint me rejoindre, et j'étais tellement perdue dans mes pensées que je ne pris pas la peine de protester lorsqu'il me piqua une cigarette.


Moi, après quelque minutes de silence : « Maintenant tu le sais, ce qu'il s'est passé. J'étais une droguée. Une putain de droguée. »
# Posté le mercredi 08 novembre 2006 10:48
Modifié le dimanche 13 juillet 2008 15:42