« T'as finis par venir, alors ? Je suis trop contente !, m'éxclamai-je.
-J'aimerais en dire autant mais...Tu sais que je déteste cet endroit..Mais comme je me faisais chier, et puis il y a le concours de la cage, ce soir, et je ne manquerai ça pour rien au monde !, dit Bill.
- Le concours de la cage ?
- Oui, c'est un truc débile et sans intérêt mais trop drôle à voir. C'est des filles qui montent dans une cage et celle qui danse le mieux gagne des boissons à volonté pour la soirée..
- Oh! Je meurs d'envie de voir ça... Alors, pas d'ex hystérique à l'horizon, ce soir ?
- Non, pas à ma connaissance. J'ai demandé à ce qu'obn leur interdise l'entrée..Ce qui était con de ma part, parce q'en y réfléchissant bien, je n'aurais plus de prétexte pour t'embrasser...
- Oh, et bien si tu as une forte envie de m'embrasser, tu n'auras qu'à me faire croire que tu en as apperçus une et le tour est joué..
- Mmmh, intéressant..Justement j'en apperçois une à gauche..», dit-il d'un air charmeur
Sur ce, il se rapprocha lentement de mon visage, me regardant avec ce regard intense...
Bill se pencha vers moi pour m'embrasser. Je mis malgré moi ma main sur sa bouche, lui faisant reculer sa tête en disant
« Je vais mettre ça sur le compte de l'alcool..
- Ok, dit-il en riant. Mais je suis tenté de te dire que, quand on a trop bu, on dit plus des vérités que des mensonges, et on est tenté de faire des choses qu'on a réellement envie..
- C'est ça ! Evites de trop boire à l'avenir, Bill, tu commences à me faire peur...
- Promis ! On danse ? »
Je le regardais comme-ci c'était un malade.
« J'avoue, sur ce coup là je plaisantais.. dit-il en riant. Prenons plutôt quelque chose à boire.
- Mais pas d'alcool pour toi, ça ne te réussis apparemment pas..
- Un vodka Redbull sans vodka, svp ! », demanda Bill à la serveuse.
On discuta donc tranquillement, Bill avec sa vodka Redbul sans vodka, moi avec mes Marlboros. On ne reparla pas de ce qui s'était passé, comme s'il avait compris que c'était un sujet à éviter. Ce qui était tout à fait normal, en fait, vu que je le lui avait signalé..Mais je le remerciait tout de même intérieurement de ne pas remettre les pieds dans le plat. Bill était en train de me parler de son -hilarante, entre parenthèse - aventure avec la fameuse Claudia quand Tom arriva en trombe.
« Aha !Tu es à moi, à moi à moi !!!! Dit Tom, jubilant.
- C'est la faute de Bill tout ça !, je tirai la langue.
- De moi? Qu'est-ce que j'ai à voir là-dedans ? Dit Bill, surprit.
- Parce que, si t'étais venu avec, ce serait toi qu'elle aurait piteusement dragué...* Pour répondre à leur regards interrogatifs * Je lui juste malancontreusement fait croire qu'il n'y avait que Bill qui était connu..
- Oh. T'es bête * rire * Bon alors, qu'eche que je vais bien pouvoir te faire faire ? »
Dj : BONSOIIIR !! C EST MAINTENANT L HEURE DE...LA CAAAGGE !!
Acclamation dans la salle. Regard de Tom un peu trop insistant à mon goût. Avec ce sourire trop narquois et de ce fait trop explicite accroché à ses lèvres. Non, il en était hors de question je monte dans cette cage, mais Tom n'avait absolument pas l'air d'être de mon avis. Regard suppliant vers Bill pour qu'il me défende mais aucune réaction de sa part, juste un air ennuyé.
« Non, non, non, le supliai je, tout mais pas ça..Je ne monterai pas là-dedans..
- Oh que si, Alexia, crois-moi, tu vas le faire...
- Sûrement pas !
- Bien sûre que si..
- Si Kate dort avec toi le plus longtemps possible.
- Marché conclu !
- Je te déteste ! »
Sous l'oeil attentif des jumeaux, je me dirigeai donc vers cette fameuse cage.
Je ne cessai, en montant dans cette fameuse cage, de me demander ce que je faisais là, et pourquoi je le faisais alors que je m'étais fait la promesse d'arrêter toutes les coneries dans ce genre. Fierté quand tu nous tiens. Mon nouveau crédo, même si je ne l'aimais pas tant que ça. Ou peut-être étais-ce la folle envie que j'avais toujours eu de casser les limites. Casser les limites. Toujours aller plus loin, toujours faire quelque chose de plus fou. Ne pas se soucier du mal que l'on faisait subier à son corps, à toutes les personnes qui nous entouraient. Casser les limites, encore et toujours. Casser les limites jusqu'à ne plus en être capable, casser les limites jusqu'à ce que mon corps meure. Et encore après, encore et encore, jusqu'à ce que mon âme soit mortellement blessée. Blessé, elle l'était déjà. Mais pas assez, il en faut plus pour me détruire, toujours plus. Il fallait que je le fasse, que je prouve à Tom et à toutes ces personnes que je pouvais le faire, même si cela n'avait à vos yeux aucun sens. Pour moi ça en avait un. Aussi inexplicable, aussi insaisissable à votre petit esprit de petites gens qu'il soit. Je rejoignis donc deux petites bimbos qui me regardaient d'un air supérieure. Elles vont voir de quoi je suis capable. Elles allaient voir de quel bois je me chauffe. Une fois la musique enclenchée, je me déchaînai, me donnai à fond, pour m'amuser, pour mon plaisir, mais surtout pour le plaisir de voir ses poufiasses se faire piteusement écraser. Et je gagnai haut la main ; Il fallait dire aussi que j'étais une habituée. Mais ça, ça n'a aucune importance. Parce que j'avais gagné. Parce que j'étais la meilleure.
« T'as été génial ! Là je suis un peu beaucoup en train de regretter de n'être qu'un ami..
- C'es deux pétasses l'ont dans le cul...
- Mais Alexia, je te rappelle que tu en fais toi-même partie, de ces pétasses. »
J'aurais dû en rire, ou plutôt j'aurais voulu en rire. Mais Bill, lui, n'avait pas du tout la tête de quelqu'un qui rit, au contraire, il était trop sérieux pour que je le prenne bien.
« N'importe quoi! J'ai été une pétasse à une époque, mais maintenant, je n'en suis plus une.
- Bien sûre que si, Alex. Et c'est pire que tu ne t'en rendes même pas compte. Parce que toi aussi tu es une pétasse, toi aussi tu regardes les uatres filles de haut, avec ce petit air de dédain, comme si tu étais supérieure à chacune d'entre elles, alors qu'au fond tu ne vaux pas mieux qu'elle, t'es même pire, parce que non seulement t'es une garce mais en plus tu te comportes comme une petite pute, aguichant tout ce qui bouge et qui a un s*xe, et tu t'en fous des sentiments qu'ils peuvent avoir, tu joues avec eux et tu t'en fous, tu n'as pas une once de culpabilité, ça ne te fais rien de voir les gens souffrir, au contraire, tu t'en délectes.
- Tu dis n'importe quoi, ça ne m'amuse pas de voir les gens souffrir par ma faute, je vois pas où t'es allée chercher ça.. Et je ne m'en fous pas des sentiments des autres !
- Oh si ! Tu t'en fous complètement Tu parles à des gens que t'aura oublier dans les minutes qui suivront, tu leur fait croire que tu t'intéresses à eux, et puis tu les laisses dans le vent, tu ne leur adresses à peine la parole.
- Et qui parle de sentiment par rapport à ces gens, hein ? Je leur promets rien, moi. Je m'enrichis juste de ce qu'ils ont à m'offrir. Et pour la plupart, ils n'ont pas grand chose à m'offrir, je le sais, je le sens, la plupart de ces gens ne m'intéressent plus après 5 minutes de discussion, et puis voilà, c'est comme ça, c'est tout, pas besoin de se prendre la tête pour eux. Je ne vois pas en quoi on peut parler de sentiments là-dedans. Je ne promets des choses qu'aux personnes qui me tiennent réellement à coeur, que j'aime réellement.
- Ca n'empêche que tu joues avec un tas de gens.
- Ah oui, et donnes moi ne serait-ce qu'un exemple !
- Un exemple ? Kate !
- Tu ne connais pas Kate, tu n'imagines pas le nombre de vahceries qu'elle ait pu me faire.
- Parce que toi tu ne lui en as pas fait, peut-être ? L'emmener ici pour un stupide pari alors qu'elle était en larme, ce n'était pas une vacherie, peut-être ?
- Je lui ai fait des vacheries, oui. Mais Kate est Kate, et cette fille est loin d'être toute rose. C'est une des seules personnes qui m'ait fait du mal jusqu'à présent, et rien que pour ça, je lui en voudrai toute ma vie. Elle m'a littéralement détruite. Tu ne t'imagines même pas à quel point ! Et Kate pleurait parce que sortir avec mon frère, c'est comme sortir avec Brad Pitt. Juste pour ça. Et tu pourras pas me contredire tout d'abord parce que tu ne connais pas Kate aussi bien que moi, et puis tu crois réellement qu'une fille vraiment amoureuse serait sortie avec une autre qu'elle ne connaît pas quelques heures à peine après s'être fait jeté ? T'en serais capable, toi ?
- Et tous les gars avec qui t'es sortie hier, tu vas me dire que tu n'as pas joué avec eux ?
- Et tu penses qu'eux me prenaient pour une personne et non pour un objet ?
- Il n'empêche ! Tu joues avec ces personnes, et moi je trouve ça dégueulasse !
- Mais réveille toi, Bill ! C'est ça qu'on fait ici ! On est là pour s'amuser, Les gens sont là pour "jouer" avec les autres !
- Jolie façon de s'amuser ! Mais je ne suis absolument pas d'accord avec toi, s'amuser en boîte ne se résume pas à jouer avec les autres mais surtout à danser avec les autres. C'est ça le principie d'une boîte, non ? Alexia, je voulais juste te faire comprendre que tu critiques les autres alors que tu te comportes de la même manière. En pire même, vu que tu ne t'en rends même pas compte, que pour toi, tout ça, c'est normal. »
Je n'arrivais pas à assumer les vérités que Bill me lançait sur la figure, il fallait à tout prix que je contredise, que je lui prouve que ce qu'il disait était complètement faux alors que je savais pertinement qu'il avait raison. Mais ça me faisait mal d'admettre, je ne voulais pas me l'avouer, je préférais au cointraire me voiler la face, me rendant la vie facile. Ne pas me poser de questiosn et vivre sans contrainte. Mais après avoir laissé monter la colère en moin, après l'avoir laissée s'exprimer, éclater, j'abandonnai. "Tout ça, pour toi, c'est normal". Pour moi c'était normal de se comporter comme une garce, comme une sal*pe. Les paroles de Bill résonnaient dans ma tête. C'est normal, c'est normal, c'est pire parce que pour toi c'est normal. Parce que ce ne l'était pas pour les autres ? Je n'étais qu'une folle, qu'une hystérique qui ne pouvait s'emêcher de pourrir la vie des gens, de les détruire, de s'en foutre d'eux, de ne penser qu'à mon petit bonheur personnel. Je ne suis qu'une égoïste. Je suis un monstre, je ne mérite pas des gens comme Tom. Je ne mérite pas que Bill s'énerve pour moi alors que moi je ne suis qu'un garce. Je sens les larmes monter à leur tour jusqu'à mes yeux, titiller le coin de mes yeux, mes yeux qui s'efforcent de ne pas laisser ses gouttes salées passer le seuil.
« Comment veux-tu que cela ne le soit pas, normal, alors qu'on m'a inculqué tout ça depuis que je suis née !
- Il est encore temps d'en changer !
- Et tu crois que je peux changer du jour au lendemain ? »
C'en était trop pour moi. Je devais quitter cet endroit, ces gens, toutes ces choses, ma tête tournaient, ma tête me faisait mal. Il fallait que je parte. Je ne laissai pas le temps à Bill de répliquer, tournai les talon et me faufilai tant bien que mal dans toute cette masse de gens, me créai un passage vers la sortie. Je courus jusque chez Ben qui me ramena à l'hotel. Ben qui était toujours là pour moi. Non, Ben n'était là uniquement parce que je le payais. Je ne savais pas trop pourquoi la remarque de Bill me faisait aussi mal, pourquoi elle m'avait touchée à ce point alors qu'on m'avait répété toute ma vie que je n'étais qu'un garce, une garce brillante mais une garce tout de même. Alors qu'on m'avait toujours dit que je n'étais qu'un pét*asse égoïste et sans coeur. Qu'on me l'avait répéter mile fois, et encore mille, juste pour le plaisir de me dire que je suis une pét*asse égoïste et sans coeur. Et que ça ne m'avait jamais touchée jusque là, je m'en contre fichais à un point ! Et pourtant aujourd'hui j'avais mal, trop mal "Je crois qu'il ne sait pas très bien la raison de pleurer. Ce sont des moments où vous ne pourriez plus rien expliquer. A la limite ce n'est rien, c'est la fatigue, c'est rien, rien du tout. Pourtant on sent autre chose, et qu'il faut continuer de pleurer, alors on cherche des raisons pour alimenter les larmes, on pense à Fumel, on pense à Nicolas, on essaie d'entretenir. On sent qu'on triche un peu mais ce n'est rien. Ca ne dure pas très longtemps." Bill avait tort, je ne m'en foutais pas des gens. Ou du moins, je ne m'en foutais plus, au contraire, je commençais à m'intéresser au monde qui m'entourait, je commençais à les apprécier à leur juste valeur. Je commençais à apperevoir les vrais richesses que peuvent vous offrir certaines personnes. Comme Tom. Ou Bill. Ces remarques me permettent d'évoluer, de m'améliorer. Pour devenir mieux, parce que la quête de chaque être humain est-ou du moins devrait être - d'atteindre le plus prêt possible la perfection. Et moi qui croyais à l'époque que je l'avais déjà acquise, la perfection, dès mon plus jeune, j'essayais désormais de l'atteindre du plus près possible.
Tom me téléphona cinq minutes après que je sois rentrée.
« Alex, t'es où ? Ca fait vingt minutes qu'on te cherche !
- Je suis rentrée à l'hotel.
- Merci de prévenir !
- Désolée, sur le moment, j'y ai pas pensé..Et je voulais pas que vous vous sentiez obligés de rentrer aussi à cause de mes caprices...
- Ok, ok, mais tu vas bien ? Pourquoi t'es rentrée comme ça, sans rien dire..
- Oui, oui, je vais bien, t'en fais pas, j'en avais juste marre de cette soirée..Mais te prends pas la tête à cause de moi ! Profites de ta dernière soirée..
- T'es sûre ?
- Bien sûre, que je suis sûre ! Bonne soirée, Tom-Tom !
- Mouais, bonne soirée à toi aussi. »
Tom n'avait pas vraiment l'air convaincu. Et le fait que Bill se trouva au pas de ma porte vingt minutes plus tard me le confirma. Je le laissai entrer et allai me vautrai dans le fauteuil où il me rejoignit.
« Finalement on est rentrés. On en avait tous un peu marre de cette soirée. Et puis Tom culpabilisais un peu de te laisser toute seule dans cet hotel pourri..Et voilà, Kate dort avec Tom ce soir, comme vous l'aviez prévu à mon insu, d'ailleurs, donc..
- Désolée, sur le coup j'ai pas pensé que tu pieutais dans la même chambre que Tom..
- Pas grave, du moment que je peux dormir ici. Mais dans ton lit, cette fois parce que le canapé est pas super confortable.. Ca te dérange pas ?
- Non, bien sûre que non..Il faut dire que je suis assez habituée à ce qu'il y ait des hommes dans mon lit..
- Je suis désolé de m'être énervé tout à l'heure, même si je pensais tout ce que je t'ai dit, c'était peut-êrtre pas à moi de te le dire..
- T'as bau moins le mérite d'avoir été franc avec moi..N'en parlons plus, je suis fatiguée, je vais me coucher. »
J'enfilai rapidement le tee-shirt de Bill que j'avais caché sous l'oreiller et me faufilai dans les draps douillets. Bill vint me rejoindre une minute plus tard, vêtu uniquement de son caleçon. So sexy. Non, je n'avais quasi rien pu apercevoir dans le noir. Je fermai les yeux, repensant à la soirée, aux paroles qu'avait prononcées Bill.
« Je suis peut-être une pétasse, mais moi au moi je m'efforce de ne pas l'être...
- Tu devais être un monstre alors, à la base..Je t'aiderai si tu le souhaites. ».
Je m'endormis sur ces dernières paroles, le doux et régulier souffle de Bill dans mon cou, faisant frissonner mon corps, un sentiment paisible dans le coeur. Je n'étais désormais plus seule, j'avais Bill, j'avais Tom.
Je m'endormis sur ces dernières paroles, le doux et régulier souffle de Bill dans mon cou, faisant frissonner mon corps, un sentiment paisible dans le coeur. Je n'étais désormais plus seule, j'avais Bill, j'avais Tom, j'avais la musique, et tout cela me suffisait amplement.
On s'entraîna toute la journée du lentement, ou plutôt l'après-midi vu que nous nous étions levés assez tard. Bill et moi, on ne reparla pas de la veille. Au début, je pensais que c'était simplement parce que Bill me respectait et qu'il attendait que je vienne moi-même vers lui, mais nous nous parlions à peine, échangeant seulement quelques mots sans intérêts par-ci par -là. Tom disait ne pas aimer cette situation mais au fond il était trop occupé avec Kate, qui entre parenthèse c'était très bien remise de la rupture avec Sébastian, pendant nos heures de loisir pour réellement s'en rendre compte. En attendant, je passais mes dernières journées avant la tournée en compagnie de Bill. Je ne dis pas pour autant que nous nous occupions à deux, qu'on s'amusait à deux, mais plutôt que nous nous trouvions souvent, pour ne pas dire tout le temps, dans la même pièce. Trois jours passèrent donc ainsi, et je commençais petit à petit à m'habituer à la présence de Bill. Bill avait finit par s'installer dans ma chambre, et nous nous habituions l'un à l'autre, nous n'étions pas de grands amis, certes, mais nous commencions à nous apprécier à notre manière.
Le temps courait et le premier concert arriva, alors que je n'avais pas encore pris la peine d'y songer. Je senatis déjà une certaine angoisse monter en moi et Tom et James avaient beau tenter de me rassurer, rien n'y faisait, j'étais sur les nerfs et, sans le vouloir bien entendu, je communiquais mon stresse aux aures membres du groupe. Ce concert se déroulait bien entendu à Munich, dans une une salle de taille moyenne. Nous nous entraînâmes toute l'après-midi pour nous habituer à la salle. Vers 16 heure, on nous prévint que des fans attendaient déjà dehors.
Le temps défilait défilait sous nos yeux et vingt heure arrive beaucoup trop tôt à mon goût. Il restait encore quelques heures avant notre passage sur scène mais certaines circonstances rendent parfois quelques heures très courtes. On pouvait désormais entendre les chants et cris hystériques des fans des Tokio Hotel's qui étaient entrés dans la salle et attendaient "patiemment" le début du concert. James, quant à lui, était dans tout ses états car le groupe censé faire la première n'était toujours pas arrivé, étant apparemment dans des embouteillages.
« On devrait peut-être faire jouer quelques temps quelqu'un pour faire patienter le public. Tu connais pas quelqu'un qui saurait jouer quelques petits morceaux ?
- Ca c'est une bonne idée ! Je connais une très bonne musicienne..Qui pourrait d'ailleurs en profiter pour se présenter au public..
- N'y penses pas, James, t'as vu dans quel état de stresse je suis ? Je serais incapable de monter toute seule sur scène et de jouer quoique ce soit de potable !
- Et si je t'y accompagne ?
- Oui, c'est ça..
- Oui! Tu pourrais jouer une chanson et moi j'essaierai de t'accompagner..On ferai de l'impro. Oh, stp ! J'ai toujours rêvé de faire un truc comme ça !
- T'es un malade !!
- Maiisss..s'iiill te plaiiitt!!
- Si ça peut sauver le concert..Mais je ne promets pas que ça ne partira pas en couille, au contraire ! »
Après avoir poussé un petit cri de joie, il me sauta dans les bras, tout excité, répétant "J't'adoore, J't'adore, t'imagines pas à quel point je t'adoore !!". Il alla ensuite chercher nos guitares (les classiques), me tendant la mienne.
« Alors, alors, qu'est-ce qu'on joue ?, Dit, un Tom, tout excité.
- Je sais pas trop, j'ai pas beaucoup de chansons dans mon registre * regard qui veut dire "ouais ouais, c'est ça, alex.." de James * "My unintended" de Muse, ça te va ?
- Parfait ! On y va ?
- Gloups , maintenant ? Dit-je, prise de court.
- Ca va aller, Alex..» Dit Tom, se voulant rassurant du regard, du corps et de l'esprit
C'est de cette manière, à cause des paroles hypocrites de ce traitre de Tom, que je me retrouvai sur une scènes devant des milliers de personnes qui me fixaient, avec l'obligation de jouer un morceau que je n'avais pas eu l'occasion de répéter.
Casser les limites. C'en était une. J'étais au bord de l'évanouissement, j'avais la gorge serrée et mon ventre contracté,et pourtant je ne voulais être nulle part ailleurs. Des techniciens nous avaient installé des tabourets et des micros. Lorsque le public aperçut Tom, les fans hystériques se mirent à crier comme des truies. Heureusement pour moi, la salle était plongée dans le noir m'empêchant d'appercevoir la foule. Je ne pouvais distinguer qu'un masse qui bougeait, parsemée de petites étoiles de lumière. C'était assez beau, mais sutrout impressionnant.Tom riait, il leva soudain le bras en l'air, accentuant les cris de délire.
« BONSOIIIR ! * hurlements * Bon alors, normalement les Stalling Stars devraient être en train de chanter, là, mais ils ont un peu beaucoup de retard, alors pour vous remercier de votre attente, on va vous offrir une chanson ! * Hurlements * J'en profite donc pour vous présenter Alexia, une artiste hors pair * je lui tire la langue * Elle veut pas l'admettre * rire (et foule toujours en délire..) *
- BONSOIIR ! Comme on a pas vraiment eu l'occasion de s'entraîner, on va faire dans le simple : On va tenter "Unitended" de Muse. J'espère qu'ils nous en voudront pas trop de massacrer leur chanson..»
Je tremblais de tous mes membres. Tom m'adressa un petit sourire qui se voulait ressurant mais qui ne changea absolument rien à mon état d'angoisse. Je m'assis sur le tabouret qui m'était destiné, tentai tant bien que mal d'accorder ma guitare, ajustait le micro et jouai quelques notes pour m'échauffer les notes. Et un peu beaucoup retarder le moment où je devrais jouer, aussi. Regard vers Tom qui semblait prêt. "Je joue la deuxième, commence et j't'accompagne comme je peux. Quand tu veux, Alex !". Je n'avais aucune envie de commencer, juste l'envie de m'enfuir le plus vite possible de cet endroit, de prendre mes jambes à mon cou. Mais autre chose me retenait, et je restai clouée à mon siège. J'allais jouer les premières notes quand un homme, un technicien pour être plus précise, monta sur scène avec un micro, suivi de près par Gustav muni de ses deux baguettes. Non, je n'étais pas seule. Acclamation de la foule, salutations de Gustav. "-J'ai juste pensé qu'ils avaient sûrement besoin de quelqu'un pour les rythmes.." S'en suivis le fameux "un-deux-un deux trois". Et moi qui me retrouvai obligée de jouer.
Et je me retrouvai obligée de jouer. Mes doigts, lentement, se mirent à jouer avec les cordes et les notes se succedèrent, formant peu à peu une mélodie s'élevant dans la salle, une musique douce. Cela me semblait beau, mais à vrai dire, j'étais trop perdue dans mon monde, dans mon ailleurs, loin de cette scène, loin de ces gens qui m'écoutaient jouer, pour pouvoir porter un jugement subjectif sur ce que je jouais. D'une voix tremblotante, je prononcai les premières paroles. Mon coeur battait à la chamade et mes pauvres doigts étaient à la limite du dérapage, mais je tenais bon, me donnant à fond. Tom, qui jouait par derrière, m'accompagna au refrain. Il chantait assez bien, pas aussi bien que Bill, certes, mais il avait une jolie voix. Le temps défilait sous nos yeux sans que je ne m'en rende compte. Il n'y avait que moi, Tom et la musique, et plus rien dautres n'existait autour de nous. J'étais perdue dans ce monde qui m'étais quasi inconnu, et en même temps si bien, me raccrochant comme je le pouvais à des notes, des paroles, au regard de Tom qui était aux anges, qui semblait être en extase même, et peu à peu, un sentiment exquis se propagea en moi, quelque chose d'indescriptible, peut-être résumable en le mot "Bien-être". Mais ce n'est pas suffisant comparé à ce que je ressentais à ce moment-là, c'était beaucoup plus fort, beaucoup plus intense.
Les dernières notes arrivèrent, notes que je voulais jouer à l'infini, notes que je voulais jouer éternellement. La musique, je la ressentais désormais comme une drogue, et j'étais complètement stone, complètement défoncée, shootée, abrutie par cette merveille, cet art appelé musique. J'étais incapable de réaliser ce que j'étais en train de faire, et, après avoir salué le public, Tom me prit par la main pour me conduir jusqu'aux loges. Bill nous félicita sans que je ne m'en aperçoive. Je ne savais plus ce que je faisais, j'étais sur le point de m'évanouir. Je me jetai alors dans les bras de Bill qui se trouvait encore en face, et repris peu à peu conscience.
«Tu trembles comme une folle ! Halucinait Bill.
- Ne me lâches plus, ou je tombe en miette !, m'accrochant à son cou
C'était si terrible que ça ?, riait-il.
- C'était..démentiel !! Géant ! Je vois pas de mots assez fort pour décrire..Je veux y retrourner !!
- Dans pas longtemps, mon coeur..»
Je restai une éternité logée dans les bars de Bill, me remémorant mille et une fois le moment que je venais de passer, et le petit "mon coeur" qui s'en était suivis. Ensuite, au prix d'un grand effort, je me détachai de Bill et m'écroulai dans un fauteuil se trouvant à proximité. Je vivais quelque chose d'exceptionnel, je n'aurais jamais imaginer que ça m'arriverait d'éprouver tout ce que j'éprouvais. Du bonheur à l'état pur, brut, natif, volcanique, quel pied ! C'était mieux que tout, mieux que la drogue, mieux que l'héro, mieux que la dope, coke, crack, fitj, joint, shit, shoot, snif, pét', ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, péyotl, buvard, acide, LSD, extasy. Mieux que le sexe, mieux que la fellation, soixante-neuf, partouze, masturbation, tantrisme, kama-sutra, brouette thaïlandaise. Mieux que le Nutella au beurre de cacahuète et le milk-shake banane. Mieux que toutes les trilogies de George Lucas, l'intégrale des muppets-show, la fin de 2001. Mieux que le déhanché d'Emma Peel, Marilyn, la schtroumpfette, Lara Croft, Naomi Campbell et le grain de beauté de Cindy Crawford. Mieux que la face B d'Abbey Road, les CD d'Hendrix, le nouveau p'tit pas de Neil Armstrong sur la lune. Le space-mountain, la ronde du Père-Noël, la fortune de Bill Gates, les transes du dalaï-lama, les NDE, la résurrection de Lazare, toutes les piquouzes de testostérone de Schwarzy, le collagène dans les lèvres de Pamela Anderson. Mieux que Woodstock et les rave-party les plus orgasmiques. Mieux que la défonce de Sade, Rimbaud, Morisson et Castaneda. Mieux que la liberté. Mieux que la vie...
Alors que j'étais en train de me répéter cettte fameuse tirade de "Jeux d'enfants" qui correspondait parfaitement à ce que je voulais dire, Tom s'approcha dangeureusement de moi. Il me sauta dessus et se mit à me chatouiller. Je passais vraiment un moment extraordinaire, un de ces moments précieux que vous ne voulez pas oublier et que vous garder jalousement dans une petite partie de votre coeur..Après temps de fous rire, Georg se leva brusquement.
« Eh les gars! Vous oubliez notre partie de baby ! J'pourrais pas monter sur scène si on joue pas au moins une partie, besoin de décompresser, moi...» Supliai Georg.
Je laissai les gars à leur partie de baby, de peur de m'imposer à eux. J'occupai le temps en lisant un magazine que je ne lisais pas, encore sous le choc de toutes ses émotions que je venais d'encaisser en si peu de temps. Je souriais, bêtement, je ne pouvais m'empêcher. C'était un de ces sourires têtus qui reste accroché à vos lèvres malgré vos efforts intempestifs pour le décrocher, qui subsistent encore et encore, un de ces sourires de plaisir, une des ces sourires qui vient du fond du coeur, du fond de l'âme.
« C'est beau, quand tu souris, parce que tu souris avec la bouche, mais aussi et surtout avec les yeux...», dit Tom.
Je souriai de plus belle, autorisant le têtu à s'installer sur mes lèvres, lui cèdant grâce, ou à cause, de Tom. Ce dernier se vautra dans le fauteuil à mes côtés, me prit le magazine des mains pour le remettre à l'endroit dans celles-ci, puis dit :
« Si je n'avais pas passé ces dernières heures avec toi, je croirais presque que tu as pris quelque chose d'illicite...»
J'avais beau supplier, gémir, pleurer en mon intérieur pour que ce sourir qui illuminait mon si beau visage ne partât pas, mes efforts étaient vains et le 'têtu' se transforma en un semblant de grimace.
« Moi aussi, j'ai adoré ce moment.., Tom ne remarquant rien. Et je me disais, justement, qu'on pourrait faire une chanson en 'impro' tous les soirs..Bon on s'entraînerait peut-être un peu plus, mais ce serait cool..
- Oui, c'était franchement pas mal, dit Bill, qui écoutait la conversation sur un siège à proximité, tu sais, y'avait quelques fausses notes, bien sûre, mais ça donnait vachement bien dans l'ensemble ce que vous avez chanté ce soir !
- Je m'en suis même pas rendu compte, des fausses notes..
- Alors alors ? T'es d'accord pour la pseudo-impro tous les soirs ?
- Bien sûre que je le suis ! »
Tout heureux et excité, Tom lança un « démentiel » avant de se redresser. Il était temps pour les gars de se préparer car le concert allait commencer. Bill se remaquilla rapidement, Georg ajusta ses cheveux, Gustav jouait avec ses baguettes, les lançant en l'air et leur faisant faire toute un tas d'accrobaties inexécutables pour une pauvre blonde dans mon cas, Tom termina en vitesse sa cigarette, m'envoya un baiser puis ils sortirent des loges. Après à peu près vingt minutes interminables, j'entendis la voix de Bill. Il dit quelque chose d'inaudible de là où je me situais, puis ils se mirent à jouer. Ne sachant pas trop quoi faire, je m'approchai de la salle pour mieux les entendre. J'étais tout au bord de la scène, cachée derrière des espèces de décor, de sorte que le public ne puisse pas me voir. Tom se trouvait à deux-trois mètres de moi, de dos. Bill, lui, se défoulait sur scène, c'était beau de le voir se donner à fond, comme ça...
Lorsque le chanson fut finie, Bill trouna la tête vers Tom et m'aperçut. Il me fit un grand sourire avant de détourner la tête vers la public. Je m'assis en tailleur, subjuguée par la force qu'ils dégageaient lorsqu'ils jouaient. Les chansons se succedaient les unes aux autres, jusqu'à ce que Bill annonce "Frei Im Freien Fall". Il se dirigea alors vers moi, me prit par la main, m'obligeant à me lever et m'amena au centre de la scène. Il prit en chemin le micro de Tom et me le tendit. La musique débuta et Bill se mit à chanter mais je n'osais pas l'accompagner de peur de gâcher la chanson. Il insistait tout de même du regard et me serrait fort la main pour m'insciter à chanter, ce que je finis par faire dès le premier refrain. Dès les premières paroles, je réussis à me lâcher et me donnai également à fond.
« ich bin frei im freien fall und nirgendwo anders frei im freien fall ich kann nicht mehr anders, 1000 augen gegen mich geben alles für den augenblick und dann friert alles zu ich halt mich warm für den fluchtversuch » Bill me tenait toujours par la main, et se rapprochait de plus en plus de moi « ich bin frei im freien fall und nirgendwo anders frei im freien fall ich kann nicht mehr anders » Bill levait nos deux mains en l'air, en rythme avec la musique, se rapprochant toujours un peu plus « ich will nur frei sein noch einmal frei sein nur einmal frei sein lass mich fallen! »Bill était un peu trop près et je pouvais sentir son fameux déhanché contre le mien. Je ne savais pas quoi faire, si ce n'est de l'accompagner, ce que je m'empressai de faire. Un sourire se dessinait sur le visage de Bill « ich will nur frei sein noch einmal frei sein » Bill me regardait droit dans les yeux, de son regard intense, irrésistible et je me sentais défaillir, lui, toujours serré contre moi « ich will nur einmal... »Je n'arrivais pas à détacher mon regard du sien, toujours serrée contre lui « frei im freien fall und nirgendwo anders » Plus rien n'existait d'autre que la musique, Je veux vivre ça éternellement « frei im freien fall ich kann nicht mehr anders » Je veux vivre ça éternellement. Bill, moi, la musique, pour toujours La chanson allait se finir, nous nours détachions l'un de l'autre pour regarder le public en face. Je ne veux pas qu'il me lâche la main, ne me lâche pas, Bill, ne me lâche pas..ne me lâche pas, jamais « frei im freien fall und nirgendwo anders » Je mêlai mes doigts aux siens, Ne me lâche pas, Bill, ne me lâche pas « frei im freien fall
ich kann nicht mehr anders » Dernières paroles, dernières notes, et il était tems pour nous de nous séparer. Bill se retourna alors vers moi, me regarda droit dans les yeux avec ce regard, me sourit avec ce sourire, puis me fit un baise-main en guise de remerciement. Instant, dures éternellement, je t'en supplie, dures éternellement. Mais instant n'était pas de mon avis, instant ne dura que deux secondes. Et même si dans certaines circonstances deux secondes sont très longues, instant ne dura que deux secondes, et un technicien m'apportait déjà ma guitare, m'obligeant à détourner le regard de Bill, ce que je fis à contre coeur.
Accordement, ajustement des micros, regard échangé avec Bill. Je veux vivre ça éternellement. La musique, Bill, Tom, tout ça, toute cette magie, je veux le vivre éternellement. Les notes se succèdaient les unes aux autres, ma voix se mêlaient à celle de Bill, formant cette mélodie qui m'avait tant attirée et qui me plaisait toujours autant aujourd'hui, voire même plus.
La chanson finit par prendre se terminer, et Bill vint me prendre la main pour qu'on salue ensemble. J'étais aux anges. Je veux vivre ça éternellement. Bill me conduisit ensuite dans les loges, encore sous le chox de tout ce que je venais de vivre en une soirée. Je ne m'étais décidément pas encore habituée à tout ça...
Je pris Bill dans mes bras, envie de vivre ce moment éternellement. Je respirai son odeur, sa douce odeur mélangée à celle de la musique, je me noyai dans ses bras à le fois doux et protecteur, m'asphyxiai dans le creu de son cou. Je le serrais contre moi tandis qu'il glissait ses bras sur ma taille, me caressant tendrement. J'étais droguée à la musique, droguée à Bill, droguée à Tom... Je veux vivre ces moments éternellement.
Je tremblais encore lorsque nous arrivâmes à l'hotel. Je n'avais pas encore réussi à me détacher de Bill. Arrivés dans la chambre, je mis tant bien que mal le tee-shirt de Bill, celui que j'utilisais comme pyjama, avant de m'effondrer dans le lit, n'ayant pas le courage de me démaquiller ni quoi que ce soit d'autre. Bill vint vite me rejoindre et me repris dans ses bras.
«Tu trembles encore !, chuchotait Bill
- Trop d'émotion en une soirée...», m'installant confortablement dans ses bras.
Bill ne répondit pas, se contentant de me caresser les cheveux
« Bill ?
- mmh ?
- Merci !
- C'est moi qui te remercie...»
Je me levai le lendemain de bonne heure. Je reçu comme une décharge électrique lorsque je remarquai que j'avais dormi toute la nuit dans les bras de Bill. S'était-il passé quelque chose ? Les souvenirs de la veille me revinrent en mémoire. Non, il ne s'était rien passé. Enfin, rien, ce n'était pas du tout le mot adapté. Parce qu'il s'en était passé des choses, entre Bill et moi..Mais nous n'étions pas passé à proprement parler à l'acte. Je me détachai cependant de lui et remontai la couverture qui avait glissé sur ma jambe nue.
« Qu'est-ce qui se passe ?, Dit Bill d'une voix endormie.
- Désolée de m'être endormie dans tes bras..j'ai dû te faire chier...
- Mais non, tu m'as pas fait chier, viens-là et rendors-toi !
- Non, je vais prendre une douche..
- Alex, il est à peine 7 heure du matin
- Mouais, t'as raison..»
Je me recouchai dans ses bras et fermai les yeux. Mais je ne parvenais plus à me rendormir..
« Finalement, je vais la prendre, cette douche...
- Oui, moi non plus j'arrive pas à me rendormir.., se levant à son tour. *Me regarde un instant, déglutit en regardant mes jambes, puis remarque le tee-shirt que je portais * Qu'est-ce que tu fais avec mon tee-shirt ?
- T'avais pas encore remarqué ? Ca fait deux-trois nuits que je le porte..C'est celui que tu m'avais prêté, l'autre jour..
- Ah, oui, c'est vrai..Je pensais que je l'avais perdu ! * hésite * Il te va bien !
- Moi aussi, je l'aime bien..d'ailleurs je compte bien le garder * sourire charmeur *
- Ah non, sûrement pas celui-là ! c'est mon préféré !
- Ton préféré ? Oh, quel honneur! Le célèbre Bill Kaulitz m'a prêté son tee-shirt préféré ! Raison de plus pour le garder..Tu me le dédicaces ?
- Tu rêves ! J'peux te dédicacer tous les tee-shirt que tu veux...»
Il s'approcha alors de moi, posa ses mains sur mes hanches, me regarda droit dans les yeux, une mèche balayant son visage. Son visage était trop proche du mien, son corps se rapprochant lui aussi trop dangeureusement, comme la veille, et son regard me faisait une fois de plus défaillir. Arrêtes-toi maudit coeur, arrêtes-toi ! Il se mit alors à me caresser et un frisson me parcourut le corps. Il pencha sa tête vers moi, murmura « mais celui-là, je le garde ». Je sentais son souffle dans mon cou. Frisson. Bill passa sa main sous mon tee-shirt, faisant mine de l'enlever. Frisson. Je lui retins la main et reculai, mais il ne lachait pas prise et avança en même temps que moi, me tenant toujours par la taille, me regardant toujours droit dans les yeux avec ce regard, ce regard ! Intense, ce regard qui me faisait défaillir à chaque fois. Bill, ma drogue. Je veux vivre ça éternellement, je veux que Bill me regarde de cette manière éternellement. On reculaiot, reculait, jusqu'à ce que je me cogne au mur. Bill qui continuait à me caresser, Bill qui se serrait contre moi, Bill qui mêlait ses jambes aux miennes. Bill qui commençait ç me caresser la peau de ses mains légèrement froides. Frisson. Bill qui se rapprochait encore et encore, et mes lèvres qui frémissaient. Une forte envie de lui sauter dessus et de l'embrasser éternellement s'empara de moi mais je résistai, tant bien que mal, luttant comme je le pouvais contre ce désir qui me faisait un peu honte. Pourquoi avoir honte ? Je n'en avais aucune idée. Parce que c'était Bill, tout simplement. Frisson, Bill n'était qu'à quelques millimètres de ma bouche...
J'étais sur le point de me jeter sur ses lèvres, ses lèvres à l'air si doux, tellement tentantes, lorsqu'un tambourinement me bloqua dans ma lancée. Enchage de regards avec Bill, gêne, échange de souffle aussi, mes lèvres qui frémissent, hésitantes. J'aurais dû ne pas tenirer compte de ce tambourinement, j'aurais dû embrasser Bill. J'aurais dû, et pourtant je ne l'ai pas fait. Pourquoi? Je n'en savais rien, parce que je n'étais qu'une conne probablement. Et qu'au lieu de profiter de ce que Bill avait l'intention de m'offir, au lieu d'accomplir ce que je désirais tant depuis quelques temps, même si je ne me l'avais pas avouée, au lieu de l'embrasser tout simplement, je le repoussai, lui ôtai les mains de mes hanches et m'éloignai. Ses mains que je désirais plus que tout au monde avoir sur ma taille éternellement, ce corps que je voulais sentir tout contre moi pour toujours...
Je me dirigeai alors vers la porte, sans un regard vers Bill, trop gênée de l'avoir repoussé, ou peut-être de peur de regretter mon geste, ce qui ne servait strictement à rien vu que je le regrettai à la seconde même où je l'avais fait. J'ouvris la porte et tombai sur un Tom pimpant, en pleine forme.
« Pfiouu..j'avais peur de vous réveiller ! Tu vas bien ? * me laisses pas le temps de répondre * Qu'est-ce que tu fais avec le tee-shirt de Bill ? Et en culotte en plus ! Si ça avait été un pervers forcené à la porte, hein ? t'as pas honte ? »
Je laissai entrer Tom , levant les yeux au ciel en guise de réponse à sa remarque et on s'installa sur le lit, couchés. Tandis que Bill, lui, était parti prendre sa douche..
« Nan, mais sérieux. Comment ça se fait que tu portes le tee-shirt de Bill ? Toi et lui vous.. * sourire moqueur *
- Moi et Bill rien, dit-je, un peu irritée même si je ne le montrais pas. C'est le tee-shirt que Bill m'a prêté le jour ou tu m'as gentiment jetée dans le lac..
- Je te rappelle que tu m'as aussi poussé à l'eau..
- Si tu m'avais pas poussée..
- Donc vous sortez pas ensemble ?, Dit Tom, changeant brusquement de sujet.
- Mais non !
- Je sais pas, vous avez l'air vachement proches tous les deux, ces derniers temps..vous dormez ensemble et puis au concert..
- Oh pour le concert, dit-je, le coupant, c'est juste parce que c'était un concert justement ! je sais pas, la musique, l'ambiance, voilà quoi..Et puis on dormirait pas ensemble si tu tapais pas une fille tous les soirs..
- Mouais..mais moi je sens qu'il y a du pamplemousse dans l'air..
- Dis, tu veux pas qu'on aille faire du shopping, j'ai besoin de me changer les idées..
- Et t'es obligée de faire les magasins pour ça ?
- Ben oui..
- Pour rien au monde j'irais faire du shopping, et encore moins à 8hu-eure du mat' ! Demandes à Bill, plutôt, j'suis sûre qu'il serait d'accord ! »
Moi, à Bill qui venait de sortir de la douche, un essui sur la tête pour sécher plus vite ses cheveux «Bill, tu viens faire du shopping with me ?
- J'sais pas, j'ai plus de thune et je déteste faire les magasins si j'peux rien acheter..
- Mauvaise excuse ! C'est moi qui paie tout ! Je me lave et j'arrive..»
Je laissai donc le soin à Tom de convaincre Bill de m'accompagner. Après m'être habillée, coiffée, maquillée, avoir pris mes lunettes et mon sac, je pris la casquette et les lunettes de Bill, les lui tendis et descendis l'attendre dans le hall d'entrée. Il finit par arriver cinq minutes plus tard sans prendre la peine pour autant de m'adresser un seul regard ni une quelconque parole. Je ne savais pas trop quoi lui dire, alors je me contentai de le conduire jusqu'à la voiture qui nous attendait. J'avais demandé à l'accueil de prévenir les magasins de notre arrivée. Après avoir passé une heure et demi dans un simple Dior et avoir acheté quelques trucs pour moi et pour Bill, je lui demandai s'il avait une préférence pour un magasin en particulier mais il me répondit que cela lui était égal.
« T'es sûre que tu ne veux pas aller quelque part ? * Pas de réponse * Chauffeur, amenez-nous dans le magasin préféré de Bill.
- Azuma ?, Proposa le chauffeur.
- T'es vraiment chiante quand tu t'y mets ! »
Malgré sa remarque, je sentais qu'il était content qu'on y aille...
C'était un petit magasin de style rock. Les murs peints en rouge et noir, les posters de stars de rock et du rock en fond musical donnait au magasin une ambiance particulière qui me plaisait plutôt bien. Les fringues qu'ils proposaient allaient du simple au délirant. Le must, c'était les bijoux. Il y avait un nombre hallucinant de bagues, colliers, bracelets et de babioles en tout genre, mais principalement de style gothique. Je laissai Bill et me dirigeai dans les rayons fille, dans lequel je farfouillai quelque peu. Je tombai sous le charme d'un tee-shirt blanc avec en pointillé noir et blanc la t^te de Marilyn Monroe ainsi que d'une série de tee-shirt de la même collection. Je pris également quelques jeans simples mais un peu "rock" selon le vendeur. Je me dirigeai ensuite vers le bijoux où Bill se trouvait déjà.
« Tu comptes dévaliser le magasin ?
- Il faut bien que j'ai de quoi mettre pour les concerts, parce que chanter du rock en Versace, ça le fait pas..Quoique, je pourrais essayer de lancer la mode..
- Ce serait pas mal, oui.., Riait Bill.
- Elle est beaucoup trop belle ! T'as intérêt à l'acheter pour que je puisse te la piquer !, lui prenant la bague qu'il était entrain de regarder.
- J'aurais bien voulu, mais j'comptais l'offrir à quelqu'un...
- Oh! Bah..Ils en ont peut-être en double.., dit-je, déçu.
- Non, j'ai déjà regardé. Enfin si, il y en a une mais elle serait trop grande pour toi. »
Bill avait à peine prononcé une phrase que le monde s'écroulait autour de moi. L'offrir à quelqu'un. Quelqu'un. Ses mots résonaient dans ma tête, trournait, dansait, me torturant au passage. Quelqu'un. Bill avait quelqu'un. Moi qui pensais...pensais..Après ses trois tentatives de m'embrasser, dont une merveilleusement bien réussie. Mais j'étais ridicule, Bill n'en avait rien à foutre de moi. Il avait quelqu'un. Je lui rendis la bague accompagné d'un beau sourire forcé, espérant qu'il ne se rende pas compte de ma déception. Je me dirigeai ensuite vers la caisse pour payer mes achats, laissant Bill aux mains de vendeurs en quête d'autographes. Après qu'il ait lui même payé son cadeau (Je ne pus m'empêcher de remarquer à quel point la boîte d'emballage était jolie ) avant de retourner dans la voiture. Pas un mot échangé durant tout le voyage jusqu'à l'hotel. Au fond, ce n'était pas plus mal, je n'avais aucune envie d'entamer une quelconque conversation...
Arrivés à l'hotel, James se jeta sur nous pour nous prévenir que le départ était prévu à 13h30 et qu'il fallait donc être prêts pour 13 heure. Bill monta immédiatement dans la chambre pour rassembler ses affaires tandis que j'allai à l'accueil pour demander à ce qu'il le fasse à ma place pour que je puisse rendre visite à mon TomTom mais celui-ci était en pleine scéance d'adieu avec Kate. Bon débarras ! Maintenant, je n'étais plus obligée de me "coltiner" Bill et pouvais enfin passer du temps avec ce tombeur de Tom.
A mon plus grand bonheur, Kate ne participa pas au déjeuner, trop occupée à préparer ses affaires ou je ne sais quoi. Ou peut-être qu'elle était simplement vexée que Tom ne lui ai pas proposer de l'accompagner pour la tournée, ce qui était plus réaliste vu la situation.
Tom : « Tes affaires sont prêtes ?
Moi : Aucune idée, c'est le personnel de l'hotel qui les font. Mais ça n'a aucune importance vu que c'est Ben et les autres qui les conduisent jusqu'au prochain hotel..
Tom : Oh ! Et pourquoi vous les mettez pas simplement dans la camionette avec les notres ?
Moi : Parce que, y'aurait pas assez de place..Mais y'a aucun stress, tu sais, c'est même mieux comme ça !
Tom : Oui mais tu viens dans la voiture avec nous, au moins ? Ca fait depuis perpett qu'on a plus eu de vraie convers tous les deux..
Moi : Bien sûre! »
Je me retrouvai donc coincée entre Bill et Tom à l'arrière de leur fameuse camionette. Fous rire et délires en perspective avec mon p'tit Tom qui semblait en forme, contrairement à Bill qui faisait l'associla et jouait à une espèce de gameboy dans son coin. Tom, lui, dansait, chantait et parlait parlait parlait, non stop, ou parfois me donnait des bisous pour me prouver que je lui avais manqué, selon ses dires.
Nous écoutions du Samy Deluxe (avec son MP3) tandis que Tom ne narrait en détail son aventure avec Kate. C'était à mourir de rire tellement cette fille était stupide, ou peut-être était-ce le don qu'avait Tom pour raconter les histoires qui était hilarante...Bill, lui, toujours obstiné à jouer les asocial soupirait, râlait, grognait au moindre prétexte, mais cela n'enleva rien à ma bonne humeur.
Moi, après que Tom ait fini son récit : « Encore un peu et je croirais que tu es heureux de l'avoir quittée...
Tom : Moi? Naaan jamais !! * rire * Non, j'suis juste content d'te parler enfin, j'ai pas le droit ? »
Il se remit ensuite parler de tout et de rien. J'aimais beaucoup l'entendre parler de sa voix suave et 'coulante', cela m'apaisait. Je pense que je pourrais passer des heures et des heures rien qu'à l'écouter parler, cela me mettait dans un état d'esprit qui le plaisait, cela me donnait un sentiment paisible, de sérénité.
Nous étions en train d'écouter ce rap allemand dont raffolait tant Tom mais qui commencait à me taper sur le système quand soudain :
Moi, criant presque : « Il parle français !
Tom : Quoi ? Mais non jamais!
Moi : Si, si, repasses...Là, vers 1min35..il dit un trcu du style "aucun effort, inefficace, droit au but" *..Maintenant, trouves-moi le rapport entre aucun effort, inefficace et droit au but..Aha, c'est tout bon ça, du francais dans du rap allemand..Tu vois, les allemands ne peuvent pas se passer des français !
Tom : Oui, oui, genre..
Moi, enlevant les écouteurs : J'en ai marre. C'est insuportable ton truc. Le seul truc bien, c'est la min 35
Tom, faussement choqué : Comment oses-tu insulter ma musique ?
Moi : Faut avouer que ton tuc, c'est marrant mais à petite dose quand même..
Tom : Oui, c'est ca..Indigne de mon amitier ! »
Je lui tirai la langue puis me tournai vers Bill qui écoutait également son MP3 et m'emparai d'un de ses écouteurs qui pendaient négligemment sur sa poitrine. Il écoutait du Muse, "My unitended", pour être plus précise...
Moi : « Belle chanson.»
Mais il ne répondit, perdu dans ses pensée, se tête tournée vers la fenêtre. Je ne sais même pas s'il avait remarqué que je lui avais piqué un écouteur. Tom parlait encore, et encore, riait de ce rire communicatif qui me donnait comme des petites bulles de bonheur dans le coeur. Je me sentais légère en l'écoutant parler, sûrement parce que je n'écoutais plus sa musique, celle-ci me crispait contrairement au Muse de Bill.
Nous arrivâmes bientôt à destination. James nous avait préparé un "petit" programme que nous devions suivre à la lettre. Par manque de chambre libre mais surtout à cause de la paresse de James même s'il n'osait pas l'avouait, je fus obligé de loger dans la même chambre que Bill et Tom. J'aurais pas pu protester et exiger qu'on me libère une chambre, mais je n'avais ni le coeur ni la tête à ça, trop préoccupée par le concert qui m'attendait ce soir et nos nombreuses tâches à effectuer. Tom décida alors que nous dormirions ensemble tandis que Bill prendrait le second lit à une place mis à disposition, ce qui n'était pas plus mal vu que Tom avait apperemment encore un tas de trucs à me raconter.
Répétition, pause, répétition dans la salle pour s'en imprégner (selon les termes de James), répétition de notre chanson à Tom et moi, dîner, et puis le stresse qui vient. Fumer des cigarettes aussi, beaucoup même. Voire un peu trop. Mais c'est toujours mieux que de se laisser tuer par l'angoisse, hein. Et puis les retrouvailles avec toutes les émotions de la veille, avec la confiance en soi qui commence à pointer du nez.
Je chantai une fois de plus 'Frei Im Freien Fall" avec Bill, je ne pense pas que je doive mentionner le fait que ce moment fut pour le moins magique. Et le reste, je n'en parle pas tellement c'était merveilleux. Par focément pour vous qui l'écoutiez mais pour nous qui le vivions. Et lorsque, dans la voiture de retour du concert, je repensai à tout ça, notre chanson, la musique, mon passé, mon présent, mon aventure avec ce groupe merveilleux, le titre de notre chanson s'imposa à moi
Moi, en un cri : « Addicted !
Tom, me regardant comme si j'étais une folle : Quoi ??
Moi : C'est comme ça qu'elle doit s'appeler, notre chanson..Parce qu'on est acccos à la musique, accro à cette chanson..
Tom : Oui, c'est pas mal..Banal, mais pas mal..
Moi : On n'a qu'à dire "süchtig" (en allemand)
Bill : Moi, ça me plait...
Georg : Oui, c'est pas mal..
Gustav: Moi aussi ça me plait..
Tom : Alors adjugé ! »
Nous étions épuisés lorsque nous arrivâmes à l'hôtel, je ne m'imaginais pas qu'un concert puisse être aussi fatigant. Nous montâmes donc directement dans nos chambres respectives (pourquoi Gustav et Georg avaient à une chambre personnelle et pas nous ? ). Je me changeai dans la salle de bain (tee-shirt de Bill accompagné d'un short cette fois pour ne pas paraître trop "provoc", aux yeux de Bill surtout, en fait, parce que Tom s'en foutait royalement de ma tenue vestimentaire, au contraire, plus j'étais "sexy", plus il était content), laissai entrer Bill pour qu'on puisse se démaquiller (wouah, ça fait bizarre de dire ça !) et appliquer nos crèmes pour le soin de la peau. Je ne pus m'empêcher de le regarder du coin de l'oeil pour voir ce que ça donnait sans maquillage. Il était toujours aussi beau, voire même plus. Les traits de son visage était si parfait, s'en était presque trop beau.
Je rangeai ensuite tous mon attirail et revint sur la chambre. Tom s'était approprié le petit lit et semblait s'être déjà endormi. J'entrepris alors de le réveiller; il n'allait tout de même pas m'obliger à dormir avec Bill sous prétexte que monsieur...monsieur quoi d'ailleurs ? Il n'avait aucune bonne raison de s'être couché dans ce lit là, on était censés dormir ensemble...Je le secouai de mon mieux, mais il ne daigna pas remuer le moindre cil, au contraire, il se mit même à ronfler !
Bill, lorsqu'il entra à son tour et qu'il me vit remuer ciel et terre pour arracher Tom des bras de Morphée : « Si tu continues comme ça, je vais finir par être vexé...
Moi, étonnée : Pourquoi ?
Bill : Ben, à te voir gesticuler comme ça, ça veut un peu beaucoup dire que tu veux pas dormir avec moi
Moi, narquoise : Susceptible ?
Bill : Non, sensible. Je préfère..
Moi riant : Si tu veux..
Bill : C'est bon, t'peux venir dormir avec moi..si tu m'promets de pas prendre la couverure comme l'autre fois !
Moi : N'importe quoi, c'est toi qui prenait tout !
Bill : Et en plus de ça, tu ronflais !
Moi * rire * : J'pense plutôt que c'était Tom qui ronflait tellement fort qu'on l'entendait jusque dans notre chambre.
Bill *rire* : Ca doit être ça, oui..Tu viens ou pas ? »
En guise de réponse, je m'infiltrai dans les draps à ses côtés, pris tous les coussins à ma portée (en lui laissant un bien sûre, je n'étais pas si égoïste que ça..) pour me créer un petit nid douillet. Il m'adressa un petit sourire avant d'éteindre la lumière. La pièce dans le pénombre m'évoqua immédiatement la salle de concert lorsqu'elle était plongée dans le noir et que nous la regardions du haut de la scène, et toutes les émotions que j'avais pu éprouver jusque là remontèrent en moi en une vague de frissons, de souvenirs. Même mon coeur était de la partie, il se mit à battre frénétiquement comme pour donner un rythme à ce raz-de-marée de souvenirs, de bonheur.
Bill : « Je rêve ou tu trembles encore ?
Moi : J'arrive pas à m'en empêcher..
Bill, après un moment : Viens là, ça peut peut-être te calmer...»
Il me prit alors dans ses bras, comme la veille, accélérant de ce fait les battements de mon coeur mais diminuant également mes tremblements. J'étais bien dans ses bras, je n'aurais voulu être nul part ailleurs. La respiration régulière de Bill finit par calmer mon pauvre coeur, et sa cadence se stabilisait peu à peu. Décidément, la musique était l'invention la plus fantastique et la plus indispensable du monde. Voire de l'univers. Grâce à elle, je vivais des moments magiques, et puis Bill était adorable avec moi...Et les mots que je m'étais répétés lors de mon premier concert me remontèrent en tête et tournaient, tournaient, à m'en faire perdre la tête. Ils étaient véridique, trop vrai en ce moment. Je veux vivre ce moment éternellement.
Nous nous réveillâmes le lendemain vers 11 heures. Rassemblement d'affaires, douches, déjeuner, puis reprise de la route en direction de la ville suivante (Mannheim, pour être plus précise). Tout se passa tellement vite que nous pûmes respirer qu'une fois installer dans la voiture, moi une fois de plus coincée entre Bill et Tom sur le siège arrière.
Moi : « Alors, Tom, bien dormi ?
Tom : Trop! * sourire narquois * Désolé, j'ai pas réfléchi hier soir et j'me suis couché dans le premier lit qui venait..en tout cas vous êtes trop mignon toi et Bill !
Moi : Oui, oui..mais moi c'est avec toi que j'voulais être mignonne !
Tom : Heureusement que Bill écoute sa musique, sinon il serait vexé..
Moi, rire
Tom : Au fait, ce soir j'vois une fille..Mais cette fois James a réservé pleins de chambres donc t'en fais pas, tu s'ras pas obligée de dormir avec Bill..Sauf si tu le souhaites bien sûre...
Moi : Et notre conversation, alors ? T'mas promis qu'on se parlerait...
Tom : Demain, promis !
Moi : T'as intérêt à ce que cette fille en valle la peine...»
Arrivés à destination, James nous imposa un programme semblable à celui de la veille. Répétition; familiarisation avec la scène, petite pause, répèt', dîner, puis stresse, la pression qui monte, appréhension et en même temps impatience. La chanson avec Tom se passa à merveille. Et le reste du concert aussi, en fait.
Après le concert, nous montâmes directement dans nos chambre. Je tournais en rond, n'arrivant pas à trouver le sommeil. Il fallait que je fasse quelque chose, n'importe quoi pourvu que je bouge. Je n'avais pas vraiment l'habitude de me coucher aussi tôt, et les murs de cette pièce commencaient sérieusement à m'oppresser. Je sortis donc sur le balcon, accompagné de mon fidèle paquet de cigarette, des Camel cette fois, j'avais besoin de changer un peu d'air. Parce qu'au fond, c'était un peu ça qu'elles représentaient à mes yeux, ces cigarettes, elles étaient mon air, mon oxygène...
Voix : « J'adore regarder les étoiles. C'est banal. Et pourtant j'adore. J'adore me retrouver face à cet infini, cet immensité, face à ses milliards et ses millards de lumières qui scintillent toutes chacune à leur façon, ses étoiles que je ne pourrai jamais atteindre...C'est ça qui est beau dans le ciel, son inaccessibilité... »
Je détournai la tête et découvrit Bill accoudé deux ou trois balcons plus loin. Il hocha la tête, geste qui m'invitait clairement à venir le rejoindre, ce que je m'empressai de faire : J'avais enfin trouvé un moyen pour passer le temps. J'entrai par a porte que Bill avait laissée ouverte à mon intention, la refermai sur moi et m'affalai sur le fauteuil, bientôt rejointe par Bill.
Moi : « Toi non plus tu n'arrives pas à dormir ?
Bill : Il faut croire...»
Silence. Pesant, le silence. Je regardai autour de moi, cherchant un début de conversation que je pourrais entretenir avec Bill mais, étrangement, rien ne me venait à l'esprit. Je m'installai plus confortablement dans le fauteuil, à moitié allongée dedans, ma tête posée sur le rebord du fauteuil et mes jambes sur celles de Bill qui lui ne bougea quasi pas d'un poil. Silence. Je chipotais à la chaîne accrochée au pantalon de Bill quand une envie soudaine de fredonner cette rengaine qui me trottait dans la tête depuis quelques temps déjà s'empara de moi.
«Trois petites notes de musique
Ont plié boutique
Au creux du souvenir
C'en est fini de leur tapage
Elles tournent la page
Et vont s'endormir
Mais un jour sans crier gare
Elles vous reviennent en mémoire
Toi, tu voulais oublier
Un p'tit air galvaudé
Dans les rues de l'été
Toi, tu n'oublieras jamais
Une rue, un été
Une fille qui fredonnait
La, la, la, la, je vous aime
Chantait la rengaine
La, la, mon amour
Des paroles sans rien de sublime
Pourvu que la rime
Amène toujours
Une romance de vacances
Qui lancinante vous relance
Vrai, elle était si jolie
Si fraîche épanouie
Et tu ne l'as pas cueillie
Vrai, pour son premier frisson
Elle t'offrait une chanson
A prendre à l'unisson
La, la, la, la, tout rêve
Rime avec s'achève
Le tien n'rime à rien
Fini avant qu'il commence
Le temps d'une danse
L'espace d'un refrain
Trois petites notes de musique
Qui vous font la nique
Du fond des souvenirs
Lèvent un cruel rideau de scène
Sur mille et une peines
Qui n'veulent pas mourir..»
Bill : «...C'est beau ce que tu chantes..Ca veut dire quoi ?
Moi, sourire malicieux : J'peux pas te traduire le texte, il perdrait toute sa beauté...Ecoute plutôt la musicalité des mots et de la mélodie, aussi, et essaie de t'imaginer.
Bill : Pourquoi ça perdrait sa beauté ? C'est le sens qui est important, non ?
Moi : Tout à fait pas d'accord. Et c'est d'ailleurs là l'erreur de beaucoup de chanteurs. Evidemment, le sens et très important, c'est même primordial, mais pour moi, une vraie chanson doit jouer sur les sens mais aussi sur les sons. Jouer sur la musicalité des mots, sur leur rythmes, tout ça..Cette chanson est légère, douce, par sa musique mais aussi et surtout par ses mots..Je sais pas comment te dire..La traduire en Allemand, ça lui ferait perdre tout son charme..
Bill : Comme si l'Allemand ne pouvait pas être une langue douce
Moi : Non, c'est une langue brusque, ce ne sont pas des jolis sons..Et tu vas me dire que dans le français aussi, il y a des sons durs, mais il y a aussi des sons doux, beaucoup de beaux sons. Je sais pas comment t'expliquer..Prenons un bête exemple: Pour dire je t'aime. En Allemand, on dit 'Ich liebe dich". J'ai beau répéter ces sons dans ma tête, je ne voix pas ce qu'il y a de beau là-dedans..Le sens est beau, certes, mais les sons sont franchement moches ! Par contre, en français, on dit "Je t'aime". Le "T" pour l'intense, le "m" pour le miam..Je t'aimmme", tu vois, il y a une idée d'intensité, de plaisir..Je t'aime...C'est beau, non ? Et "I love you" aussi, c'est beau, c'est sensuel..Par contre, "Ich liebe dich", bof quoi..
Bill : Oui, peut-être, mais "Ich liebe dich", c'est fort, c'est dur, comme le vrai amour.
Moi : Y'a pas que du dur dans l'amour, y'a aussi de la douceur, et du miam..et de l'intense..Avoues que c'est la plus belle langue du monde, le français, parce qu'il y a de tout, dans notre langue...
Bill : Non, c'est une sale langue...Je déteste !
Moi : Crois-moi, je vais te faire aimer..D'ailleurs, qu'est-ce que tu n'aimes pas dans le français ?
Bill : C'est dur !
Moi : Et l'Allemand pas, peut-être ?
Bill : Bien sûre que non !
Moi : Pff ! Moi au moins j'avoue que le français, c'est pas facile pour les étrangers..
Bill : Mouais. Non, c'est l'Allemand la plus belle langue du monde. Et puis nous au moins on est franc, direct dans notre langue..
Moi, rire : N'importe quoi ! Vous êtes surtout froid, oui..Et puis t'peux être franc sans pour autant être dur et froid..
Bill : En fait, j'pense pas que c'est un débat qu'on puisse avoir ; On n'a pas la même éducation, pas la même culture..Pour nous, les Allemands, notre langue est belle, et c'est tout.
Moi : La culture n'a rien à voir là-dedans ! Regardes, j'suis censée être Américaine, et ma langue préférée c'est le français.
Bill : Bien sûre que si la culture a tout à voir là-dedans..La façon dont ont m'a éducé, les choses qu'on m'a inculquées dès la naissance, tout ça...»
On continua ce débat jusqu'à pas d'heure, enchaînant ensuite sur pleins d'autres question, refaisant le monde du haut de nos 16-17 ans. Bill avait vraiment un point de vue intéressant sur tout un tas de trucs. C'était bien de pouvoir parler à quelqu'un comme ça, donner son point de vue, en discuter...Ca m'arrivait souvent, certes, mais pas de cette manière. Et puis les gens avaient souvent le même avis que moi, n'osant parfois pas me contredire ou ayant un avis tellement inintéressant que je me lassait vite. Mais Bill, lui, avait des bons arguments, des arguments fondés, il avait des opinions réfléchis, pas des trucs stupides que tu sors comme ça parce que tu n'as rien à dire. On finit par s'écrouler dans le lit, dans les bras l'un de l'autre par réflexe, réflexe qui m'était venu un peu trop rapidement à mon goût.
Le lendemain, même programme que les jours précédents. En route pour Francfort sur le Main. Je passai bien entendu la soirée avec Bill.
Je passai la soirée en compagnie de Bill.
Moi : «On sort ?
Bill : Où est-ce que tu veux qu'on aille ? J'connais rien de cette ville..
Moi : C'est pas un problème, on peut découvrir !
Bill, hésitant : Ok..»
Ben nous conduisit donc au centre-ville, comme je le désirais. C'était une place simplette en pavée construite autour d'une fontaine surmontée d'une énorme statue représentant un chevalier brandissant l'épée sur son chevalier. Des petits réverbères éclairait de leur lumière douce et chaleureuse cet endroit. Il y avait peu de monde, à notre plus grand plaisir.
Moi, fredonnant : "Des yeux qui font baisser les miens, Un rire qui se perd sur sa bouche, Voilà le portrait sans retouche, De l'homme auquel j'appartiens...Quand il me prend dans ses bras, Il me parle tout bas, Je vois la vie en rose, Il me dit des mots d'amour, Des mots de tous les jours, Et ça me fait quelque chose, Il est entré dans, mon c½ur, Une part de bonheur Dont je connais la cause..."
Bill : « J'imagine que celle-là non plus, je n'ai pas le droit de savoir ce que ça veut dire ?
Moi, sourire muystérieux : Un jour, peut-être..J'avais 6 ans quand je l'aie entendue pour la première fois, c'était ma chanson préférée à l'époque, et j'm'étais fait la promesse que le jour où un gars me chanterait cette chanson, ce serait l'homme de ma vie..J'étais jeune et innocente à l'époque.
Bill : Pourquoi ?
Moi : Parce qu'il y a des chansons beaucoup plus belles, et puis que de toutes façon je ne crois pas à ces histoires d"homme de sa vie"..
Bill : Moi..
Moi, l'interrompant : Jm'en fous de savoir ton avis sur la question, Bill, tu n'me feras pas changer d'avis, quoique tu dises. Et si t'as envie d'y croire, j'te respecte. Mais moi, je n'y crois plus. Point à la ligne. »
On se promenait donc en silence dans les petites ruelles de cette charmante ville, tout deux plongé dans nos souvenirs, dans nos déboires amoureux. Enfin déboires amoureux, je ne peux pas vraiment parler d'amour dans mon cas vu que je ne suis jamais tombée amoureuse comme vous considérer le mot amour. Amoureuse comme dans ses tas de romans superficiels et basés sur du vent. Parce que l'amour comme ils le décrivent dans les romans, ça n'existe pas. L'amour, le vrai, c'est quelque chose qui vous prend au dépourvu, qui vous bouscule, qui vous emporte, qui vous fait planer mais qui finit un jour ou l'autre par s'envoler. Quoiqu'il puisse arriver, l'amour retombe. Et j'vous parle en toute connaissance de cause, parce que des gars, j'en ai connus. Des tas. J'ne dis pas que j'ai été amoureuse de tous. Je n'ai été amoureuse qu'une fois en fait. C'était beau, on était bien. Mais l'amour est parti voir ailleurs et on a vite compris, on n'a pas cherché à le retenir. Il était parti et je ne m'en suis pas portée plus mal. Tout ça pour vous dire que l'amour, ça existe, mais ça ne peut pas durer. Il faut arrêter de se faire des illusions, les gars, on n'a qu'une seule vie, pourquoi se la gâcher en vous sacrifiant pour un seul homme ? Pourquoi essayer de s'accrocher à de ridicules principes comme quoi on ne peut connaître qu'un seul homme dans sa vie ? Moi je n'y crois pas. Vraiment pas. Et dans un sens, ça m'libère, parce que moi je n'me prends pas la tête pour des conneries. J'vis, j'bouge, j'me focalise pas sur une seule chose. J'ai ce besoin constant de découvrir les choses, de les vivre, de toujours partir voir ailleurs. Est-ce la peur ? Peur de passer à côté de tas de choses ? Non ce n'est pas la peur, juste le besoin.
Nous marchions depuis quelque temps déjà lorsque nous tombâmes sur une autre petite place, plus petite que la précédente, plus moderne aussi et entourée d'arbres. Celle-ci était également dotée d'une fontaine, plus contemporaine cependant. C'était une ses plaques carrées lancant plusieurs jets d'eau irrégulièrement.
Moi : « On va jouer à un jeu.
Bill, regarde la fontaine, puis me regarde, suspicieux : J'te vois déjà venir..
Moi, un petit sourire au lèvre : Imagine que la fontaine, c'est un échiquier. On compte les cases dans la largeur en chiffres et celle de la largeur en lettres. L'un donne une coordonnée à l'autre qui doit arriver à cette case sans passer en oblique.
Bill : Donc on doit passer au dessus des jets ?
Moi : Exact. Mais t'preux quand même attendre que le jet sois éteint. A chaque fois que t'es mouillé, t'as un gage.
Bill, relevant le défi : D'accord..»
On se mit donc chacun d'un côté. Première case, la C3, pour moi. Sûre de moi, j'attendai que le jet devant moi se soit arrêté pour me lancer. Une case, deux, puis troisième case. Maintenant sur le côté. Je réussis presque sans gouttes d'eau, la chance était de mon côté. Deuxième case pour Bill qui réussit lui aussi sans problème. Il faut préciser aussi que je lui en avais donné une facile, pour l'échauffer. Nous nous lançâmes ensuite dans une bataille effrénée, à celui qui réussit à tenir le plus longtemps possible. Bill était très agile et réussit systématiquement à éviter l'eau de justesse, et c'est moi qui finit par perdre. J'étais en effet partie dans ma lancée mais, apercevant un jet soudain devant moi, je reculai brusquement et reçut en pleine fesse le jet derrière moi. Je sursautai à ce contact dur et froid (c'est qu'ils sont violent leurs jets d'eau) puis me jetai dans les bras de Bill qui se trouvait à proximité, tous deux morts de rire. Je le fis reculer jusqu'à ce qu'il tombe lui aussi dans de l'eau. S'en suivit un petit cri de la part de Bill, puis un second fou rire. Maintenant que nous avions baissé nos gardes, nous nous ramassions tout un tas de jets un peu partout. Nous finîmes par sortir se cette fontaine, trempés jusqu'aux os, sous les yeux ébahis des passants, mais nous nous en foutions, toujours morts de rire.
Nous étions en train de nous en remettre quand un groupe de fille s'approcha et nous aborda..
Un groupe de fille s'approcha de nous et une d'entre elle dit:
Fille : « Bill ? Bill Kaultiz ? Je le crois pas !
Bill, un peu gêné: Euh..Oui, mais évitez de le crier, svp, j'suis pas vraiment chaud pour signer des authographes toute la nuit..»
Les filles se mirent à pailler entre elles, se recoiffer, sourire bêtement, elles s'affolaient, limite hystériques, puis fouillèrent rapidement dans leur sac à la recherche d'un bic, d'un papier, de leur appareil photo. Bill, docile signait tout ce qui lui passait sous la main et se laissait prendre en photo pendant que j'observais cet hilarant spectalce en retrait. Une des filles m'apercut soudain.
Fille, limite agressive : «T'es qui, toi ?
Moi : La girlfriend de Bill. »
Regards noir de la part des fans, regards tueur, assassin, méprisable, mauvais, hostile, arrogant, insolent, dédaigneux, suffisant, bref, regard jaloux, et tout ça pour moi. Et bizarrement, je me délectais de leurs regards, je m'en amusais. Regards échangés avec Bill, accompagné d'un rire adorablement craquant de sa part.
Moi, sourire au lèvre : « Ben oui, j'suis une amie et une fille. Une girlfriend, quoi..Stressez pas, j'pourrais pas sortir avec un gars aussi efféminé, j'me sentirais trop mal..»
Relâchement du côté des filles, qui restaient sceptiques malgré tout.
Une fille, soudain : « Eh ! Mais on t'a pas déjà vue quelque part par hasard ?
Moi : Au concert, sûrement, je chante un peu avec le groupe..
Fille : Non, non, on a pas été..
Fille 2 : Moi j'sais ! C'est dans le Bravo de ce mois-ci, y'a tout un article sur elle et le groupe..T'es le mannequin super connu, c'est ça ?
Moi : J'étais pas au courant pour le magazine..Mais c'est possible, oui..
Bill, me prend soudain par la taille et commencer à partir : Bon les filles, vous êtes super sympa mais on ferait mieux d'y aller. On est encore trempés !
Fille : Attendez! On peut juste prendre une photo avec vous ?
Bill, essayant de se montrer le plus agréable possible : Bien sûre ! »
Toutes les filles, excepté celle qui prenait la photo, bien entendu, vinrent donc se placer autour de nous et prirent la pause. Moi avec mon regard amusé (malicieux, il paraît..) , comme d'habitude. Bill avec son regard de tueur. Et ses mains toujours posées sur mes hanches. Miam. C'est le seul mot qui me vint l'esprit. Et barbe à papa aussi. Ne me demandez pas comment j'ai pu faire le rapprochement entre les mains de Bill sur mes hanches et une barbe à papa, j'ai fait le lien, c'est tout. Peut-être parce que j'aimais que ses mains soient posées là autant que j'aimais le goût doux et sucré de la barbe à papa. Miam. Miam. Je me répétais mille et une fois ce mot tellement j'aimais, j'aimais ses mains. Douces. Sur mes hanches. Son souffle dans le creu de mon cou. Je veux une barbe à papa. Puis vint le Flash. Trop vite, trop tôt, parce que je me disais que Bill oterait ses mains.
Bill, me chuchote à l'oreille : «On fait quoi maintenant ?
Moi, me retourant pour lui faire face : Je veux une barbe à papa. »
Je ne savais pas si Bill avait compris. Probablement pas. Il n'y avait que moi qui pouvait comprendre mon esprit tordu en fait. Même si ça m'apparaissait clairement, ce rapport entre la douceur de la barbe-à-papa et sa douceur à lui. Il me regardait droit dans les yeux, un sourire accroché aux lèvres. Comme moi. J'avais oublié les groupies qui nous entouraient, surveillaient nos moindres faits et gestes, je m'en foutais, j'avais Bill, j'avais sa barbe à papa, et ça me suffisait. Mais pas à elles, elles ne nous avaient apparemment pas oubliés. Flasch. Clignement des yeux ; on ne s'y attendait pas vraiment, à cet éclat de lumière soudain, nous on était ailleurs, loin de tout ça... Mais elle suffit à nous sortir de notre torpeur.
Bill, reprenant du poil de la bête : Désolé les gars mais on doit vraiment y aller..Envoyez-moi les photos, en souvenir..
Filles, excitées : « Promis ! »
Sur ce, nous entrâmes dans une ruelle au hasard. Les mains de Bill étaient restées posées négligemment sur mes hanches. je ne fis aucune remarque à ce sujet, j'aime trop les barbes à papa. Les fans s'étaient mis en tête de nous suivre "discrètement", ce qui n'était pas du tout le cas, elles étaient détectables, mêmes de notre planète à moi et Bill, celle qui se trouve à des milliards de kilomètres d'ici. Je pris Bill par la main et nous nous mîmes à courir, courir dans chaque ruelle qui s'ouvraient devant nous pour pouvoir semer ces hystériques.
Nous mourrions de froid à cause de nos vêtements. Je finis donc par abandonner l'idée de m'acheter cette fameuse barba à papa que je désirais tant et appelai Ben. Nous nous prîmes tout de même un chocolat chaud en vitesse dans un petit café du coin, en attendant l'arrivée de la voiture. Ben avait eu la bonne idée de nous apporter des vêtements propres (des tee-shirt à lui, je ne lui aurais jamais permis de fouiller dans mes affaires) et des couvertures pour nous réchauffer quelque peu.
Moi, oppressant le pauvre Bill qui n'avait rien demandé : « Changes-toi ! Changes-toi !
Bill : C'est bon, Alex, on arrive dans deux minutes..
Moi : Si, si, j'veux pas que tu tombes malade, moi..j'm'inquiète beaucoup pour ta voix, tu sais..J'm'en remettrais pas si t'es malade en malade !
Bill : C'est bon, j'suis solide..maman !
Moi : M'en fous, tu t'enroules dans cette couverture, au moins !
Bill finit par me céder et me laissa l'emmitoufler du mieux que je le pouvais sous son regard exaspéré.
Bill, désserant quelque peu le tout : Contente ?
Moi, sourire satisfait : Très. »
D'après mes ordres, Bill monta directement dans la chambre, sans omettre de glisser un petit "Je ne suis pas soumis, juste fatigué et impatient de me changer.." par fierté. De mon côté, je demandai à l'accueil qu'on nous apporte des tisanes et des couvertures. J'expliquai ensuite en un bref résumé ce qui m'était arrivé à un James un peu trop curieux à mon goût, mais c'était James, et j'pouvais tout lui dire à lui. Bill était en train d'étaler ses vêtements sur le radiateur losque j'entrai dans la chambre. Mmh, toujours un aussi beau torse. Ou peut-être devrais-je dire "miam", mais il me semble que le "mmh" est plus approprié à la situation. J'otai tous mes vêtements et me mis un vêtements de nuit avant de me glissai dans mon lit encore grelottante de froid. Bill allait me rejoindre lorsqu'on frappa à la porte.
Voix : « Service de chambre !
Bill, à l'air amusé : Qu'est-ce que tu as encore fait ? (je n'avais pas prus la peine de lui dire ce que je manigancais en bas à l'accueil)
Moi, air inncocent : Moi ? Rien. Absolument rien. Tu ouvres, s'il te plaît ? Je ne tiens pas à ce que la personne dehors attende.
Bill, après avoir ouvert la porte : T'es vraiment grave, tu sais !
Moi : Regardes pas ce qu'il y a dedans ! Vous pouvez m'apportez le chariot ici, svp ? Et Auriez-vous l'amabilité de prendre les vêtements posés sur le radiateur pour qu'ils sèchent plus rapidement ? Vous devez avoir un sèchoir..Sinon, ça ne pose pas de probème, on s'en occupera..
Gars : Non, non, ça ira. Je m'en occupe.
Moi : Merci bien. Vous pouvez disposer.
Gars : Merci, mademoiselle. Passez une bonne soirée. »
Remarquez mon sens de la politesse. Bill vint poser une des couvertures supplémentaires qu'il avait piquée sur le chariot en chemin, la posa sur le lit et s'installa à mes côtés, attendant patiemment la tisane que je lui préparais minutieusement.
Moi : « C'est Rosa, une de mes nounous quand j'étais petite, qui m'a appris à faire des tisanes. Gouttes !
Bill, boît à la cuillère que je lui tends, comme à un bébé : C'est hyper sucré ! Mais j'adore.. * Me prends la tasse des mains * J'aime bien quand c'est bien sucré..mmhh..T'as mis du miel dedans ?
Moi, fière de moi : Oui ! C'est trop bueno, hein ? Et tu vas voir, tu vas dormir comme un bébé avec ça...Bois doucement, quand même..
Bill : J'pourrais pas dormir comme un bébé si j'ai pas de doudou..
Moi, sourire : Mais tu m'as moi
Bill : Mouais pas t'es assez violente, comme doudou...T'me donnes parfois des coups, c'est pas s'per agréable, tu sais.
Moi, rire, puis fouille dans le chariot et en ressort un beau nounours en peluche tout doux : Tiens !
Bill, étonné : C'est une blague ? Dis-moi que c'est une blague ?
Moi : Quoi ?
Bill : Ne me dis pas que t'as demandé un ours en peluche pour moi ?
Moi : Oh ! J'l'avais vu à l'entrée, dans une vitrine, et j'le trouvais adorable, alors je l'ai acheté.
Bill, s'empare de nounours : C'est vrai qu'il est trop mignon ! T'me le donnes ?
Moi : Si tu me promets de me le donner de temps en temps..
Bill : Promis !
Moi : Et si tu m'achètes une barbe à papa demain.
Bill, rire : Mais qu'est-ce que tu as avec tes barbes à papa ?
Moi : ...J'crois bien q'j'en suis tombée amoureuse..Alors ? T'me promets ?
Bill, tout sourire : Promis ! * regarde un instant le nounours * Merci !! »
Il me donna ensuite un petit baiser sur la joue pour me remercier, déposa sa tasse vide sur la table de chevet et attendit mon accord pour éteindre la lampe. Je me créai une petit place dans ses bras et m'endormis, le rythme de ma respiration s'accordant parfaitement à la sienne.
Nous nous réveillâmes le lendemain avec difficulté et arrivâmes donc en retard au dîner. Je m'efforcai d'effacer les dernières traces de sommeil de mon visage, mais elles étaient sculptées dessus, ne voulant pas disparaître.
Tom, en apercevant notre tête dans l'cul : « Vous auriez pu me prévenir, que vous sortiez hier soir..
Regards échangés avec Bill. Tom avait l'air de mauvaise humeur, ce qui n'était pas bon signe.
Bill : Dis pas d'conneries, on s'est juste un peu promenés..
Tom, sceptique : Oui, oui.
Bill, pour changer de sujet : On doit faire nos valises ?
James : Non, on reste deux jours ici..
Moi : Dément ! On connaît bien la ville, maintenant, on pourra vous faire visiter..
James : Ne me dites pas que vous avez guindaillés toute la nuit !
Moi : Mais non, on s'est juste promenés.. Pas une goutte d'alcool !
James : Oui, oui, vous avez intérêts à être parfaits ce soir, sinon vous êtes privés de sortie !
Moi, rire : Genre ! Et mais au fait, vu qu'on reste ici et qu'on connaît donc la salle, y'a pas de répèt cet aprèm' !
James, sourire sadique : Oh que non ! Vous n'y échaperez pas..»
James nous laissa tout de même deux heures de temps libre. On en profita pour retourner avec Tom cette fois au centre-ville pour achetercette fameuse barbe à papa. Tom restait cepedant en retrait, esquivait mes questions et parlait peu. Bill, lui, ne disait rien. Il avait probablement tout de suite compris ce qui se passait dans la tête de Tom.
Pour le reste, même programme que les autres jours. James insistait pour que j'assiste à la répétition entière, pour mien me mettre dans l'ambiance, il paraît. Comme si j'avais besoin de ça ! Je m'étais installée dans le fond de la salle, sur un siège, et je les écoutais jouer. Tom, d'ordinaire excité et sautant un peu partout, restait étrangement calme. Il faisait tout ce qu'on lui demandait de faire, sans broncher, ce qui n'est pas dans les habitudes de Tom. Le prire dans tout ça, c'était que je n'arrivais pas à lui parler parce qu'il ne cessait de m'éviter.
Je cherchais inlassablement une occasion pour parler à Tom, et celle-ci se présenta enfin lorsque les Stalling Star's (Quelle idée d'appeler un groupe de rock avec un nom aussi..Boysband ! ) jouait la première. Il n'eut cette fois-ci aucun prétexte pour se défiler. Il était assis dans un fauteuil et chipotait avec son portable. Je m'installai à ses côtés et tentai une approche.